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lundi, 29 janvier 2007

Banlieue

Banlieue


medium_motamorphoses.3.jpgBanlieue comme tous les autres bans de la famille, les banni, bandit, banal, bannière, aubaine, bande, contrebande ou forban, a toujours été très dépendant du pouvoir et de son appétit.
A l’origine ces mots appartenaient à deux souches différentes: le francique ban qui voulait dire proclamation et le germanique banda, signe ou étendard servant à désigner un corps de troupe. Les deux clans assez proches ont été fréquemment mélangés, ils ont fini par ne plus faire qu’un, associés étroitement au seigneur, à sa bannière et à son bon vouloir.


La société féodale a fait un très large usage du ban, tous ces mots en gardent la trace.
Le ban était tout d’abord l’appel qu’en temps de guerre le souverain lançait à ses vassaux, par extension il est devenu le corps de la noblesse et des guerriers convoqués par le ban. Carrière-ban était formé des soldats plus âgés, ils ne venaient prêter main-forte aux premiers que dans les grands périls.
Les bans étaient également les très nombreuses annonces et règlements dont les publications de mariage sont une des dernières survivances. Il y avait ainsi les bans de vendange, les bans de mars annonçant les réparations des chemins et autres corvées, les bans d’août pour les moissons, les bans à vin ou banvin autorisant la vente du vin, les bans généraux ou proclamations de police.
Ces annonces étaient faites sur une juridiction qui pouvait comprendre une ville et sa banlieue, c’est-à-dire l’étendue d’une lieue autour d’elle soit environ quatre kilomètres. Le suzerain était parfaitement chez lui dans toute sa banlieue. De nombreux lieux ou objets étaient soumis à redevance. Au sens du XIIIème siècle pouvait être banal un four, un moulin, un pressoir, un taureau, cela signifiait tout simplement que les habitants du village devaient s’en servir et bien sûr payer, une forme ancienne de la T.V.A., tellement répandue qu’au XVIIIème siècle on en a fait un adjectif au sens d’habituel et de passe-partout.
Le pouvoir s’emparait des biens et des personnes le plus légalement du monde. « Mettre à bandon » voulait dire laisser à la disposition du maître et seigneur, d’où les mots abandon et abandonner. li récupérait astucieusement le bien de tous les étrangers morts sur ses terres. Le droit d’aubaine accordait au roi la fortune de tous les étrangers défunts, les mauvaises langues racontent que pour arrondir sa bourse le souverain n’hésitait pas à les aider un peu. (Aliban en francique signifiait qui appartient à un autre ban, il a donné vraisemblablement aubaine.)
Quant à ceux qui, n’étant pas d’accord avec cet état de fait, essayaient de résister ou s’appropriaient illégitimement quelque chose, on les considérait comme indésirables. Ils étaient, par proclamation, là encore, mis hors du ban ou hors-la-loi, d’où les nombreux bannis, bandits, forbans ou contrebandiers.
La banlieue, au sens où on l’entend aujourd’hui, ne s’estdéveloppée qu’avec l’industrialisation au XIXème siècle. On a alors appliqué les théories du féodalisme précédent revues par le rêve centralisateur napoléonien. Le tout était basé sur le principe de la toile d’araignée: la toile attrape les mouches, l’araignée les mange.

 

15:50 Publié dans Un jour un mot | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, mot | | | |  Facebook

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