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vendredi, 20 avril 2007

La vie de Joséphin le fou

medium_Devi_Josephin.jpgJe suis sorti, j'ai plongé dans l'eau à la bouche de la cave pour me retrouver dans la mer et les laisser se calmer et me calmer aussi. Nager longuement, puissamment, grandes brasses, grands coups de jambes pour bien labourer la mer, elle se plaint pas, elle, elle a pas peur de moi, elle sait qui je suis, elle me connaît, Joséphin qui ferait de mal à personne, Joséphin aux mains qui donnent, aux mains larges pour porter tellement de choses, porter les gros mulets blessés hors du chemin des requins, et porter les petites filles qui menacent d'être fracassées hors du chemin de la vie, les porter toute ma vie, s'il le faut, sur mes épaules, s'il le faut, serais prêt à le faire,


mais pourquoi elles peuvent pas comprendre tout ce qui en moi est offert est donné est prêt à se couper en deux pour elles prêt à se taillader les tendons et les chevilles et les poignets, tout ce qu'elles voudraient de moi, j'offrirais. Au bas, des fleurs de corail s'ouvrent rien que pour moi, des algues s'agitent comme de grandes dames pleines d'envie, ils ont tous envie de moi, même les anguilles qui ce jour-là se sont glissées partout pour m'explorer et qui m'ont pas fait mal, pourtant elles auraient pu, elles auraient pu me mordre et me laisser tout saignant dans la boue et me manger bout par bout mais elles l'ont pas fait, elles ont senti mon odeur, elles ont respiré la mer en moi sur mon haleine sur ma langue et elles sont devenues mes amies, je les tue juste pour manger pour devenir un peu comme elles un peu elles, même les murènes et les requins si dangereux, ils me sentent, ils respirent ma présence et ils ont pas peur de moi et j'ai pas peur d'eux, on se respecte, nu ou pas, on est pareil, enfants du même corps, enfants de la même mer. "

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