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mardi, 31 juillet 2007

Tous les hommes sont mortels...

Simone de Beauvoir en personne... Quand j'ai lu quelques-uns de ces ouvrages, j'avais en bouche un goût de nostalgie de ces années-là, alor smême que je ne les ai pas connues ; je me voyais à leurs côtés, à toute la bande, avec Sartre, et les autres. Un clin d'oeil de la Seine. Arpenter les rues bordant le Sacré-Coeur, Montmartre, faire le monde, le penser d'abord. Et puis vivre. Je sentais les rayons du soleil darder au travers des branches d'un arbre sous lequel nous étions assis, une légère brise soulevait nos jupes, faisait battre le col des chemises sur leur cou. Le regard fuyant désespérement les années qui venaient de s'écouler, cherchant avidement celles à venir. Respirer la vie à pleins poumons, et écrire. Ecrire jusqu'à l'entorse du poignet, jusqu'à la cécité. Voilà ce que ça m'a fait de lire Madame de Beauvoir.

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Si, comme moi, vous n'avez jamais été féru(e)s d'Histoire, mais préfériez les histoires, ce livre est pour vous. Simone de Beauvoir a réussi à condenser des siècles de conquêtes, de guerres, de règnes, de victoires et d'échecs en 500 pages (folio), et nous instruit à notre insu, car ce qu'on lit d'abord, c'est une histoire. Un roman (oui un peu comme dans la chanson, sauf que là, l'histoire n'est pas forcément belle.

 


"Pour la première fois, la voix impassible tremblait et à la lueur de notre torche, je vis des larmes dans ses yeux. Dans les sombres galeries travaillait tout un peuple qui n'était plus un peuple d'hommes mais de larves ; ils n'avaient plus ni chair, ni membres, leur peau brune collait à leurs os, qui semblaient friables comme du bois mort ; ils n'avaient plus de regard et ils ne paraissaient rien entendre, ils frappaient la paroi avec des gestes d'automates ; parfois, sans un murmure, un de ces noirs squelettes s'écroulait sur le sol et on le battait à coups de fouet et de barre de fer ; s'il ne se relevait pas assez vite, on l'achevait. Pendant plus de quinze heures chaque jour ils fouillaient la terre et on les nourrissait à peine d'un peu de pain fait de racines pilées. Aucun d'entre eux ne vivait plus de trois ans."

"Il se remit à écrire ; il notait les arbres, les oiseaux, la couleur du ciel, la forme des poissons. Toutes ces choses étaient importantes pour lui. Dans son cahier, chaque journée avait sa figure singulière ; et il attendait avec curiosité les aventures qui le séparaient encore de l'estuaire du fleuve ; pour moi le fleuve avait déjà un estuaire, comme tous les fleuves et, par-delà cet estuaire s'étendait la mer, par-delà la mer, d'autres terres, d'autres mers, et le monde était rond. Il y avaiteu un temps où je le croyais infini ; en quittant Flessingue j'espérais encore que je pourrais passer l'éternité à le découvrir ; j'avais aimé, dressé sur la cime d'une montagne, au-desssus d'un tapis de nuages, apercevoir par une lézarde un morceau de plaine dorée ; j'avais aimé découvrir du haut d'un col une vallée neuve, m'enfoncer dans un défilé enfermé entre de hautes murailles, aborder sur des îles vierges ; mais maintenant je savaisque derrière chaque montagne, il y avait une vallée, que toutes les gorges avaient une issue, toutes les cavernes des murs ; le monde était rond et monotone : quatre saisons, sept couleurs, un seul ciel, de l'eau, des plantes, un sol plat ou convulsé ; partout le même ennui."

Commentaires

Très beau texte qui me donne envie de découvrir cette femme que je n'ai jamais lue. Merci pour cette invitation à la découverte et bonne continuation. Amitiés.

Écrit par : papito | mercredi, 08 août 2007

Vous m'en voyez ravie. Bonne découverte à vous !
Au plaisir.

Écrit par : absolu | mercredi, 08 août 2007

Les commentaires sont fermés.