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mercredi, 22 août 2007

Au secours pardon

59963f19bae877aafa9e7b0114c66c32.jpgAuteur: Frédéric Beigbeder

Voici donc le dixième livre de frédéric Beigebeder! Qui pour moi n'a commis aucune faute de goût dans son parcours littéraire, sa façon d'écrire tout en autodérision, et ses histoires romantico-égoîste m'ont toujours fait rire et aussi, il faut l'avouer  réfléchir...sur ma condition de terrien dans notre société de consommation immorale et cynique.

Dans ce livre on retrouve le héros "de 99 francs", Octave Parango par le biais duquel Beigebeder  dénoncait les dérives du monde de la publicité et  de la manipulation des médias sur nos cerveaux pour acheter un maximum de choses souvent inutiles.

Beigebeder réitère cette attaque en règle du système capitaliste, et tape  ce coup-ci  sur le monde de la mode, à la véritable traite des blanches que génére cette industrie censer pourtant  rendre les femmes du monde entier plus belles... Pire encore à la tendance actuelle de débaucher des filles de plus en plus jeunes, dans un monde sans pitié et par là même standardiser les canons de beauté vers une image de femme enfant, à deux doigt de l'incitation à la pédophilie...  Mais si ces dérives qu'il expose dans ce livre ne nous surprenne pas vraiment, il suffit de voire les couvertures de Elle ou de voir les ennuis de Kate Moss ou de Naomi Cambell pour entrevoir ce monde sulfureux. La véritable révélation de ce roman est la description de la Russie actuelle (très inquiétante), qui est plongée dans un système capitaliste très violent et où le pouvoir de certains oligarques russes qui vivent comme des nababs entraîne des désartres humains, dans une société  de plus en plus nationaliste et quasiment fachiste...

 Octave  attiré par l'appât du gain et véritable obsédé sexuel qui multiplie les conquêtes féminines est devenu après sa sortie de prison  un talent scout , c'est à dire un chasseur de futurs mannequins pour la firme l'Idéal "mon métier n'en était pas vraiment un : "talent scout" même le nom est pathétique j'étais payé pour chercher la plus belle fille du monde et en Russie j'avais l'embarras du choix" (...) mon modèle était Dominique Galas, le célèbre Français qui a découvert Claudia Schiffer en 1987 dans une discothèque de Dusseldorf. Je l'ai rencontré sur une plage de Saint Barthélemy où il a pris sa retraite à 43 ans."

 La société de cosmétique l'IDEAL visant à redorer son blason et à conquérir de nouvelles parts de marché charge Octave de trouver la première top model "humanitaire", une tchéchène en Russie! Celui-ci   toujours en proie à des problèmes de consciences  en rapport à sa vie de débauche se confesse à un pope qu'il a rencontré à Paris dans un café à la mode, l'homme lui présente Léna une adolescente de 14 ans.Le quadragénaire tombe immédiatement amoureux de l'adolescente pour lui la descente aux enfers va commencer.

Ce roman est le livre le plus sombre de Beigbeder et aussi je trouve le plus réussi depuis 99 francs (prix interallié 2000).

                                            AGENT BEN.

EXTRAIT

 


J'avais donc accepé une mission particulière: trouver le nouveau visage de l'Idéal, le leader mondial de l'industrie cosmétique. Comme je vous l'ai expliqué, dans notre monde blasé, seule l'innocence fait vendre. La division grand public de l'Idéal voulait "moderniser" son ambassadrice (traduire: "virer la vielle peau").

Leurs plans de com' sont cloisonnés par tranches d'âge: les 15-35 ans (problèmes de peaux acnéiques); les trentenaires (qui croient qu'elles ont encore vingt ans); les quadragénaires (qui rêvent qu'elles ont encore trente ans); les quinquagénaires (qui espèrent que leur lifting e se voit pas trop). Moi coup de bol, je m'occupais des 15-35, c'est à dire davantage des 1 que des 35. J'avais été nommé scout par l'agence de mannequins Aristo(...) Je ne pense pas qu'il existe un meilleur moyen de rencontrer des femmes splendides et de les allonger dans son lit. Je dois reconnaître que jamais en France, même à ma grande époque de faste et de lucre, je n'avais fréquenté pareilles merveilles. Ce ne sont plus des canons, ni des avions, ni des ombes atomiques; ici il faut parler de missiles nucléaires, d'armes de destruction massive, de fusées interplanétaires. La base de lancement des vaisseaux Soyouz n'est pas à Baïkonour mais à Moscou! La plupart des Français qui s'installent dans votre ville ne peuvent plus rentrer chez eux: ils savent pertinemment qu'en France, jamais ils n'auraient accès à des filles de cette beauté. Elles ne leur adresseraient tout simplement pas la parole, ils ne les croiseraient mêmepas: En France, très belles femmes vivent dans un ghetto parallèle, protégées du harcèlement des manants par des barrières invisibles. Ici on les ramène chez soi par paires, ou en grappes. J'ai rencontré un français qui n'arrive plus à faire l'amour à une seule fille à la fois."Une seule femme dans mon lit? J'ai oublié comment on fait!" Les plus ravissantes autochtones n'ont qu'une envie: qu'un riche en tombe amoureux, ou à défaut qu'un étranger les emmène en voyage. Même leurs râteaux sont agréables! Elles arrivent toujours à te faire croire qu'elles regrettent infiniment de ne pas pouvoir coucher avec toi, comme des doormen de casino qui t'expliquent que ce soir c'est complet mais s'arrangent pour ne pas te vexer, histoire que tu reviennes à la charge le lendemain, sait on jamais, la vie est longue...

08:20 Publié dans contes rendus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : literrature | | | |  Facebook

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