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lundi, 30 juillet 2007

Mon nom est rouge

Certains s'en sont allés dans l'ignorance la plus totale, d'autres déploient leurs pages et  nous effleurent l'âme...

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"Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fond d'un puits. J'ai depuis longtemps rendu mon dernier souffle, mon coeur depuis longtemps s'est arrêté de battre, mais, en dehors du salaud qui m'a tué, personne ne sait ce qui m'est arrivé. Mais lui, cette méprisable ordure, pour bien s'assurer qu'il m'avait achevé, il a guetté ma respiration, surveillé mes dernières palpitations, puis il m'a donné un coup de pied dans les côtes, et ensuite porté jusqu'à un puits, pour me précipiter par-dessus la margelle. Ma tête, déjà brisée à coups de pierre, s'est fracassée en tombant dans le puits ; mon visage et mon front,  mes joues se sont écrasés, effacés ; mes os se sont brisés, ma bouche s'est remplie de sang.
Voilà quatre jours que je ne suis pas rentré : ma femme, mes enfants sont en train de me chercher ; ma petite fille ne doit même plus avoir la force de pleurer, elle regarde vers la porte du jardin ; ils m'attendent tous, les yeux tournés du côté de la rue, de la porte.
Est-ce que vraiment ils m'attendent, je n'en sais trop rien. Si cela se trouve, ils se sont habitués. Comme c'est affreux ! Parce que, une fois qu'on est ici, on a le sentiment que la vie qu'on a laissée derrière soi continue de s'écouler comme elle le fait depuis toujours. Avant que je naisse s'étendaient derrière moi des temps infinis. Après ma mort, le temps s'étalera  à nouveau, sans fin et sans limites ! De mon vivant, je n'avais jamais pensé à ces choses : j'avançais dans la vie comme dans la lumière, entre deux zones d'ombre."

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