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mercredi, 07 février 2007

Prochaine station : ta mère

PROCHAINE STATION : TA MÈRE
Délire, par Gautier Langevin

J’ai rarement entendu quelqu’un l’avouer, mais j’ai l’impression que le métro est considéré, par la plupart des gens du moins, comme un moyen de transport qu’on prend à défaut d’en avoir un autre à notre disposition : pas de voiture, trop paumé pour le taxi, le bus ne passe pas à l’heure voulue. Bon, va pour la ligne verte… Il est encore plus rare d’entendre quelqu’un dire à quel point il aime prendre le métro. C’est plutôt l’indifférence qui accompagne le voyageur souterrain. On le voit bien, sur les visages qui hantent wagons et stations aux heures de pointe.


Pourtant, lorsqu’on vit à Montréal, le métro est le moyen de se déplacer le plus pratique, mais surtout le plus intéressant. Le métro, c’est le lieu où Montréal se rencontre. C’est l’étudiant de McGill qui planifie sa semaine sur son Black Berry à côté de l’uquamien qui écoute Béru au maximum dans son ipod nano. C’est le gars qui vient de se faire étamper la figure sur le carrelage crasseux par six agents de la police de Montréal, pour une raison inconnue que la foule ne veut pas connaître de toute façon. C’est le emo kid qui vomit dans un cri strident son malheur préfabriqué après le conducteur de métro qui vient de lui fermer les portes au nez.

 

Ta mère, c’est la grosse femme enceinte (ou tout simplement obèse?) qui fouille dans les poubelles de la station Berri-Uquam à la recherche de tout ce qui pourrait être encore bon. Bon à quoi? Elle ne le sait pas trop, mais elle amasse, elle empile, parfois même, elle goûte. Ta mère connaît bien le métro. Comme le métro, elle fait des liens entre différents éléments qui, à première vue, n’ont rien avoir l’un avec l’autre : une fausse vieille bouteille neuve de coke des années trente, un cachet vide de petites pilules bleues, un dildo cassé, des pelures d’orange…

 

Laisse ta voiture dans le trafic, prends le taxi jusqu’à la station la plus proche, et viens voir Ta mère à l’œuvre. Les mélanges de la-grosse-femme-enceinte-ou-peut-être tout-simplement-obèse te plairont sûrement, ô toi jeunesse au sourire en coin qui déchire ton visage : www.tamere.org

Capté sur lecteurs.ca

Commentaires

Wow,

C'est toujours stimulant de voir que nos textes résonnent un peu plus loin sur la toile.

Merci pour l'écho!

Écrit par : Gautier Langevin | samedi, 24 février 2007

C'est comme ça que ça devrait être, Internet. Comme une araignée qui tisse sa toile.. La toile vibre dès l'impact, et l'araignée court voir ce qui agite ses fils.. et au lieu de le manger, elle propage l'onde à ses consoeurs sur d'autres fils..
Epuisante cette métaphore "filée"..:-)

En bref, tout le plaisir ou presque, est pour moi.. Je me dépêche donc de le transmettre !

Écrit par : absolu | dimanche, 04 mars 2007

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