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mercredi, 29 novembre 2006

Out

medium_out_21e.jpgQuatre femmes. Travail de nuit. Une usine de paniers-repas. Le seul endroit où elles existent encore. Entre femmes. Entre elles quatre. Masako, Yoshié, Kuniko, Yayoi. Toutes marquées par la vie, ou maltraitées par leur mari, ou méprisées, ou même ignorées. Quatre paires d'yeux qui se renvoient constamment leur misérable vie...


medium_out2.jpgMasako et sa légendaire froideur, Yoshié et son visage exténué, Kuniko et sa frivolité ridicule, et Yayoi, courbée en deux sous le choc d'un coup de poing à l'estomac, un coup de trop. Elle pète un câble. Etrangle Kenji, son mari, qui a dilapidé toutes leurs économies pour une "escort girl" belle comme le jour, et qui s'est ruiné au baccara.

Et c'est Masako qui prend les choses en main, le cadavre dans sa salle de bains. Elle le dépèce, avec Yoshié, d'abord, et puis Kuniko. Masako calcule, froide comme une salle d'autopsie. Elle distille les ordres, comme elles distillent les morceaux de Kenji dans des sacs poubelles.

Yaoyi ne réalise pas. Elle respire. Soulagée. A même du mal à cacher son euphorie. Kuniko, elle, le vit mal, agit de travers. Pour l'appât du gain, elle met en péril le quatuor, en équilibre sur la lame d'un scalpel ensanglantée.

Les évènements s'enchaînent, comme la nuit à leurs chevilles déjà alourdies de fatigue. L'étau se resserre, les corps se plient. Quelques heures de sommeil volés au soleil ne font que tirer encore plus leurs traits déjà tendus à l'extrême. Et le quotidien à assumer, la belle-mère grabataire à torcher... encore et toujours.

La peau est prête à se fissurer, à dévoiler tous leurs secrets. Leur pacte avec le Diable. Et la première à le rencontrer sera Kuniko, trop pressée de marcher sur les bonnes intentions dont l'Enfer est pavé.

Une écriture épurée, taillée au scalpel pourrait-on dire. Pas de fioritures, pas d'effets spéciaux. Sans espoir, sans optimisme. Un style qui colle à ces femmes comme la résignation à leur dos.

Un scénario tendu, en rouge et noir, qui bascule dangereusement dans le vide, qui se retourne, se redresse, et continue sa marche assurée. Comme ces femmes, qui parviennent à maîtriser leur sordide destin. Jusqu'à la fin. Et quelle fin.

Messieurs, ne sous-estimez jamais une femme, vous pourriez littéralement en perdre la tête. Et ne les regardez pas de travers. Vous pourriez lire dans leurs yeux des choses que votre esprit n'est même pas capable d'envisager...

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