Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 13 août 2007

La vie d'une autre

f01ebdc41a70b098f862cbf0ec4ff8bd.jpg"Pour autant que j'aie pu en juger en observant d'autres couples, dès le début d'une histoire à deux, on accumule de la rancoeur. J'ai déjà expérimenté les mauvais temps où l'on regarde l'autre avec des manques d'amour, de petites blessures accumulées qui finissent par faire de larges plaies."

Marie se réveille un beau matin et découvre une mèche argentée sur la tempe de l'homme qu'elle a rencontré hier soir, au restaurant, et dans les bras duquel elle a passé la nuit. Il est dès lors aisé d'envisager la migraine naissante lorsque deux enfants débarquent dans la chambre, enfants dont on a perdu jusqu'à l'émotion de leur mise au monde, lorsqu'on ne sait pas utiliser un ordinateur quand hier encore c'était votre principal outil de travail, quand le téléphone sonne et qu'on ne peut mettre un nom sur une voix, et, surtout, réaliser que douze années de sa vie ont disparu, de son coeur, de son corps.

Que s'est-il donc passé ? Qu'est-ce qui a causé cette amnésie ? De quoi doit-elle se souvenir ...? Voilà l'aventure dans laquelle est embarquée Marie, et le lecteur, par la même occasion.
Le chemin qu'elle entame lui en apprendra plus sur elle en un mois que ces douze années envolées, lovées dans un repli cervical, enfouies au plus profond d'elle-même, et sur lesquelles elle n'est pas toujours sûr de vouloir faire main basse. En effet, si son organisme a décidé "d'effacer" de sa mémoire une partie de sa vie, il doit avoir une bonne raison.


Elle en vient à s'interroger sur sa manière d'épouse, de mère. Non pas celle qu'elle était, mais celle qu'elle est maintenant, qu'elle devient. Une autre femme, qui doit prendre la place de l'ancienne. Elle apprend plus qu'elle ne réapprend, elle écoute, se fait attentive aux expressions aux intonations, se fie plus à son instinct. Elle regarde cet homme qui partage son lit depuis douze ans déjà, enfin, celui de cette femme, qu'elle était avant.

Une femme qui se livre, à la recherche de ses souvenirs qui s'éloignent un peu plus chaque jour, car vides d'émotions. Une mère, dont le ventre n'a gardé aucun émoi de trois accouchements. Sans doute la douleur la plus vive de cette amnésie. Qui sera permanente. A force de patience, de réflexion, et d'un brin de philosophie, elle finit par se dire que cette amnésie est une chance, un (nouveau) départ, la possibilité de se souvenir (pas difficile quand pour vous c'était hier), qui elle était il y a douze ans. Mais pas sans heurt : "J'ai vingt-cinq ans d'autre fois, et je n'ai même pas trente-sept ans d'aujour'dhui. L'impression est terrifiante : je ne suis ni jeune ni vieille, j'appartiens à un autre temps, celui du non-vécu. " En proie à l'inquiétude, à l'effroi : " Le plus difficile à décrire dans la situation que je vis depuis quelques semaines, c'est le nombre d'idées qui me traversent. Certes, une part importante de mon passé me manque, mais je ne vois pas très bien où je le mettrais, car mon présent prend une place folle !", elle se veut avant tout optimiste :" Je m'adapterai à ma vie de douze ans d'absence e ttout sera banal. Tout sera perdu. En me fbriquant de nouveaux souvenirs, j'oublierai l'intense vie des jours où je n'en avais plus. Je serai rattrapée par le vice de l'habitude. Ainsi se déroulera ma vie de femme et de mère, et les années s'accumuleront et plus jamais je n'aurai une occasion unique d'observer la vie de l'extérieur. J'aurai réintégré une fois pour toutes l'enveloppe que je crois encore n'avoir pas choisie"

Elle regarde cet homme aux côtés duquel elle a vécu, elle le regarde évoluer, avec ses enfants, leurs enfants. Cet homme dont elle (re)tombe amoureuse, qui éveille des sentiments qui l'aident à (re)dessiner les contours d'une vie à laquelle elle ne s'attendait pas, mais surtout, qu'elle va partager de/à nouveau, avec quatre personnes qui jusqu'à hier, lui étaient totalement inconnues. Enfin presque.

Vous pensez que je me répète ? Vous avez sans doute raison. En fait j'ai ressenti la même chose à la lecture de ce livre. Certes l'histoire est (heureusement) portée par une écriture assez dense, mais, en plus, elle exécute à plusieurs reprises les mêmes figures, à l'instar d'un patineur qui revient au même endroit sur la glace pour améliorer sans cesse un même geste. J'ai donc survolé certaines pages. Buté sur d'autres, au phrasé complexe, obtus... à la philosophie bien particulière : "L'éternité se trouve dans chaque instant présent qui s'enfuit mais dont on pense qu'il contient cette éternité".. (J.C Vandamme, sors de ce livre !)
Pourquoi l'ai-je parcouru jusqu'à la fin ? Pour la connaître, pardi, la fin ! Enfin, je pensais..

Note : 6/10

Les commentaires sont fermés.