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jeudi, 08 mars 2007

Quel gâchis de papier !

DOIT-ON PUBLIER AUTANT DE LIVRES ?
par Françoise Dulac

La nouvelle à l’effet que la Ville de Longueuil a été porter 500 000 livres au dépotoir il y a une dizaine de jours a choqué plusieurs personnes mais le sujet fut vite oublié, éclipsé par l’annonce des élections. C’est peu connu mais chaque année les éditeurs se débarrassent de la même façon de milliers de livres invendus et cela ne fait pas la manchette. Mais pourquoi publier autant de livres s’ils ne trouvent pas assez de preneurs pour en faire des best-sellers? Il est vrai qu’il faut contenter tout le monde et en avoir pour tous les goûts mais est-ce nécessaire d’avoir autant de choix?



Chaque semaine quand je vais à la librairie je découvre plein de nouveaux titres et j’ai souvent l’impression qu’il s’est écoulé beaucoup plus de temps depuis ma dernière visite. Et je me demande comment je vais arriver à lire toutes ces nouveautés. Car il faut se rendre à l’évidence, on peut bien acheter des livres mais il faut aussi les lire et cela demande du temps surtout quand on travaille. Vous êtes-vous déjà demandé combien de livres vous pouviez lire dans une année? Le chiffre n’est pas si gros que ça si on exclut les magazines, les revues et les livres de voyage. Lire un livre par semaine, c’est déjà beaucoup et sûrement réservé à une petite quantité de gens. Ce qui fait environ une cinquantaine de livres par année. C’est peu par rapport au nombre de titres qui sont publiés. Et encore je suis persuadée que la majorité des gens lisent à peine une vingtaine de livres par année. Alors a-t-on besoin de publier autant de livres?


Probablement que les auteurs ne partagent pas cette opinion et trouvent que l’on devrait encore publier plus d’ouvrages. Mais encore faut-il que les lectures soient intéressantes et s’adressent à une plus grande partie de la population. Si, entre autres, les livres de cuisine, ceux de psychologie populaire et les biographies des artistes trouvent leur compte, ce n’est pas le cas de la majorité des publications. Plusieurs livres, notamment les essais et les ouvrages spécialisés, sont écoulés à seulement quelques centaines d’exemplaires. Est-ce que cela suppose qu’il ne faut publier que les livres dont on est certain du succès? Je n’en suis pas convaincue non plus. Je crois qu’il faut continuer à encourager les auteurs qui se donnent la peine de faire de la recherche et d’écrire.


Peut-être faut-il se pencher un peu plus sur les raisons qui font qu’on lit moins ou qu’on lit peu. S’il est vrai que la télévision et l’ordinateur viennent gruger une grande place dans nos temps libres, sans compter notre vie trépidante remplie de toutes sortes d’activités, le temps qui reste pour la lecture s’en trouve d’autant plus réduit. Si on veut sauver les livres mais surtout encourager les auteurs, il faut d’abord lire. C’est une habitude à prendre qui apporte tellement plus de satisfaction que d’écouter passivement la télévision. Et avec un bon livre, on ne s’ennuie jamais.


Mais que faire de nos livres une fois qu’on les a lus?  Certaines personnes préfèrent les donner ou s’en défaire. Quant à moi je préfère les conserver. Une bibliothèque dans une maison c’est vivant et chaleureux. Feuilleter un livre qu’on a déjà lu nous fait revivre des moments passionnants ou nous rappelle de beaux souvenirs. Vraiment on ne publie pas trop, ce n’est que le temps pour lire qui file trop vite.

capté sur lecteurs.ca

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