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mardi, 11 décembre 2007

Les boxeurs finissent mal... en général

3c9d85f9dc986b74f44894f18b879376.jpgSi vous êtes comme moi un amoureux du "noble art" ce livre s'adresse à vous.

Lionel Froissart, journaliste sportif à Libération depuis une vingtaine d'année, nous expose dans ce livre "Les boxeurs finissent mal...en général et  en douze round les destins tragiques de plusieurs grands champions de la boxe.

De Marcel Cerdan à Mike Tyson, d' Anthony Fletcher à Carlos Monzon tout ces champions du monde, ascètes et véritables bêtes de travail ont réussi par la force de leur poings, dans le sang et la sueur à s'élever dans la société, réussissant ainsi  à forçer le destin d'une  vie souvent mal engagé.

Mais si tout ces héros ont excellés dans l'art d'éviter et de donner des coups sur un ring. Ils n'ont pas pu pour la plupart  esquiver les coups du sort, les pièges tendus par l'argent facile,  et celui d'un mileux sulfureux (Mafia, femmes fatales, faux amis).

                                         12 Histoires authentiques, faites d'échecs, d'assassinats mais aussi de grandes victoires, et d'histoires d'amour qui ont forgés à jamais la légende de la boxe.

AGENT BEN.

extrait:


Harry connaît la musique Il y a tellement longtemps qu'il enchaîne ces gestes. D'abord, vérifier que son grand sac au cuir fatigué est vide. Le retourner pour le débarasser de la moindre poussière qui aurait pu s'y glisser. Le secouer avant de le remplir avec une précision maniaque. Au fond, bien à plat, poser une serviette immaculée empruntée à l'hotel. Cette fois, c'est celle du Carlyle, son préféré à New York. Caler la trousse de toilette avec les précieux tubes d'embrocation. Disposer, les unes à coté des autres, les bandes pour ses mains meurtries par tant de combats, sans oublier le ruban adhésif. Deux paires de chaussettes qu'il glisse dans chacune de ses chaussures montantes dont il a minutieusement retiré les interminables lacets. Une boîte de résine antidérapante qu'il appliquera lui-même sur chacune de ses semelles avant le combat. Enfin son short noir qu'il roule dans son immense peignoir sur lequel il pose, semblables à deux énormes boules de bowling, ses gants fétiches. Il place une photo dans une poche intérieure. C'est un portrait jauni de sa mère à l'âge de vingt ans, alors qu'elle débarquait des Etats Unis depuis l'Allemagne. Avant de refermer son sac, Harry rajoute sa vielle bible qui ne l'a jamais quitté depuis qu'il est monté pour la première fois sur un ring. Il range le sac dans un placard. Il y restera jusqu'au jour du combat. C'est une manie, quand Harry quitte sa chambre d'hôtel, il s'attarde devant un mirroir. Ce visage n'est plus le sien. Il ne l'aime pas. Il ne l'aime plus. Pourtant le cheveu est impeccablement gominé, avec une raie comme tirée au cordeau. Ses arcades sourcillières sont à peine marquées, ses pommettes n'ont jamais été coupées. Bien sûr, il y a cet oeil qui lui joue des tours. Chaque matin, quand la lumière crue du jour l'agresse, Hrry maudit cet enfoiré de Kid Norfolk, un sale petit nègre sacrément rapide et vicieux qui, cinq ans plus tôt, lui a enfoncé son pouce ganté dans l'oeil lors d'un combat pourri. Sous le coup de la surprise, il se souvient de s'être retrouvé sur son cul au troisième round et d'avoir couru après le score jusqu'au gong final(...). Depuis, Harry ne veut plus dormir dans l'obscurité totale pour éviter les contrastes trop fort au réveil. Il s'étonne de la facilité avec laquelle il s'est habitué à ne voir que de l'oeil gauche. Quelque temps après cet accident, il a légèrement changé sa garde sur le ring pour s'affranchir de cette gêne. Depuis, pas un seul de ses adversaires, aucun de ses proches, et encore moins son manager n'en ont jamais rien su.

Lui-même a l'impression de se voir avec ses deux yeux.

  Non c'est surtout ce nez, énorme, qui le tracasse. Il ne le supporte pas. C'est à croire qu'il appartient à un autre. Il ne lui sert plus à grand chose d'ailleurs. Tout juste à respirer, et encore. Il y a belle lurette qu'il ne sent plus rien par là. Martyrisé et fracturé à plusieurs reprises sur les rings, il ne fait pas vraiment souffrir, mais il est devenu comme un intrus. Il s'est juré de s'offrir un nez en parfait état de fonctionnement dès qu'il aura mis un terme à sa carrière.

HARRY GREB2b02a5e06e9abd15ac3b28e57cfc7cd5.jpg                                                                                                                          

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