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mardi, 01 mai 2007

Col de l'ange

medium_col_de_l_ange.jpgCol de l'Ange

Combien de personnes s’évanouissent tous les jours dans le monde, s’évaporant comme si elles avaient traversé leur existence en sursis?
Des types qui vont chercher un dîner chinois au take-away et qu’on ne revoit jamais, des femmes parties chez le coiffeur et dont on retrouve la voiture, les clés encore accrochées au tableau de bord. Des vieux aussi, qui ont peut-être regardé trop longtemps le fleuve couler du haut d’un pont, des enfants en roller que les parents perdent de vue un instant, un seul, pendant une fête foraine...


De ces dizaines de milliers de personnes qui disparaissent en France, la plupart refont surface quelques jours, quelques mois, plus rarement quelques années après. Souvent ces gens sont morts, les plus chanceux sont amnésiques ou traumatisés; d’un millier environ on ne sait plus rien:. Ceux-là, on les dirait happés par l’ailleurs. Pas de deuil possible, pas de rites de passage, pas d’enterrement au milieu des parents et des amis effondrés. Ils laissent derrière eux le sillon d’un doute, douleur, incrédulité, confusion et embarras mêlés. Que leur est-il arrivé, où sont-ils allés? Les recroisera-t-on un jour avec une casquette ou une nouvelle coiffure, sans les reconnaître?
La disparition d’un architecte de quarante-six ans, fût-il plutôt connu clans son cercle, n’est pas un événement. Surtout s’il est réputé pour ses coups de tête, ses coups de coeur, sa vie tout entière dont on disait autrefois, avec un mot délicicusement désuet, qu’elle était dissolue. Est-il mort ou continue-t-il d’exister là où on ne peut pas le voir?

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