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mercredi, 05 septembre 2007

La Tante Julia et le scribouillard

cf94a5be46b5d31cda418bd8159b305b.jpgAuteur: Mario Vargas LLOSA

Ce roman est un des premiers livres à succès du plus grand écrivain sud américain Mario Vargas LLOSA.

Celui-ci parle dans son roman à la première personne, ce livre est largement inspiré de sa vie. De la belle histoire d'amour qu'il eut avec sa Tante Julia et qu'il épousa dans la vraie vie.

Cette belle romance se passe à Lima (Pérou) qu'il décrit à travers plusieurs histoires qui se succèdent hautes en couleurs où l'on trouve des personnages de la bourgeoisie locale, des policiers, des curés etc...

                                      

  Ce livre est aussi l'histoire de ses débuts en écriture, très laborieux  (tant ses nouvelles n'intéressent personne) alors qu'il est un étudiant en droit qui travaille à la radio  Panamérica comme pigiste aux infos.

C'est aussi l'histoire du loufoque  Pédro Camacho qui tient en haleine tout le Pérou avec ses feuilletons radiodiffusés.

Ce livre est très riche, on ne si ennuie pas une seconde, l' histoire d'amour  cachée et tabou du jeune homme et de sa tante nous tient en haleine tout le long du livre et les histoires parallèles à celle-ci sont toujours originales et marquantes.

Vargas Llosa signe là un petit chef d'oeuvre d'écriture à lire pour sa légéreté, sa bonne humeur et son romantisme.

Agent Ben.

Extrait

 


-Est-ce qu'on peut dire que c'est notre nid d'amour? me demandait tante Julia. Ou est ce que ça fait un peu cucul?

-Bien sûr que ça fait cucul, on nepeut pas le dire, lui répondais je. Mais nous pouvons l'appeler Montmartre.

Nous jouions au professeur et à l'élève et je lu expliquais ce qui était cucul, ce que qu'on ne pouvait pas dire ni faire et j'avais établi une censure inquisitorialedans ses lectures, lui défendant tous ses auteurs favoris, depuis Frank Yerby jusqu'à Corin Tellado. Nous nous amusions comme des fous parfois Javier intervenait, avec une dialectique fougueuse, dans ce jeu des choses cucul la praline.

   A la lecture de "la tante Eliana" Pascual et Grand Pablito asistèrent aussi, parce qu'ils se trouvaient là et que je n'eus pas le front de les chasser, et c'est  une chance parcequ'ils furent les seuls à applaudir à ma nouvelle, quoique, comme ils étaient mes subordonnés, leur enthousiasme devînt suspect. Javier la trouva irréelle, personne ne croirait qu'une famille condamne à l'ostracisme une jeune femme parce qu'elle se marie avec un chinois il m'assura que si son mari était noir ou indien l'histoire pouvait être sauvée.

Tante Julia me port l'estocade en estimant que la nouvelle était mélodramatiqueet que certains mots, tels que tremblante et sanglotante, lui avaient paru cucul... Je commençais à défendre "La tante Eliana" quand j'aperçus à la porte du cagibi la petite Nancy. Il suffisait de la voir pourcomprendre la raison de sa présence:

-Cette fois le scandale a éclaté, dit elle précipitamment.

Pascual et le grand Pabito, flairant une bonne histoire de famille, allongèrent la tête. Je contins ma cousine, demandai à Pascual de préparer le bulleti de neuf heures, et nous descendîmes prendre un café. A une table du Bransa elle nous détailla la nouvelle. Elle avait surpris, tandis qu'elle se lavait la tête, une conversation téléphonique entre sa mère et sa tante Jesus. Son sang s'étais gaçé en entendant parler du petit couple et en découvrant qu'il s'agissait de nous. Ce n'était pas très clair, mis ils étaient au courant de nos amours depuis pas mal de temps, parce qu'à un moment la tante Laura avait dit: "Tu te rnds compte même Camunchita les a vus une fois qui se tenaient par les mains ces dévergondés, à l'Olivar de San Isidro" (quelque chose que nous avions effectivement fait, un seul après midi, il y avait des mois de ça). En sortant de la salle de bains( " toute tremblante", disait elle) la petite Nancy s'était trouvée face à face avec sa mère et avait tâché de dissimuler(...) mais la tante Laura la fit taire et la gronda en l'appelant " entremetteuse de cette dévoyée".

-La dévoyée, c'est moi? demanda Tante Julia, plus curieuse que furieuse.

-Oui c'esttoi, expliqua ma cousine en rougissant. Ils croient que c'est toi qui as tout manigancé.

-C'est vrai, je suis mineur, je vivais tranquillement en suivant mes cours de Droit, jusqu'à ce que, dis je mais personne ne rit.

-S'ilssavent que je vous l'ai dit, ils me tuent, dit la petite Nancy. Ne dites pas un mot, jurez le moi.

Ses parens l'avaient avertie formellement que si elle commettait quelque indiscrétion ils l'enfermeraient pendant un an sans sortir même pour aller à la messe. (...) La famille savait tout depuis le début et avait gardé une attitude discrète en pensant qu'il s'agissait d'une bêtise, de la coquetterie sans conséquence d'une femme légère qui voulaitinscrire à son tableau de chasse une conquète éxotique, un adolescent.

-même les grands-parents étaient au courant, par un ragot de la Tante Celia-C'était une honte, quelque chose qui allait nuire au petit (c'est à dire moi) qui, depuis que la divorcée lui avait tourné la tête, n'avait probablement plus l'esprit à ses études, la famille avait décidé d'intervenir.

-Et que vont-ils faire pour me sauver? demandai je, pas encore trop effrayé.

-Ecrire à tes parents, me répondit la petite Nancy. Ils l'ont déjà fait. Tes oncles Jorge et Lucho. (...)

-Tu es devenu tout pâle, Varguitas. Cette fois tu tiens un bon sujet de nouvelle...

 

07:20 Publié dans contes rendus | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature | | | |  Facebook

Commentaires

Bonjour, après notre désaccord sur A. Jardin, là je vous rejoinds totalement sur la qualité de ce roman de Mario Vargas Llosa. Je l'ai lu il y a très longtemps et je garde en mémoire un excellent souvenir de ce livre. Je dirais même que j'ai la chance de posséder l'édition de 1979, année de sa traduction pour Gallimard.

Écrit par : silvi | jeudi, 13 septembre 2007

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