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samedi, 14 juillet 2007

Aujourd'hui

"OUHHHOUUUH0UUUUUUU"... Oui,  vous pouvez me huer.. me huhuer même. Je le mérite.. Tant de temps pour lire un roman si court.. "Shame on ne", comme ils disent de l'autre côté de la Manche, et ailleurs. Eh non, ce n'était pas un roman en anglais, c'est ça le plus honteux. Du français, ma p'tite dame, du bon français biern lisible.. bien clair, propre sur lui, comme il faut ! Alors ? Aucune excuse.. JE mérite une sanction digne de ce nom.. Allez, ej sais, j'vais m'noyer dans les mots à venir. Voilà, ça m'apprendra... non mais, faut pas me laisser faire, vous avez raison !

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"Plus d'imparfait, plus de passé, regarder les verbes dans leur présent quand ils tournent, jaillissent, se dispersent et disparaissent, éclaboussures du monde, vitesse des atomes, semences infinies, terrasses ouvertes sur le ciel, chansons des hirondelles."
Je l'ai dit dans un commentaire : "Colette quitte la terre au travers des mots, s'envole, lyrique, mais surtout simple, goûte aux nuages, aux atomes du ciel, au soleil, croque dans ce temps si précieux pour n'en perdre aucune virgule, et redescend vite vite avec les hirondelles pour nous dire, au creux des pages, tous ces instants qu'elle vole au sommeil, ces rayons qu'elle vole à l'astre suprême."
J'ajoute : Elle prend son envol, le temps suspend le sien, vers le ciel dont elle n'a jamais su prononcé le nom. "Le ciel, je n'ai jamais su prononcer son nom, mais peu à peu j'ai appris à y poser mes yeux, longtemps, sans effort, sans bouger ls paupières, jusqu'aux larmes, jusqu'à peupler le calme. Le regarder, c'était déjà le nommer."


L'auteure nous livre quelques souvenirs intemporels,  qui se confondent dans l'aujourd'hui des instants. Elle nous parle du conflit israëlo-palestinien du dedans, de l'intérieur de l'appartement, de ces regards haineux qu'elle apercevait de sa fenêtre : "dehors c'est la guerre et je n'ai plus de forces du tout. Les mots se sont cassés sous mes yeux." Elle rend hommage à ce père si dévoué qu'elle dit avoir tué, tué en écrivant, en aimant. Son père mort de fatigue. Et à sa mère, sa Bice, qui un jour lui raconta sa nuit de noces. Confidence pudique.
Les mots sont vivants, se cassent, le temps se dilate, se disperse, éclate, se rassemble, se mélange, le temps se distend, se confond, s'interrompt, puis repart. Tourbillon des minutes, tempête des jours, voyage des années. Seules restent les sensations, immobiles, immuables. Intactes. "Quelque chose de très grand devait m'arriver et je l'attendais. C'était avec cette phrase que je me déplaçais dans le temps, que j'allais au bout du jour, que je franchissais les saisons, que je supportais le périmètre de ma vie."
Colette fait tout cela par devoir, elle se sent "responsable de tout", elle "n'en [peut] plus, [elle a] mal aux yeux, [elle ] ne [veut] plus recevoir les choses en vrac comme ça, qui arrivent de partout." Alors elle écrit, elle récupère les souvenirs qui se sont accrochés aux branches de son arbre. Elle tente de soulager le tronc devenu plus fragile. Jusqu'à ce qu'aujourd'hui ne soit plus, qu'elle s'interdise d'écrire au-delà de ce jour..

Poésie du jour, éternité de l'instant...

Note : 8/10

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