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mardi, 24 avril 2007

La bête qui meurt

medium_roth.jpg"Le temps, pour les jeunes, est toujours constitué du passé. Mais pour elle, désormais, il est fait de l'avenir qui lui reste, et qui, croit-elle, tend vers zéro. (...) Le plus joli conte de fées de l'enfance, c'est que tout se produit à son heure. Les grands-parents disparaissent longtemps avant les parents, et ceux-ci longtemps avant leurs enfants. avec un peu de chance, ça se passe comme ça, les gens vieillissent et meurent en respectant l'ordre chronologique, si bien que pour leur enterrement, on se console en se disant qu'ils ont eu une longue vie.


L'idée n'atténue guère ma monstruosité de l'anéantissement, mais c'est bien l'astuce à laquelle nous avons recours pour sauvegarder l'illusion métronomique, et tenir en échec la torture du temps. "Untel a eu une longue vie." Seulement Consuela n'a pas de chance, et elle est assise à côté de moi, frappée d'une condamnation à mort, tandis que les réjouissances qui vont durer toute la nuit se déroulent sur l'écran, hystérie infantile en quantité industrielle, désir d'embrasser cet avenir ouvert, d'une manière interdite aux adultes parvenus à maturité, qui ont appris à leur grand chagrin les limites de leur avenir. En cette nuit de folie, personne ne l'a, plus qu'elle, appris à ses dépens."

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