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lundi, 23 octobre 2006

L'écho du psy américain

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Il y a un certain temps, j'ai entendu parler de cet auteur hors du commun, sans pitié, à l'écriture féroce, terriblement réaliste et sans pitié aucune pour les âmes sensibles. Forcément, je me suis dit que tôt ou tard, il me faudrait le lire, pour me faire une opinion.


La première opinion que j'ai eue, après les 70 premières pages, fut un ennui digne de ce nom. Je n'ai jamais pu me plonger dans aucun magazine de mode sans me mettre à bailler, sans le rejeter sur la table de la salle d'attente du médecin et en prendre un autre, plus au fait de l'actualité. Bret Easton Ellis connaît la mode (féminine et masculine) sur le bout des doigts, enfin du moins son personnage, Patrick Bateman, Pat pour les intimes, pour ses victimes (Pat le psycho, psycho-Pat).

Je ne suis pas passé à côté de l'esprit cynique, d'un certain second degré distillé dans de longues conversations sur l'art de porter les mocassins à gland, certes. Mais c'est long, tout de même, au point qu'on en vient à sauter quelques pages.

J'ai commencé à éprouver plus d'intérêt vers la 80ème page, lorsque les esprits s'échauffent, lorsque les membres de la petite "bande" de Bateman est persuadée de ne pouvoir attraper aucune maladie sexuelle, et surtout pas le HIV.

Le personnage nous donne les traits de son second visage. Un flash atrocement sanglant lui vient à l'esprit au cours d'un repas. Au fur et à mesure qu'on avance dans le calendrier, le texte devient plus intime, une progression en filigrane, à peine perceptible. Bateman nous ouvre son univers, d'une violence inouïe. Le sang monte sur le devant de la scène autant qu'il monte au visage de Bateman, autant qu'il s'écoule de son nez.

Un assemblage plus serré de faits qui, pris séparément, se révèleraient assez anodins, mais qui là, nous emmène tranquillement vers un point de non-retour qui effraie autant qu'il fascine. Le récit se fait chaotique à certains endroits, comme l'esprit on ne peut plus fragmenté de notre brave Pat. On ne sait plus bien quel jour on est, si les actes qu'il commet sont réels ou imaginés.

Certains deviennent récurrents, dont l'attitude envers les clochards de la ville, allégorie de la misère, de la déchéance, du fardeau de la société, mais surtout de ses failles, de son "côté obscur", celui qu'on ne maîtrise pas, celui contre lequel on doit se battre chaque jour pour ne pas se faire engloutir dans ses méandres. Il y en a d'autres bien sûr, Bateman a pas mal de rituels, comme autant de repères dans sa vie déshumanisée, qui lui donnent l'impression d'être maître de sa vie, mais qui en réalité la lui gâchent.

Pour l'heure mon opinion n'est pas encore faite, il me reste une soixantaine de pages à lire, à la suite desquelles je vous livrerai le fin fond de ma pensée (si je ne la perds pas en route)...

 

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