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vendredi, 26 janvier 2007

L'intérieur de la nuit

medium_l_interieur_de_la_nuit.2.jpgAu Nord du village, il y a le monde qu'ils fréquentent par nécessité. Au sud, une brousse épaisse qu'aucun d'entre eux n'a jamais traversée, la croyant peuplée de créatures inconnues. Les femmes du village binent et sarclent, les hommes prennent la route pour vendre leur force de travail et nourrir leurs familles. Née d'un couple rebelle aux lois rétrogrades du groupe, Ayané a quitté le pays pour une terre lointaine, franchissant les frontières d'un univers qu'aucune femme ne s'était jamais aventurée à explorer.
Lorsqu'elle revient au village auprès de sa mère mourante, elle affronte l'hostilité des villageois et subit les manifestations de leur haine envers elle, l'étrangère qui ne respecte aucune de leurs traditions. Un soir, des miliciens pénètrent les terres du clan et envahissent le village. Ils débitent des choses incompréhensibles sur l'honneur des Africains, tuent quelques personnes, demandent des jeunes garçons pour grossir leurs rangs et désignent l'enfant mâle qui va être sacrifié. Cachée dans un manguier, Ayané assiste à l'inconcevable. Pourquoi les villageois acceptent-ils sans broncher la transgression qui leur est imposée ?


"Nul ne pouvait quitter le village. La semaine passée, on était venu le leur dire. Qu’il ne fallait pas bouger. Qu’on leur ferait signe. Que vraiment, on ne leur conseillait pas d’avoir le moindre besoin, d’être frappé par la plus petite nécessité qui fût de nature à susciter des déplacements.Tant pis, si certaines denrées venaient à manquer. Ils n’auraient qu’à faire comme leurs ancêtres : avec ce que leur fournissait la nature. Et puis, on avait ri. Depuis un temps qu’ils ne mesuraient pas vraiment, le pays alentour était occupé. Ils ne savaient pas bien d’où venaient les occupants, encore moins ce qu’ils voulaient réellement. Mais la rumeur qui voyage dans le vent leur était parvenue. Elle disait un tumulte, dont il ne faisait aucun doute qu’il guettait le moment de fondre sur eux. Et puisque cela devait arriver, ils attendaient, obéissant pour ne pas s’attirer plus de drames que de raison. Ensuite, ils se compteraient et la vie repartirait. Ou bien, ils n’auraient pas à se compter. Ce ne serait plus une priorité. Les odeurs leur parvenaient de l’autre versant des colines, de ce monde qu’ils côtoyaient sans y appartenir véritablement. Particulièrement en cette saison, il était impossible de ne pas sentir la pourriture, la brûlure. La chaleur intensifiait les fragrances de l’inéluctable. Ensuite, ils se compteraient. Ou bien, ils n’auraient pas à se compter. Rien ici-bas n’était de leur ressort. "

Commentaires

Nez !

Écrit par : Iguane | vendredi, 26 janvier 2007

Mmmmm ?

Écrit par : Absolu | vendredi, 26 janvier 2007

Les commentaires sont fermés.