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vendredi, 06 octobre 2006

Apôtres de l'apothéose

(extrait - mars 2005)

 

Comment exprimer un mélange d’émotions, comment libérer quelque chose qui s’accroche aux viscères, qui fait mal quand on essaie de l’enlever, qui amenuise au fil du temps votre aptitude à vous adapter.. ou alors c’est le vide.. vous avez beau chercher quelque chose, un repère, un mode d’emploi.. non, y a rien.. quand on se réveille, on hésite à se lever, on sommeille, on hésite à se rendormir.. on se dit qu’il faut se lever, mais pourquoi faire, et pourquoi est-ce obligatoire, conventionné.. et après..  que je me lève à 10h ou à midi.. ça gênera qui.. ça changera quoi.. au bout d’une heure, on se lève, un peu par la force des choses.. parce qu’il faut bien se nourrir.. parce qu’il faut se laver, ne pas se laisser aller, et si jamais quelqu’un venait.. effectuer les gestes quotidiens, non sans une certaine difficulté, une douche éprouvante au point de s’asseoir dans la cabine, et laisser l’eau heurter votre nuque d’un rythme régulier, apaisant, consolant, presque aimant... Laisser l’eau glisser  ensuite sur le dos, sur le ventre, malgré les jambes repliées.. fermer les yeux, laisser couler l’artificielle cascade, laisser tomber la façade, perdre la face, face à soi-même, ne plus se mentir, ne plus mentir à son corps, en manque de caresses, ne plus mentir à son cœur passionné en détresse, faute de pouvoir se livrer, sur un plateau où on peut ouvrir ou pas le rideau, se délivrer de son fardeau, devant des milliers de bouches en forme de « o ». Ce rideau blanc comme l’innocence, comme la pureté, plus blanc que blanc, lavé avec le Nouvel Ariel, rideau blanc de n’être jamais ouvert par des mains, par des humains, lavage de cerveau en  machines, péchés lavés à coups de larmes, visages dégoulinant de bonnes intentions, attention à la marche, ah non, c’est pas la même émission, pardon.. s’étaler sur le plateau, en long, en large, et en public.. gros plans sur les yeux brillants, la tête levée vers l’écran, comme attendant un miracle, le chemin du purgatoire au paradis.. deux apôtres pour passer d’un côté à l’autre, recueillir les confidences, faire monter les parts d’audience avec de longs silences.. on ouvre ? on ouvre pas ?

 

Allez  j’ouvre le rideau, fini la douche, l’eau calcaire abîme la peau..

 

 

 

[...]

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