Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 24 février 2007

Eve de ses décombres

medium_eve_de_ses_decombres.gifUn cercle dans un cercle. Eve débute et clôt l'histoire. Ou plutôt son sac, le début et la fin de tout. Un sac empli de livres, monnayés contre son corps. L'intérieur de son corps lui permet de monnayer la sortie de son esprit, hors de ce cercle vicieux, pour le plonger dans un autre.


Des jeunes qui sillonnent l'île, enfermés dans leur quotidien, incapables de sortir d'eux-mêmes, brisés d'avance. Enfermés dans leur clan, pour échapper à l'individualité dénuée de tout ; guidés par l'élan de quitter cette île, élan qui devient violence face à la côte trop vite atteinte, à l'inconnu trop souvent effleuré.

Sad tente de sortir de ses poèmes pour trouver ce qui l'arrime encore ici, pour se trouver, au-delà des murs qui l'entourent, sur lesquels il martèle les mots de Rimbaud, ses propres mots.

Sauver Eve, la sortir d'elle-même. Amour fou, pur, amour pour sortir de soi, aller vers l'autre, quitte à s'(y enfermer aussi.

ar Eve se fuit, avec l' illusion d'échapper à cette vie en s'échappant d'elle-même : toutes ces mains lui prennent un peu de vide à chaque fois. Eve laisse son corps s'ouvrir à d'autres, désabusés, affamés d'une autre chair que la leur, tentant de puiser ailleurs l'énergie qui leur fait défaut depuis longtemps, qui se fuient, eux aussi.

Une mise en abyme fantastique, un vrai tourbillon.

 Tous tentent de s'échapper les uns dans les autres, dans les yeux d'une autre. Sad dans les yeux d'Eve, Eve dans les yeux de Savita.

Une écriture douloureuse, sans issue, qui se referme sur les mots contenus, les vrais, les cris d'amour étouffés à la naissance, le cordon mauricien coincé dans la gorge.

Et, malgré tout, Sad : "Dans ma tête, je te fais une promesse : Eve, je te sortirai de tes décombres."

 

Note : 10/10

Les commentaires sont fermés.