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mardi, 24 avril 2007

Agent Ben : La Compagnie de l'Arcade te réclame !

medium_spectacle_20Corpus2007-5.3.jpg... du moins ton point de vue ! Eh oui, personne n'oublie, le compte rendu que tu as promis :-) !Alors surtout, tu copies pas sur moi, non mais !

Sophie Torresi (tu sais, celle qui a joué Corpus Eroticus), et Virginie Deville (autre comédienne de la compagnie) aimeraient beaucoup savoir ce que tu en as gardé, de cette représentation.

Allez, rappelle-toi ces lumières rouge-orangé, rappelle-toi cette ambiance intimiste... Rappelle-toi...

Je me rappelle de ce soir-là...

Je me souviens que c'était la première sortie que je faisais depuis bien longtemps..., depuis la fin d'une histoire...

Je me souviens que j'ai accepté parce que c'est toi qui m'a convaincu d'y aller...

Je  me souviens de m'être dit : " Allez, Corpus eroticus, ça te changera les idées."

Je me souviens qu'il faisait beau pour un mois de mars et qu' on s'est baladé d'un pas léger tous les deux de la place de l'Hôtel de Ville jusqu'à cette rue de Flavigny où se cache le théatre de La Manufacture.

 Je me suis souvenu que c'était la deuxième fois que je sortais après ma rupture et pas la première. En effet j'avais déjà pu apprécier au théâtre Jean Vilar le travail de la Compagnie de l'Arcade sur Faust, une bande dessinée dont les dessins avaient été mis en scène sur grand écran et pour laquelle Sophie Torresi (qui m'avait fait très peur) faisait la voix du diable. 

Nous sommes arrivés à la Manufacture, avons été bien accueilli par un café ou une infusion au gingembre, chaud, très chaud.... Je me laissai tenter par l'infusion. oh ! faux ! c'était un café ! :-)

Je me souviens t'avoir accompagnée dignement jusque dans la salle, pour me précipiter sur la meilleure place (surtout qu'il n'y en avait pas)  et là, deuxième surprise (le gingembre commençant à faire son effet) (surtout celui de l'infusion que tu n'as pas bue) les ouvreuses nous demandent de bien vouloir les suivre derrière la scène. Diantre ! me dis-je, si je dois payer de ma personne dans ce spectacle je crois que je n'vais pas me sentir bien !

En fait nous nous installâmes alors sur des tabourets, dans des boxs, dans la pénombre, oui là, à Saint Quentin, j'étais au peep show ! Plus tristounet du tout, j'attendais avec une excitation soudaine, ce qui allait se produire... Et magie du spectacle : là, devant moi, derrière la vitre sans tain, une créature de rêve en lingerie rouge, escarpins assortis,

 Je pouvais scruter derrière ma vitre sans tain, le diable dans la peau, les jolies formes de la comédienne. Je me pris vite au jeu. Mais le choc de la nudité passé, doucement, le corps nu, appétissant, vint me  parler. D'un seul coup la comédienne, l'air grave, se colla à ma vitre. Le jeu était devenu pour moi honteux. Je ne voyais plus la sensualité du corps de la comédienne, mais je l'écoutais parler de  ce corps qui, oui, avait une âme. Son monologue sur sa vie quotidienne était alors complètement décalé, voir touchant. Entendais-je vraiment ce qu'elle voulait dire? Peut-être pas, mais je l'écoutais alors religieusement.

A la fin du spectacle (court, une demi-heure) les spectateurs hommes pris par surprise étaient comme moi touchés, redevenus des  petits enfants. La mise en scène très originale de Virginie Deville avait fait son effet. Elle nous a ramené à nos premiers émois face aux femmes des magazines, de celles qu'on ne considérait alors que comme des images.

La Manufacture, j'y retournerai !

AGENT BEN.

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