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lundi, 09 avril 2007

La verrière

medium_la_verriere.jpgCe qui vient de me frapper, en reprenant le livre quelques jours après l'avoir refermé, c'est qu'il n'est nulle part fait mention du prénom de l'héroïne-narratrice.. On ne la connaît qu'à travers son "je", à travers cette verrière aussi. Elle en fait sa frontière d'ailleurs, entre le monde hostile et la découverte d'un autre, entre le rien et l'éternité..


Pas de prénom donc, pour celle qui se laisse bercer par les bras de Mina, l'habitante derrière la verrière, celle qui occupe un espace exigu. Un si petit espace pour les si grands déserts de solitude de Mina, qui n'aspire qu'à rentrer chez elle, au pays, là-bas, après la Méditerrannée. Sans elle, sans "je".

"Je" habite avec ses parents, un appartement complexe, difforme, dans un immeuble tordu de partout.. Ses parents ont dû se mouler aux encoignures, aux angles aigus, à force de se cogner à leur étroite vision des choses, de la vie, de leur fille. Ils ne réalisent pas la quantité d'air dont elle a besoin pour respirer, la largeur de sa porte de chambre dont elle a besoin pour pouvoir y entrer, et non pas y être enfermée. ils ne comprennent pas que des livres doivent être synonyme de liberté, et non pas de porte blindée. On n'empêche pas une adolescente de découvrir, son corps, son coeur, dehors. Alors elle quitte un espace confiné pour un autre, se leurre dans un amour de femmes, chacune solitaire, à sa manière. Enfin une main caressante, enfin de la tendresse. "Je" découvre la notion de plaisir.

Mina, elle, a des couleurs, les couleurs de là-bas, du safran, du henné et du piment. Elle a se soleil de son pays dans les yeux, mais le voile aussi. Oh, c'est de "je" qu'elle voile la face. Elle aussi, finalement, ne lui montre rien d'autre que sa fatigue à vivre dans un tel univers.

Et puis Mina s'en va, les parents jubilent, ils rient en voyant leur fille descendre chercher le sable du désert de Mina dans la boîte aux lettres. Et n'y trouver que le vent, vide, creux, cruel. Mina l'a oubliée. Mina est comme morte.

Alors "je" fuit. Contre toute attente. Se retrouve dans une petite bande de jeunes. Pas voyou, un peu sauvage, les pieds dans l'eau. Ils habitent une péniche. Et puis Denis s'éprend du "je". Enfin je crois. Et là, c'est l'embrasement. Mais pas celui auquel vous pensez. Non. Un autre..

Lisez. Vous saurez...

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