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lundi, 16 octobre 2006

Malavita - la mauvaise vie

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En quatrième de couverture on lit "Ils prirent possession de la maison au milieu de la nuit". C'est ainsi également que commence l'histoire. Dans cette seule phrase se trame déjà l'aventure de la famille Blake. En effet, pas ordinaire d'emménager en pleine nuit. Forcément des choses à cacher, à commencer par soi. Mais cacher quoi, et à qui ? Pourquoi cette petite commune de Normandie, jusque là bien parquée dans son train-train quotidien ?


J'ai retrouvé le Benacquista de 4 romans noirs, en mieux. Peut-être parce qu'ici l'histoire part d'un homme, et touche sa famille, qui touche la ville. Ce sont toutes ces ramifications qui m'ont plu. UNe intrigue géniale, sans tomber dans le polar, un suspense ironique, et toujours ce cynisme si particulier, un cynisme teinté d'amertume, le cynisme qui protège, de quoi on ne sait pas bien. Incarné ici par le personnage central, Fred Blake, qui s'est fait connaître à Cholong-sur-Avre et s'est découvert lui-même écrivain. Fred, qui passe ses journées seul en compagnie d'une machine à écrire abandonnée par ses précédents locataires. Machine qui l'isole et qui l'intègre à la fois dans cette nouvelle société. Machine qui lui permet de revivre son passé, dont il est nostalgique.

Sa femme, elle, tente d'effacer ses erreurs, tente d'expier ce passé dont elle n'est pas responsable mais auquel elle a participé. Elle s'investit corps et âme dans des associations caritatives. Warren, le fils, essaie de réparer les erreurs de son père en reprenant un certain flambeau, au sein même du collège. Et Belle, leur fille, semble de par sa seule et sublime beauté pouvoir effacer toute cette noirceur qui les a tous amenés là.

Difficile d'en dire plus, d'en parler autrement, sans révéler ce passé qui les poursuit, sans vous priver de l'effet de surprise. Ce passé, l'auteur nous le livre sans caricature, ou alors une parodie de caricature, d'idées reçues, sans jamais prendre parti, sachant où est le bien, le mal, mais nous laissant seuls face à nos fantasmes, à nos peurs ancestrales.

Un passé qui passera inaperçu aux yeux des voisins un certain temps, malgré les tentacules qui se déplient tranquillement, resserrant l'étreinte invisible au fur et à mesure, jusqu'à l'asphyxie d'une ville trop petite pour contenir toute cette violence.

Et Malavita, la mauvaise vie....

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