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samedi, 24 mars 2007

Au-delà du voile

medium_spectacle-au-dela-du-voile-5.2.jpgSous le voile se dévoilent deux jeunes femmes, deux soeurs, deux âmes pour une même douleur.

Au sol deux demi-cercles, (comme deux C dans un miroir), dont les courbes tendent l’une vers l’autre, sans jamais pouvoir se rejoindre vraiment. Et si l’une en sort pour étreindre l’autre, elle y revient aussitôt, s’enfermant dans ses convictions.


Et la troisième femme, la mère, un ange ? un fantôme ? un souvenir ? qui s’immisce régulièrement entre ces deux demi-cercles, qui danse sur leur tracé, qui trace un chemin de paix, autour, tout autour de ses filles. Et qui nous chante la maladie des peuples du midi, tout en bas, au-delà de la Méditerranée.

Courbes de femmes, confrontées à la dureté des hommes, aux lois qu’ils édictent, aux erreurs qu’ils commettent, mais ils ont le droit, eux, car ils sont responsables. Courbes qui doivent êtres cachées, pour être mieux maîtrisées, car ils ont peur, de les voir s’élancer ailleurs, loin d’eux, s’insinuer en eux, et adoucir leurs esprits torturés.

Langue virtuose, langue voluptueuse, qui du bout de ses mots délicats se fait tueuse d’idées reçues. Ces trois femmes nous dévoilent la face, nous expose la face cachée, la douleur explose sur leurs visages, une larme brille, qui me brûle le cœur.

Quand l’une mise sur sa condition de femme instruite, indépendante, indomptable, le frère, qu’on ne voit pas, caché derrière ses principes, tente de lui imposer des barreaux de tissu. Comme une suture de son âme, de laquelle plus rien ne doit s’écouler. Le voile, ou la porte.

Craignant de perdre la raison elle s’époumone, ses cris résonnent dans la salle, dans nos cœurs, et je pleure de cette douleur, de ce dilemme, ces femmes si pleines d’elles-mêmes, de vie, d’un seul et même cri, celui de l’amour.

Reconnaissance du je, pour l'une, "je ne suis plus rien", crie l'autre, quoi qu'il en soit le jeu est bien là, lui,

Comédiennes qui se parlent en nous regardant, nous sommes la sœur. La scène vient à nous, réduit la distance, j’ai envie de répondre, quand elles se parlent. Mais la musique parle à ma place, et la troisième femme, la plus ancienne, explique, chante, philosophe, avec humour ou bien douleur, en douceur, parodie l’homme, celui qu’elle a prié, alors qu’il expirait, de lui donner des mots doux. « Du miel et du pain blanc, ça te va ? », lui répond-il dans un dernier souffle. Le chant, le chant de là-bas, qui nous cloue sur place.

Et le voile s’envole, soulevé par le chant des instruments, la musique adoucit les pleurs et traduit merveilleusement, non, accompagne l’émotion bien palpable. Douleur mêlée d’espoir, douceur mêlée de noir, le noir de la peur, espoir d’une religion pleine d’amour, vide de crainte et d’effroi, vide du froid qui gèle le cœur des maris, des frères , des pères. Car la femme est une, entière, à part entière, ici, sur terre, complémentaire.

Ecoutez bien les mots restés coincés au fond d’une gorge trop longtemps serrée. Ecoutez bien…

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