Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 28 octobre 2007

L'amour est très surestimé

                          

 Je vous en parlais sur ce blog en avril: "l' amour est très surestimé" est un superbe recueil de nouvelles sur le thème de l'amour, son auteur Brigitte Giraud  vient de recevoir cette semaine la prestigieuse bourse goncourt de la nouvelle 2007, un prix littéraire mérité tant cet ouvrage est bien écrit:

 medium_image_upload.jpgL'amour est très surestimé de Brigitte Giraud est un recueil de 11 nouvelles dans lesquelles les personnages racontent la fin de leurs amours, des premiers signes de la déchirure amoureuse, en passant par le travail de deuil de la relation, jusqu'à la première rencontre avec un nouveau partenaire. Le mal d'amour est disséqué et parfaitement rendu par l'écriture simple et touchante de la belle Brigitte Giraud. La solitude et le mal qu'engendre la rupture peuvent faire penser en effet au titre de l'ouvrage.

Extrait:

Et ce temps aujourd'hui, qu'en faites vous?

Vous l'anéantissez. Vous évaluez, comparez interprétez. Vous faites de votre temps une échelles de valeurs. L'homme de votre vie est devenu un terrain d'expérimentation. Vous le mettez à l'épreuve, vous le forcez à rentrer dans des cases, celles qui vous conviennent. Vous lui assignez une place. Vous lui concédez un rôle. Vous exigez que rien ne dépasse. Vous le traitez comme un objet dont vous décidez de l'usage. Vous disposez de lui à volonté.

Vous avez idée de ce qu'il doit faire, penser, accepter. Vous voulez l'éduquer, le rééduquer. Vous ne l'aimez plus. Vous l'avez vidé de sa substance, vous l'avez usé.

Il est devant vous, démuni et fatigué. Et ainsi il ne vous plaît plus. Une coquille vide que vous avez aspirée. Peut-on aimer une coquille ? Peut-on aimer un homme qui ne se rebelle pas?

Est-ce que ça a commencé au premier jour ? Est-ce vous qui avez tué votre histoire ? On dit que la fin est inscrite dans le commencement. La faute à qui alors ? A celui qui s'est laissé dévorer ?

                         Brigitte Giraud " L'amour est surestimé" (2007 aux éditions Stock).

Les commentaires sont fermés.