Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 17 mai 2007

Le pays où l'on ne meurt jamais

medium_vorpsi.2.jpg"Je dédie ce livre au mot humilité, qui est absent du lexique albanais. Une telle absence peut donner lieu à des phénomènes très curieux dans la destinée d'un peuple."

Par contre, dans le lexique albanais, on trouve pas mal de synonymes de putain, de traînée, de pervertie, de traître, de vendu, de tuerie, aussi... Eh oui, la "Mère-Parti" n'est pas si affectueuse que cela, sa terre se nourrit beaucoup plus du sang de ses filles lassées d'insultes que d'engrais. A croire que là-bas la Nature n'aime pas le beau, ne supporte pas la grâce surtout si elle est humaine, et qu'elle entame alors une lente procédure conduisant à l'auto-destruction de la beauté.


En effet, toute fille qui présente quelques traits avantageux mérite les marques du mépris, les lacérations de la cruauté... que ce soit dans la rue ou dans la maison...  "certaines règles naissent ainsi dans l'esprit d'un peuple, tout naturellement comme les feuilles sur une plante. Elles se fondent en gros sur thèse unique : qui est belle est une pute, qui est laide - la pauvre! - ne l'est pas."

Un pays où les sentiments ne sont jamais tièdes, où l'extrême est roi, le coeur passionné... Je t'aime ou je te hais, mais jamais à moitié..

Votre seul espoir : la nuit. Seule la solitude de la nuit, la torpeur qui s'installe une fois glissée sous les couvertures permet le repos de ces âmes agrippées chaque jour par la haine.. A ce moment-là seulement vous connaîtrez un peu de ce mot qu'on prononce tout bas : liberté.

Sinon, il vous reste l'option du suicide. Et encore... :  "le suicide ne fait pas partie des grandes aspirations du peuple albanais ; celui-ci, dans son perpétuel combat pour une vie décente, néglige le refuge que la mort peut offrir". Ah. Porte donc ta honte, même après ta mort. Après tout, une "baisée dans les buissons" ne peut rien faire de bon.

Et lorsque l'Albanais tente l'exil,  lorsque l'Alabanais met le pied sur une autre terre que la sienne, il comprend alors qu'il est mortel. Il n'aspire donc plus qu'à une chose : retourner là d'où il vient, ce pays où l'on ne meurt jamais.

Un récit dur comme la boue séchée des briques ornant le toit du camp d'internement. Acéré, comme la haine envers celui qui respire. Ironique aussi, comme ces hommes qui forniquent et disent ensuite à leurs "brèves" compagnes d'aller se faire recoudre, pour le suivant. Sans pudeur, mais sans voyeurisme non plus. Cru, sans être obscène. Vrai.

Note : 7/10

Les commentaires sont fermés.