mardi, 19 décembre 2006
Ouï dire
OUÏ DIRE
Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement
Par exemple, le verbe OUÏR
Le verbe ouïr, au présent, ça fait :
J'ois... j'ois...
Si au lieu de dire "j'entends", je dis "j'ois",
les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux
Alors que ce que j'entends peut être
particulièrement triste
Il faudrait préciser :
"Dieu, que ce que j'ois est triste !"
J'ois...
Tu ois...
Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?
il oit...
Oyons-nous ?
Vous oyez...
Ils oient.
C'est bête !
L'oie oit. Elle oit, l'oie !
Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ?
Si au lieu de dire "l'oreille",
on dit l'ouïe, alors :
l'ouïe de l'oie a ouï.
Pour peu que l'oie appartienne à Louis :
"L'ouïe de l'oie de Louis a ouï."
"Ah oui ?
Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ?"
"Elle a ouï ce que toute oie oit..."
"Et qu'oit toute oie ?"
"Toute oie oit, quand mon chien aboie
le soir au fond des bois,
toute oie oit :
ouah ! ouah !
Qu'elle oit, l'oie !..."
Au passé ça fait :
J'ouïs...
J'ouïs !
Il n'y a vraiment pas de quoi !
18:20 Publié dans Un jour, un texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, littérature, jeux de mots, raymond devos













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