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mardi, 17 avril 2007

Ce qui dure

Le présent se fait vide et triste,
Ô mon amie, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous.

Nous ne voyons plus sans envie
Les yeux de vingt ans resplendir,
Et combien sont déjà sans vie
Des yeux qui nous ont vus grandir !


Que de jeunesse emporte l'heure,
Qui n'en rapporte jamais rien !
Pourtant quelque chose demeure :
Je t'aime avec mon coeur ancien,

Mon vrai coeur, celui qui s'attache
Et souffre depuis qu'il est né,
Mon coeur d'enfant, le coeur sans tache
Que ma mère m'avait donné ;

Ce coeur où plus rien ne pénètre,
D'où plus rien désormais ne sort ;
Je t'aime avec ce que mon être
A de plus fort contre la mort ;

Et, s'il peut braver la mort même,
Si le meilleur de l'homme est tel
Que rien n'en périsse, je t'aime
Avec ce que j'ai d'immortel.

 

Sully Prudhomme, Les vaines tendresses

Commentaires

Beau.

Me fait penser à ces vers. Je vous laisse en deviner l'auteur :

"Faut voir à pas confondre Amour et bagatelle,
A pas trop mélanger la rose et l'immortelle.."

Écrit par : redonnet | mercredi, 18 avril 2007

... Abd L Malik ?
J'entend les "...elle" qui résonnent comme dans son slam.

Écrit par : mathilde | vendredi, 20 avril 2007

Les commentaires sont fermés.