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mardi, 09 octobre 2007

L'Africain

 

 

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Jean Marie Le Clézio serait cette année ( voir Lire magazine septembre 2007) sur la liste des romanciers succeptibles d'obtenir le célèbre Prix Nobel de littérature. Pour découvrir un peu de la vie de l'un des écrivains francophones du vingtième siècle, et aussi son art, je vous  recommande ce très joli petit livre "L'Africain" dans lequel l'auteur revient sur son enfance en Afrique,  au Nigéria.

 

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Dans ce livre autobiographique Le Cézio nous emmène une nouvelle fois en voyage, au coeur de la savane,  dans le village d'Ogoja, au Nigeria. Là il vit ces premières sensations d'enfance après l'occupation en France:"En partant pour l' Afrique, nous avions changé de monde. La compensation à la discipline du matin et du soir, c'était la liberté des jours. La plaine d'herbes devant la case, c' était immense, et dangereux comme la mer".

Ce livre est surtout un vibrant hommage à son père médecin anglais qui après des études universitaires payées aux frais de l'Etat anglais part très jeune dans les colonies anglaises pour s'acquitter de cette dette...  Médecin de fortune de la misère, cet homme arrivé en Afrique à l'âge de vingt ans en 1928 , séparé longtemps de sa famille notamment pendant la  seconde guerre mondiale est un véritable "héros anonyme". "Mon père est arrivé en Afrique en 1928, après deux anées passées en Guyane anglaise comme médecin itinérant sur les fleuves. Il en est reparti au début des années cinquante, lorsque l'armée a jugé qu'il avait dépassé l'âge de la retraite et qu'il ne pouvait plus servir.Plus de vingt ans durant lesquels il a vécu en brousse ( un mot qu'on disait alors qu'on ne le dit plus aujourd'hui, seul médecin sur des territoires grands comme des pays entiers, où il avait la charge de la santé de milliers de gens".

   L'homme que j'ai rencontré en 1948, l'année de mes huit ans, était usé, vielli prématurément par le climat équatorial, devenu irritable à cause de la théophylline qu'il prenait pour lutter contre les crises d'asthme, rendu amer par la solitude, d'avoir vécu toutes les années de guerre coupé du monde, sans nouvelles de sa famille, dans l'impossibilité de quitter son poste pour allr au secours de sa femme et de ses enfants, où même de leur envoyer de l'argent. La plus grande preuve d'amour qu'il a donnée aux siens, c'est lorsqu'en pleine guerre, il traverse le déert jusqu'en Algérie, pour tenter de rejoindre sa femme et ses enfants et les ramener à l'abri en Afrique. Il est arrêté avant d'atteindre Alger et il doit retourner au Nigéria. Ce n'est qu'à la fin de la guerre de la guerre qu'il pourra  revoir sa femme et faire la connaissance de ses enfants(...). De longues années d'éloignement et de silence , pendant lesquelles il a continuer à exercer son métier de médecin dans l'urgence, sans médicaments, sans matériel, tandis que partout dans le monde, les gens s'entre-tuaient -cela devait être plus que difficile, cela devait être insoutenable désespérant. Il n'en a jamais parlé. I l n'a jamais laissé entendre qu'il y ait eu dans son epérience quoi que ce soit d'exeptionnel...

Un roman court (104 pages) dans lequel Le Clézio développe une nouvelle fois toute sa force narrative, un beau livre sur la figure du père, sur l'Afrique et les souvenirs de l'enfance.

AGENT BEN.

 

 

 

                                                                                                                                                         

                     

                                                                                                                          

Commentaires

Bonsoir, j'ai lu quelques romans de le Clezio - Désert, Le chercheur d'or et la qurantaine, mais celui là je crois que j'ai déccroché - et c'est un superbe auteur ; il peut mériter le prix noble ! J'essaierai probablement celui que vous présenté.

Écrit par : silvi | mardi, 09 octobre 2007

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