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mercredi, 31 octobre 2007

SAN ANTONIO "Valsez, pouffiasses"

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Rions un peu c'est les vacances. Attention...Cheeeese!

Béru hésite puis théâtral, relève sa blouse bleue, déboutonne son grimpant et sort son outil à ramoner les dargeaots.

-Comme t'es pas mal bousculée, si tu s'rais copérante, t'aurais droit au super-guisseau de môssieur, ma mignonette. C'est pas du braque d'archiduc, ça? Et encore, tu contemp' alors qu'il est comme qui dirait en pantoufles, l'apôtre. Mais tu le verrais caracoler du gland, du coup tu chantes le grand air de l'Acné! Ah! j'voye à ton regard qu'il t'intéresse mon Pollux, pas vrai? Tu chatoyes de la moniche, ma loute! Tu permets qu'j'controlasse?

Il coule sa main sous la jupe de Miss Lowitz.

-Moi l'uniforme Air France, ça m'a toujours excité. Fais voir! Qu'est-ce j'disais! Elle a l'escardinche qui s'laisse aller, la mère! Et pas qu'un peu, mon n'veu!Oh! dis donc, t'es pas feignasse des glandes, toi!Inutile d't jouer l'Beau Danube bleu pour qu't'humectes du sensoriel! Lève-toi un peu, minette! Là maint'nant assoye toi su' mon gros zygomatique joufflu. T'as vu qu'il est sous pression, l'artiss'? Opérationnel jusqu'aux roustons! Pose-toi, j'te dis! Qu'est ce tu risques pusq'c'est toi qui contrôles la dévalable? Tu m'enfournes à ta botte, si j'pourrais dire. Mollo, la glissade sur la rampe. Qu'est ce tu dis? T'as gardé ta culotte? Ca te cigogne le frifri? Voilà! cric-crac merci Kodac! On peut batifoler tout notre chien de soûl! C'est bonnard, non?Tu joues sul'velours. Maintenant qu'la tronche est passée, l'reste c't'une prom'nade d'santé. Continue d'm'gainer la rapière, chérie! C'te science! Merde, on comprend qu't'aimes mieux ça qu'd faire du point croix! Dans ta situasse, y aller à la langoureuse, pareillement, faut pas craindre!

"San Antonio, tu pourrais p'têtre poser tes questions à cette friponne du temps qu'on lime, les deux, ça s'rait un gain d'temps. J'ai idée que la pointe, ça la conditionne mieux que les m'naces. Ya des gens qui sont un sifflet*. Le tisonnier rougi dans le fion, ça la laisse froide, mais un beau chibre qui y effervesce ça lu disjoncte la volonté. Surtout que là, matte comme elle langoure bien. J'laide en lu r'montant le baigneur à deux mains, pas qu'é peinasse dans les côtes! C'est gode for you, hein, ma bioutifoule?"

-Mademoiselle Lowitz, risqué-je, je suis au courant du téléphone clandestin dans la cahute du cantonier. Je sais beaucoup de choses sur vous ( là je bluffe, mais hein,). Beaucoup, mais pas tout, or je dois tout connaître. Etes-vous d'accord pour répondre à mes questions?

Mais la dame, elle, a d'autres chats à fouetter: le sien!

-Après, apèèèèèès! gémit-elle en accélérant sa gym.

*Nous estimons que Bérurier par " qui sont un sifflet" a voulu dire "qui sont ainsi faits". Qu'on lui pardonne le lapsus. compte tenu des circonstances.         l éditeuse.

Extrait de San-Antonio 141 "Valsez pouffiasses" éditions fleuve Noir 1989.

Sur la route

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Il y a des livres mythiques le  "Sur la route" de Jack Kerouac en fait partie parcequ'il est intemporel. Ce livre est une ôde à la liberté, à  l'échappée belle, à l'épuisement de sa jeunesse toutes les nuits sur des airs de musiques qui vous font oublier un futur décidé par les adultes, par une société endormie et sécuritaire. Les filles à prendre, l'ivresse à aller chercher, et le rythme à suivre toujours et encore, enfiévrés et saouls de tous ses sens, Kérouac et ses potes l'ont fait: Vivre à cent à l'heure dans une Amérique d'après guerre triste et à réinventer. La BO de ce livre c'est le jazz, des  airs vifs et entêtants jusqu'à la transe le "hole" magique et libérateur que seule la jeunesse peut atteindre.

Jeune! si la morosité t'atteind! tente  toi aussi  le grand voyage pars sur les routes! Choisis le mouvement, et n'oublie pas  ce  guide "Sur la route" de Kérouac!

Extraits: 1) Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre?...

Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare.

2) Tout à coup je me trouvai à Times Square. J'avais parcouru huit mille milles à travers le continent américain et j'étais de retour à Times Square; et même en plein dans une heure de pointe, contemplant avec mes yeux naïfs de routier la démence absolue et la fantastique fanfaronnade de New York avec ses millions et ses millions de types se chamaillant pour un dollar, le cauchemar démentiel: empoigner, prendre, céder, soupirer, mourir, tout cela pour finir dans les ignobles cités funéraires qui se trouvent derrière Long Island City. Les hautes tours de ce continent, de l'autre bout du continent, l'endroit où l'Amérique de la paperasse est née.

49d2f5141cba7b0e4f294b4a5b7f7717.jpg Ce livre est paru en 1957, il a 50 ans Joyeux anniversaire!! il a été écrit par  un grand poête voyageur:  Jack Kérouac .

"Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bailler."

Jack Kérouac (12 mars 1922- 21 octobre 1969)

mardi, 30 octobre 2007

Lettre de Guy Moquet le 22 octobre 1941

GUY Môquet

Châteaubriant, camp de Choisel (Loire-Inférieure)

22 octobre 1941

Ma petite maman chérie,

Mon tout petit frère adoré,

Mon petit papa aimé,

Je vais mourir! Ce que je vous demande, à toi en particulier petite maman, c'est d'être très courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et René. Quant à mon véritable, je ne peux le faire, hélas! jespère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour.

A toi, petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup, qu'il étudie, qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans et demi. Ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.

Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d'enfant, Courage!

                                                              Votre Guy qui vous aime.

                                                                                              Guy.

 

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Lycéen parisien, Guy Moquet fut arrêté à la gare de l'Est où il distribuait des tracts anti-Nazi. Il est fusillé avec 26 de ses camarades en réprésailles de l'assassinat de l'officier Karl Hotz. Il est le plus jeune des vingt- sept otages assassinés du camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941.

lundi, 29 octobre 2007

La Destruction

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Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon;

Il nage autour de moi comme un air impalpable;

Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon

Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon amour de l'ART?

La forme de la plus séduisante des femmes,

Et, sous de spécieux prétextes de cafard,

Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,

Haletant et brisé de fatigue, au milieu

Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion

Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,

Et l'appareil sanglant de la Destruction!

Baudelaire  extrait "les fleurs du mal" 1861.

L'âme de Kyudo

b8854abe7db5a88e30b24e6aad6cf6e7.gifTitre: L'âme du Kyodo

auteur: Hiroshi Hirata

genre: Historique Samouraï Arts Martiaux

Ce Manga que son auteur Hirata Hiroshi a présenté en avant première au Festival de la Bande dessinée d'Amiens 2007 et que j'ai eu l'honneur de rencontrer à cette occasion (comme quoi il faut toujours aller dans les festivals de bandes dessinées, les dessinateurs y sont toujours très accessibles) est un chef d'oeuvre.

                              Cet album ravira les amateurs d'arts martiaux tant l'esprit de ses arts martiaux est authentiquement retranscrit dans ce manga. Les dessins de Samouraï de Hirata dégagent toujours la même puissance, et servent encore une fois une histoire bien ficelée mêlant la petite histoire à la grande. 

A L' époque du Japon médiéval, au début du 17eme siècle une épreuve de tir à l'arc appelée Tôshiya est instaurée au temple de Sanjûsangen-Dô. Tentée par des Samouraïs  de tout le pays au péril de leur vie (l'échec dans ce tournoi se payait souvent par le seppuku*)pour faire honneur à leurs clans respectifs, l'épreuve consistait à faire passer le plus grand nombre de flêches d'un bout à l'autre du bâtiment sans toucher ni l'auvent ni le corridor de celui-ci.

Un jour alors que les Samouraïs du fief de Kii s'entraînent au tir  en rase campagne pour battre le record établit par le clan Owari un accident se produit: un paysan meurt transpersé par une flêche en pleine tête... De rage son fils Kanza se précipitte vers le Samouraï responsable du tir de ses hommes et lui tire une flêche entre les deux yeux... Sur le point d'être décapité sur le champs le jeune paysan est sauvé in extremis par le seigneur de Kii qui ayant remarquer le courage et l'habileté du jeune manant décide de l'instruire... au tir à l'arc. S'il réussit à battre le record établit et réputé imbattable par les théoriciens en arts martiaux, il sera fait Samouraï mais s'il échoue il devra s'ouvrir le ventre*... 

Le Samouraï du dessin japonais Hirata Hideshi (70 ans) nous livre  cette année son plus bel album.

 

AGENT BEN.

 

 

dimanche, 28 octobre 2007

L'amour est très surestimé

                          

 Je vous en parlais sur ce blog en avril: "l' amour est très surestimé" est un superbe recueil de nouvelles sur le thème de l'amour, son auteur Brigitte Giraud  vient de recevoir cette semaine la prestigieuse bourse goncourt de la nouvelle 2007, un prix littéraire mérité tant cet ouvrage est bien écrit:

 medium_image_upload.jpgL'amour est très surestimé de Brigitte Giraud est un recueil de 11 nouvelles dans lesquelles les personnages racontent la fin de leurs amours, des premiers signes de la déchirure amoureuse, en passant par le travail de deuil de la relation, jusqu'à la première rencontre avec un nouveau partenaire. Le mal d'amour est disséqué et parfaitement rendu par l'écriture simple et touchante de la belle Brigitte Giraud. La solitude et le mal qu'engendre la rupture peuvent faire penser en effet au titre de l'ouvrage.

Extrait:

Et ce temps aujourd'hui, qu'en faites vous?

Vous l'anéantissez. Vous évaluez, comparez interprétez. Vous faites de votre temps une échelles de valeurs. L'homme de votre vie est devenu un terrain d'expérimentation. Vous le mettez à l'épreuve, vous le forcez à rentrer dans des cases, celles qui vous conviennent. Vous lui assignez une place. Vous lui concédez un rôle. Vous exigez que rien ne dépasse. Vous le traitez comme un objet dont vous décidez de l'usage. Vous disposez de lui à volonté.

Vous avez idée de ce qu'il doit faire, penser, accepter. Vous voulez l'éduquer, le rééduquer. Vous ne l'aimez plus. Vous l'avez vidé de sa substance, vous l'avez usé.

Il est devant vous, démuni et fatigué. Et ainsi il ne vous plaît plus. Une coquille vide que vous avez aspirée. Peut-on aimer une coquille ? Peut-on aimer un homme qui ne se rebelle pas?

Est-ce que ça a commencé au premier jour ? Est-ce vous qui avez tué votre histoire ? On dit que la fin est inscrite dans le commencement. La faute à qui alors ? A celui qui s'est laissé dévorer ?

                         Brigitte Giraud " L'amour est surestimé" (2007 aux éditions Stock).

Prière

C'est sur les prières exaucées que l'on verse le plus de larmes.

Truman Capote

samedi, 27 octobre 2007

L'inespérée

 

"Elle est sale. Même propre elle estsale. Elle est couverte d'or et d'excréments, d'enfants et de casseroles. Elle règne partout. Elle est comme une reine grasse et sale qui n'aurait plus rien à gouverner, ayant tout envahi, ayant tout contaminé d sa saleté foncière. Pesonne ne lui résiste. Elle règne en vertu d'une attirance éternelle vers le bas, vers le noir du temps. Elle est dans les prisons comme un calmant. Elleest en permanence dans certains pavillons d'hôpitaux psychiatriques. c'est dans ces endroits qu'elle est le mieux à sa place. : on ne la regarde pas, on ne l'écoute pas, on la laisse radoter dans son coin, on met devant elle ceux dont on ne sait plus quoi faire. Les jours, dans les hôpitaux comme dans les prisons, sont plus longs que des jours. Il faut bien les passer. On lui fait garder les invalides mentaux, les prisonniers et les vieillards dans les maisons de retraite. Elle a infiniment moins de dignité que ces gens-l, assomés par l'âge, blessés par la Loi ou par la nature. Elle se moque parfaitement de cette dignité qui lui manque. Elle se contente de faire son travail. Son travail c'est salir la douleur qui lui est confiée et tout agglomérer - l'enfance et le malheur, la beauté et le rire, l'intelligence et l'argent - dans un seul bloc vitré gluant. On appelle ça une fenêtre sur le monde. Mais c'est, plus qu'une fenêtre, le monde en son bloc, le monde dans sa lumière pouilleuse de monde, les détritus du monde versés à chaque seconde sur la moquette du salon."

 

vendredi, 26 octobre 2007

Fragments d'un journal d'enfer

Le temps peut passer et les convulsions sociales du monde ravager les pensées des hommes, je suis sauf de toute pensée qui trempe dans les phénomènes. Qu'on me laisse à mes nuages éteints, à mon immortelle impuissance, à mes déraisonnables espoirs. Mais qu'on sache bien que je n'abdique aucune de mes erreurs. Si j'ai mal jugé, c'est la faute à ma chair, mais ces lumières que mon esprit laisse filtrer d'heure en heure, c'est ma chair dont le sang se recouvre d'éclairs.

Il me parle de Narcissisme, je lui rétorque qu'il s'agit de ma vie.

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extrait de "fragments d'un journal d'enfer" Antonin Artaud. éditions des cahiers du sud mars 1927.

jeudi, 25 octobre 2007

Aimer quelqu'un, c'est le lire

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Aimer quelqu'un, c'est le lire. C'est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le coeur de l'autre, et en lisant le délivrer. C'est déplier son coeur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à lui-même un livre écrit dans une langue étrangère. Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade, et quand je regarde un visage, j'essaie de tout lire, même les notes en bas de page. Je pénètre dans les visages comme on s'enfonce dans un brouillard, jusqu'à ce que le paysage s'éclaire dans ses moindres détails. Nos propres actes nous restent indéchiffrables. C'est peut-être pourquoi les enfants aiment tant qu'on leur raconte sans fin tel épisode de leur enfance. Lire ainsi l'autre, c'est favoriser sa respiration, c'est-à-dire le faire exister. Peut-être que les fous sont des gens que personne n'a jamais lus, rendus furieux de contenir des phrases qu'aucun regard n'a jamais parcourues. Ils sont comme des livres fermés. Une mère lit dans les yeux de son enfant avant même qu'il ne sache s'exprimer. il suffit d'avoir été regardé par un nouveau-né pour savoir que le petit d'homme sait tout de suite lire. Il est même comme les grands lecteurs : il dévore le visage de l'autre. On lit en quelqu'un comme dans un livre, et ce livre s'éclaire d'être lu et vient nous éclairer en retour, comme ce que fait pour un lecteur une très belle page d'un livre rare. Quand un livre n'est pas lu, c'est comme s'il n'avait jamais existé. Ce qui peut se passer de plus terrible entre deux personnes qui s'aiment, c'est que l'une des deux pense qu'elle a tout lu de l'autre et s'éloigne, d'autant qu'en lisant on écrit, mais d'une manière très mystérieuse, et que le coeur de l'autre est un livre qui s'écrit au fur et à mesure et dont les phrases peuvent s'enrichir avec le temps. Le coeur n'est achevé et fait que quand il est fracturé par la mort. Jusqu'au dernier moment le contenu du livre peut être changé. On n'a pas la pleine lecture de ce qu'on lit tant que l'autre est vivant. Dieu serait le seul lecteur parfait, celui qui donne à cette lecture tout son sens. Mais la plupart du temps, la lecture de l'autre reste très superficielle et on ne se parle pas vraiment. Peut-être que chacun de nous est comme une maison avec beaucoup de fenêtres. On peut appeler de l'extérieur et une fenêtre ou deux vont s'éclairer, mais pas toutes. Et parfois, exceptionnellement, on va frapper partout et ça va s'éclairer partout, mais ça, c'est extrêmement rare. Quand la vérité éclaire partout, c'est l'amour.

Mémoires d'un jeune homme dérangé

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Je me suis acheté un fusil à canon scié. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J e suis incapable de me servir de cet engin et je ne vois pas pourquoi j'en aurais besoin : je suis naturel plutôt calme et mes ennemis se comptent sur les doigts d'une main. De plus ce truc m'a coûté une fortune. Mais je le regarde il est joli.

Il arrrache la tête d'un être humain à cinquante mètres.

Nous restions dans notre lit, nous nourrissant exclusivement de foie gras et de Coca Cola (l' anorexie est un hédonisme), regardant les vidéos-clips à la télévision jusqu'à la fin des émissions. Ils nous arrivait aussi de manger des pistaches mais cela me donnait des aphtes. Quoi d'autre? Nous apprenions par coeur les dialogues de Michel Audiard, volions les verres dans les soirées, roulions vite en écoutant Cat Stevens, Peau d'Ane de Michel Legrand, Sarah Vaughan, pensions que rien ne pourrait nous arrêter, qu'on pouvaient être heurux impunément. Nous n'avions pas encore lu E.M Cioran: nous étions adorable.

La chatte nous réveillait pour son déjeuner. J'aimais bien la clarté de nos relations: L'amour en échange de la bouffe. Nos rapports s'établissaient sur des bases sûrement plus saines que chez la plupart des êtres humains. A peine lui tendais je son assiette que le ronronnement s'enclenchait: DONNANT DONNANT.

J'étais de bonne humeur, j'avais horreur de ça. N'importe quoi me faisait sourire et je n'arrêtais pas de remplir mes poumons d'air frais. J'ai même eu les larmes aux yeux en regardant un soap opéra. La joie de vivre ne m'a jamais réussi. Reiser disait que les gens heureux le faisaient chier. Je partage cette opinion, tant pis s'il en est mort.

   Anne m'apportait des croissants et , même si je ne ronronnais pas, je n'en pensais pas moins.Puis c'étaient des baisers sur ses yeux dans chaque pièce de l'appartement et des déclarations d'amour surtout dans la chambre à coucher. A partir du moment où Anne était vraiment la plus jolie fille sur terre, pourquoi le lui cacher?

   Nous étions si mignons. Nous buvions de la Williamine. Ou bien nous sabrions le champagne dans le port de Socoa: Du Moët et des mouettes. J'avais de la chance, Anne tolérait mes calembredaines.

Ainsi passa beaucoup de temps e je sortais de moins en moins.

Quand on aime, on ne compte pas. Si: On compte les jours et les heures, parfois les minutes.

Anne ne m'a pas donné de nouvelles pendant deux jours et j'ai vielli de dix ans. J'ai surveillé le téléphone, démonté le téléphone, remonté le téléphone. J'aurai pu passer mon C.A.P de téléphonicien. Anne a fini par venir. Son père était hospitalisé.

Je n'ai même pas pu l'engueulé!

Extrait de "Mémoires d'un jeune homme dérangé" de Frédéric Beigbeder édit: La table ronde, Paris 1990.

mercredi, 24 octobre 2007

Borgia T.1 "Du sang pour le pape"

cce718402b8149b51eaa1a0d7161e9b3.jpgauteur: Jodorowsky

Dessins: Manara

Série: Borgia (genre: Historique, érotique)

Quand le maître de la bande dessinée érotique Manara (Kama Sutra, l'art de la fessée) rencontre l'auteur mysthico déjanté Jodorowsky ça fait mal...

Les deux artistes s'adonnent dans cette série à leurs obsessions respectives: Pour l'un l'érotisme torride, pour l'autre la religion. Ces deux thèmes ne pouvaient se rejoindre que dans cette période sulfureuse de l'Histoire, la fin du quinzième siècle où les papes décadents de Rome étaient polygames et assoiffés de pouvoir.

A la fin du 15ème siècle le pape Innocent VIII agonise et les remêdes (transfusion de sang de jouvenceaux et lait tété au sein d'une jeune mère) de son dévoué ami le cardinal espagnol Rodrigo Borgia ne suffisent pas à  le guérir. Il finit par mourir...

 Dés lors les cardinaux vont multiplier les intrigues pour succéder au Pape. Tous les moyens sont bons (assassinat,prostitution, corruption)  pour l'ambitieux et diabolique cardinal  Rodrigo Borgia pour acquérir  la fonction papale pour assurer à sa nombreuse progéniture (il a deux garçons et une fille "Lucrèce") la fortune et le pouvoir.

Une bande dessinée "historique" très violente et sulfureuse" pour adultes avertis uniquement.

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AGENT BEN.

 

mardi, 23 octobre 2007

Le ministère de la Culture demande conseil à Google

Christine Albanel a rencontré le patron de Google France pour lui demander suggestions et recommandations sur les moyens d’améliorer la visibilité du patrimoine culturel français sur Internet.

Christine Albanel, ministre de la Culture, veut « accélérer le calendrier de la constitution du “Patrimoine numérique français” ». Pour ce faire, elle a demandé à Mats Carduner, président de Google France, « de formuler prochainement ses suggestions voir ses recommandations à l’attention du ministère de la Culture et de la Communication pour augmenter la visibilité du patrimoine culturel français sur l’Internet ».
Depuis le 1er août, quelque 1,5 million de documents numérisés sont consultables sur le portail « Collections » du site du ministère. « La constitution de ce patrimoine numérique est l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle des prochaines années », insiste le ministère dans un communiqué publié le 3 octobre, qui précise aussi : « la ministre a rappelé à Mats Carduner l’attachement du gouvernement français au respect du droit d’auteur sur les réseaux de l’information. Le président de Google France lui a présenté les outils développés sur la plateforme de partage de vidéos Youtube pour détecter les contenus illicites et permettre aux ayants droit de protéger leurs œuvres ».
Le précédent gouvernement manifestait une défiance certaine à l’encontre du moteur de recherche américain, soupçonné de véhiculer une culture uniformisée et sans repère, notamment via son projet « Recherche de livre ». Il avait vivement soutenu l’ancien président de la BNF, Jean-Noël Jeanneney, dans son projet de bibliothèque numérique qui avait pris des allures de croisade contre Google. La numérisation massive de livres sous droits, effectuée aux Etats-Unis par le moteur de recherche, fait aussi l’objet d’une assignation en justice par le groupe La Martinière, auquel se sont joints le Syndicat national de l’édition et la Société des gens de lettres.

capté

lundi, 22 octobre 2007

Bobin - 2ème

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"Ca commence comme ça, ça commence toujours comme ça, c'est par les livres que ça commence. Les premiers livres, les premières nuits miraculées de lire, les yeux rougis, le coeur battant. La lecture intervient très tard dans la vie : vers les six, sept ans après la fin de l'éternel. Avant de savoir lire, on écoute les voix qui épellent le monde, la voix des proches, le murmure de l'eau vive  sur les sables du sang. La lecture suscite une absence qui ramène vers  cette prime enfance, au bord de cet amour qui à jamais manquera de mots. On est derrière la porte du livre. On écoute une voix si claire que l'on retient son souffle pour bien l'entendre. On écoute la voix calme dans la nuit noire - comme une parole sans phrase dans laquelle un chagrin s'endort peu à peu, d'un sommeil inavouable, bienheureux. On a un âge. On a un nom. On a une vie qui vous attend. Elle n'est pas faite pour vous, elle n'est faite pour personne. Elle vous attend."

Baby Shambles Shotter's Nation

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                                          Au boulot conversation avec une collègue:

-Tu as vu y'a Nicolas y vient de divorcer d'avec Cécilia!

-Ouais l'amour ça finit toujours mal... Pete Doherty est plus avec Kate Moss aussi...

-Ah ces deux camés on s'en fout!

-Non on s'en fout fout pas! Pete c'est un super musicien, il vient de sortir un putain d'album de rock! il  s'appelle Shotter's Nation! Nation de dealers en français!

-Ah bah c'est bien ce que j'disais c'est drogué et compagnie, bon en tout cas Cécilia elle va gagner le pactole!

                                        - Mouais...

 Il est parfois difficile  aujourd'hui de parler à la plupart de ses contemporains, me reste plus qu'à attendre deux heures et je serais chez moi à écouter ce superbe album!

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Ce garçon a ma gauche c'est Pete Doherty ancien chanteur des Libertines, dont l'excellent premier album (Libertines) avait fait renaître le Punk à Londres .

Pete en bonne rock star destroy qui se respecte a sombré rapidement dans la vie de débauche, il a multiplié les conquêtes féminines, s'est adonné  à corps perdu aux paradis artificiels, à jouer la  provoque jusqu'à... ne plus pouvoir tenir debout sur scène.

 Ulcérés par ses frasques les LIBERTINES se séparent de lui il y a deux ans. Cas cela ne tienne le nouveau rebel de l'Angleterre fonde un second groupe les Baby Shambles. De plus le rockeur le plus sulfureux d'Angleterre tombe amoureux et file le parfait amour avec la non moins sulfureuse top modèle Kate Moss... oui la fille de la pub Opium... Le couple fait la une de tous les magazines people de la planète, Pete le rockeur est maintenant aussi bien connu des kids  que des ménagères de plus de 50 ans mais pas pour les bonnes raisons. Car l'homme est avant tout un song writter de talent, doublé d'un musicien de talent.

  En 2007 Après avoir été quitté par la belle kate et multiplié les ennuis avec la justice British, Pete,l' ennemi public de l'Angleterre puritaine fait son come back alors qu'on le disait presque mort et sur le point de finir définitivement en prison... C'est avec tout son talent que Pete revient de  remuer les foules et faire chavirer le coeur des British!

L'album Shotter's Nation est un bijoux. La voix de Pete vient crier le malaise de la jeunesse anglaise dans une joyeuse atmosphère nihiliste,légère et romantique. Délivery est le tube  imparable de l'album, la voix d'adolescent de Doherty se ballade sur les riffs de guitares de Mick Whitman. Les chansons au rythme joyeux et léger  sur lesquels Pete a écrit de véritable poèmes s'enchainent "You talk" , "the only one way in is through the windows". Un morceau exeptionnel très jazzy "there she goes" vous met la pêche dés le matin, "Carry on up the Mornig" est très enlevé aussi.

Shotter's Nation est un très bon album et prouve que Pete Doherty est un grand artiste et qu'il pourrait mettre à la retraite définitivement tous les sexagénaire du rock qui sont revenus sur scène ces temps-ci, Les Baby Shambles prouvent que le rock n'est pas mort!

AGENT BEN.