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jeudi, 15 novembre 2007

Tribulations d'un précaire

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Il est de ces livres inoubliables, tel Aurélien, d'Aragon, Notre-Dame de Paris, ou encore Belle du Seigneur. Au-delà d'inoubliables, d'inclassables, hors concours même. Incomparables. Et puis, il y a les autres. Ceux qui sont à jeter, à oublier. Entre les deux, il y a ceux qui nous font passer un bon moment, sans un battement de cil une fois lu le dernier mot, une fois refermé l'ouvrage. Distrayant. Il est vrai qu'il ne faut pas toujours chercher le livre (histoire et/ou style) qui va modifier irrémédiablement tout ou partie de votre être, vos tripes. Alors pour ça il y a Tribulations d'un précaire. Sympathique découverte, celle d'un auteur, d'un environnement. Découverte d'un genre, le genre qui paraît facile, de prime abord, banal, presque inutile d'ailleurs. Expliquez-moi pourquoi j'étais impatiente de le reprendre, à chaque interruption, pourquoi j'ai tant souri, presque hoché la tête à certaines réflexions.
Ce n'est pas le premier à nous parler des difficultés à trouver un emploi, de la précarité, la pourriture de la société. Dans celui-ci, nulle satire, nulle révolution, ni solution. Je serais presque tenté de parler de constat, mais ce n'est pas encore ça. C'est un parcours. Le parcours d'un homme ni lâche, ni courageux, qui a perdu depuis un bout de temps toute passion, ou peut-être n'en a jamais eu. Et qui s'en contente. Oui, c'est plutôt ça. Il espère avoir de quoi se nourrir le lendemain, le mois qui vient. Il aimerait, comme beaucoup, ne pas avoir à trimer 12 heures par jour dans un fast-food, à faire un boulot de manager pour le salaire d'un cuisto. Il aimerait ne pas avoir à s'embaquer sur un cargo de pêche en Alaska pour un an, croisière aux frais des poissons. Il aimerait ne pas avoir à passer des journées sur les routes, pour effectuer des déménagements hors normes. Ou pour aller remplir des cuves de fuel.
Ce n'est pas juste un livre qui confirme le sentiment d'injustice ressenti par les 3/4 de la planète. Ce n'est pas qu'un fantôme d'arbre abattu pour être lu. C'est aussi un guide à destination des courageux, à destination des rêveurs qui redescendent sur terre. L'on apprend à décoder certaines petites annonces, du genre de celles qui vous promettent bonheur et donc richesse en vendant des carafes filtrantes à vos amis.
En fait c'est un livre qui ne se range dans aucune catégorie, dans lequel chacun retrouvera une expérience professionnelle "insolite", et qui fera s'esquisser un sourire, par-ci, ou même par là. Sarcastique, drôle aussi, écrit avec du recul et gardant sa spontanéité.

C'est un peu comme La petite piscine au fond de l'aquarium. A ne pas mettre sous les yeux d'un blasé, ou de toute personne n'ayant pas encore mis les pieds dans le monde du travail (eh oui, je n'ai pas non plus la chance d'être rentière, ni fille de).

Note : 07/10

Un peu plus

Commentaires

J'aime bien "fantôme d'arbre abattu pour être lu". J'y penserai plus souvent.

Écrit par : mathilde | samedi, 17 novembre 2007

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