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mardi, 29 mai 2007

Suzanne et les ringards

(Oui, j'avoue, je suis en retard pour ce conte rendu.. Mais j'avoue aussi que je déménage.. j'avoue enfin que je bosse..)

c15ab41d1dee665d0ea86aea7acaa254.jpgUn rejeté de la société, un ex-taulard, (trois ans pour avoir fracassé des activistes d'extrême-droite) à la gueule d'Elephant Man devient garde du corps/vigile/conducteur de poids lourds. Il écoute le chant désespéré des baleines dans sa cabine la nuit.
Une star de ciné a eu un accident de voiture, dans lequel elle a perdu l'amour de sa vie. Elle en profite pour goûter un anonymat précieux et fait une fugue professionnelle. Elle s'est kidnappée. Elle veut comprendre. Echapper au monde du business, monde de ringards.


Dumbo est embarqué dans la tournée d'un groupe de pseudo supers-stars du rock. Un genre de Rolling Stones punk déjantés, les mêmes délires sordides que la plupart des rock-stars qui pleurent un jour de n'avoir pas leur propre plumard, de n'avoir pas qu'une seule femme. Quoique... Il essaie de relativiser, Dumbo, "Je ne lui en voulais plus, il était tout à coup redevenu ce qu'il était et ce qu'il était seulement : un connard de joueur de rock and roll, inculte, égocentrique, malade, sans perpective, ni pour lui, ni pour le reste des humains."

Je. Car Dumbo utilise le Je. Valérie, dans ses chapitres, parle d'Elle. Comme si elle n'avait droit qu'au jeu. Comme, si, après tout, elle n'avait pas le droit d'avoir une vraie vie, condamnée à jouer celles des autres.

Valérie fuit. S'échappe de ces regards pervers et/ou intéressés. Plein de pages, d'images, dans les journaux, de cette star de ciné "disparue", et pas une, pas une seule de Suzanne, cette jeune fille assassinée et retrouvée nue dans une baignoire de chambre d'hôtel, mais pas n'importe quelle chambre. Celle du narrateur.

Un désir fou de justice s'empare de lui. Venger cette pauvre âme égarée, morte anonyme. Jusqu'à ce qu'il se demande pourquoi. User de sa force ? Encore ? Il fatigue. Il se fait vomir de pouvoir démolir aussi facilement le portrait de ceux qui peuvent pas encadrer le sien. Des fois il le ferait juste pour qu'il sachent ce que ça peut faire, d'avoir la gueule de travers. Le coeur à l'envers, aussi. Mais il s'en foutent, tout tourne autour de leur nombril piercé, de leurs poumons troués, de ce qu'ils se mettent dans le nez, dans la gorge. Et ça, ça reste en travers de la sienne.

Alors il va mener sa propre enquête, à sa manière, pas de main morte. Bien vivants au contraire, ses poings. Casser les cordes de ces petits cons de gratteux jusqu'à ce qu'ils pètent un câble. Jusqu'à la fausse note. Mais non, pas un ne crache le morceau, tous continuent de cracher la même musique. C'est l'ambiance de la tournée qui devient électrique. Il démissionne, avant qu'on ne le vire. Maintenant, il a toute liberté d'agir. Jusqu'à ce qu'il croise Valérie.

Corrosif, ironique, noir, tendre, vrai. C'est tout Jean-Bernard Pouy ça.. Des écartés de la vie qui parlent et vivent la poésie de la douleur, sans douceur.

10/10 (eh oui, encore...)

Commentaires

ah tu déménages .?!
cool :)

umpf "Saisissez votre email." qu'y m'dit >#

Écrit par : let | mardi, 05 juin 2007

Nan je déménage pas, j'ai déménagé, nuance... enfin, là, à ce jour, j'ai déménagé.. Epatant hein..
Il ose encore te demander de saisir ton mail ? Le rustre... il insiste.. Je vais lui en toucher deux mots.. voire plus. Tout dépendra de sa conversation.
(Sinon, t'inquiètes pas, il apparaît pas, ton mail)

Écrit par : absolu | mardi, 05 juin 2007

j'm'inquiétais pas, ne t'inquiète pas.
Biz biz et à bientôt hein.

Écrit par : let | mercredi, 06 juin 2007

Les commentaires sont fermés.