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mardi, 14 novembre 2006

Marécages

medium_marecages.jpgSi ce n'était la découverte assez rapide du cadavre par les enfants du constable, Harry et Tom, j'aurais eu le sentiment de lire le script d'un épisode de "La petite maison dans la prairie", Carrie qui se ramasse en moins.

 

 


Si ce n'était les anecdotes qui deviennent légendes, les mystères qui rôdent dans les marécages et le fantastique "homme-chèvre", j'aurais bien pu croire que je regardais un épisode de Tom Sawyer.

Oui, si ce n'était certains éléments, j'aurais cru lire un roman initiatique d'un jeune adolescent dans les années 30. Mais il y a trop de cadavres. Noirs. Et puis blancs. Des femmes. Mutilées pire q'un écureuil déchiqueté par une balle. Retrouvées toujours dans ou non loin des marécages. La première, une "négresse", à peine humaine, une prostituée, à peine une âme. "C'est un nègre qui a fait ça, un qui pouvait pas payer...", ou alors "c'est un sanglier, c'est dingue les dégâts que ça peut faire". Un sanglier, ça sait attacher un corps avec des barbelés, c'est bien connu.

Le Klan rôde, défile, presque ridicule, mais terriblement présent, enraciné plus profond que ces arbres dans les marais. Les Ambulants, des "non-blancs", sont suspectés aussi. Tout ce qui est impur est concerné. Noir. Animal. Qui des deux est le plus inhumain...

Donc, si ce n'était ces atrocités, j'aurais pris ce thriller pour un simple récit, celui d'un village enclavé dans son ignorance, sa haine, qu'il ne s'explique même plus, ses préjugés, combattus par la guerre de Sécession quelques décennies auparavant, mais vous savez comme moi comment l'information circulait à l'époque.. Aussi rapidement que les idées.

L'histoire, enfin devrais-je dire l'intrigue, puisqu'il y en a bien une, progresse lentement, comme les mentalités. J'ai cru parfois que l'auteur digressait, se désintéressait de ces femmes assassinées. Mais non, il n'a rien fait au hasard. Il ne s'est pas arrêté dans la bicoque de Miss Maggie, vieille Noire ridée d'une centaine d'années simplement pour le plaisir d'écouter ces histoires à dormir debout. Bah non.

Harry, du haut de ses 12 ans, bientôt un homme, selon son père, découvre trois justices. Celle des Blancs, celle entre les Noirs, et celle de la mort, la plus impartiale. et ça n'est pas parce que c'est lui qui nous raconte l'histoire, qu'elle en paraît moins horrible. Au contraire, peut-être...

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