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mercredi, 13 décembre 2006

Comme un roman

LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR
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1. Le droit de ne pas lire.

2. Le droit de sauter des pages.

3. Le droit de ne pas finir un livre.

4. Le droit de relire.

5. Le droit de lire n'importe quoi.

6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).

7. Le droit de lire n'importe où.

8. Le droit de grappiller.

9. Le droit de lire à haute voix.

10. Le droit de nous taire.


"Pourtant, si la lecture n’est pas un acte de communication immédiate, elle est, finalement, objet de partage. Mais un partage longuement différé, et farouchement sélectif. Si nous faisions la part des grandes lectures que nous devons à l’Ecole, à la Critique , à toutes formes de publicité, ou, au contraire, à l’ami, à l’amant, au camarade de classe, voire même à la famille — quand elle ne range pas les livres dans le placard de l’éducation — le résultat serait clair: ce que nous avons lu de plus beau, c’est le plus souvent à un être cher que nous le devons. Et c’est à un être cher que nous en parlerons d’abord. Peut-être,justement, parce que le propre du sentiment, comme du désir de lire, consiste à preérer. Aimer c’est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons. Et ces partages peuplent l’invisible citadelle de notre liberté. Nous sommes habités de livres et d’amis. Quand un être cher nous donne un livre à lire, c’est lui que nous cherchons d’abord dans les lignes, ses goûts, les raisons qui l’ont poussé à nous flanquer ce bouquin entre les mains, les signes d’une fraternité. Puis, le texte nous emporte et nous oublions celui qui nous y a plongé; c’est toute la puissance d’une oeuvre, justement, que de balayer aussi cette contingence-là! Pourtant, les années passant, il arrive que l’évocation du texte rappelle le souvenir de l’autre; certains titres redeviennent alors des visages. Et, pour être tout à fait juste, pas toujours le visage d’un être aimé, mais celui (oh! rarement) de tel critique, ou de tel professeur. Ainsi de Pierre Dumayet, de son regard, de sa voix, de ses silences, qui, dans le Lectures pour tous de mon enfance, disaient tout son respect du lecteur que, grâce à lui, j’allais devenir. Ainsi de ce professeur, dont la passion des livres savait trouver toutes les patiences et nous donner même l’illusion de l’amour. Fallait-il qu’il nous préfere — ou qu’il nous estime — nous autres ses élèves, pour nous donner à lire ce qui lui était le plus cher!"

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