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dimanche, 28 janvier 2007

Le pays où l'on ne meurt jamais

medium_vorpsi.jpgEntre-temps j'avais découvert une mine d'or : les livres. Je lisais jusqu'à épuisement de mes yeux et de moi-même. Quand ma mère rentrait, je n'avais pas toujours le temps de cacher le livre que je lisais, et bien souvent il m'était arraché des mains, censuré, puis enfermé à clé dans une armoire. . C'était la plus grande punition qu'on pouvait m'infliger, cette interruption de lecture interrompait le cours de ma vie.


Je pâlissais aux souffrances des personnages, puis revenais aux mots comme à une drogue. J'étais dépendante des livres : ceux de Kouprine, de Tourgueniev, de Lermontov, d'Essenine, de Tchekhov. je découvrais à quel point on pouvait souffrir de cette chose appelée Amour. Les filles avaient toujours dix-huit ans, l'homme souvent plus. il avait droit plus longtemps à ce délice qu'était l'Amour. Lui seul pouvait fouetter la chair blanche, la chair brûlante de Zinaïda. Les amants se consumaient à petit feu, et pour toujours, car, comme disait Lermontov : "Qui se brule une fois ne s'enflamme plus". Ils en étaient marqués à jamais. Mais, auparavant, la femme devait se réveiller tôt le matin pour jeter de l'eau froide sur son visage absent et le rendre présentable. Il n'était pas question que le mari la vît ainsi : cela aurait pu nuire à son désir.

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