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vendredi, 30 novembre 2007

Les indolents

" Bah ! malgré les destins jaloux,
Mourons ensemble, voulez-vous ?
- La proposition est rare.

- Le rare est le bon. Donc mourons
Comme dans les Décamérons.
- Hi ! hi ! hi ! quel amant bizarre !

- Bizarre, je ne sais. Amant
Irréprochable, assurément.
Si vous voulez, mourons ensemble ?

- Monsieur, vous raillez mieux encor
Que vous n'aimez, et parlez d'or;
Mais taisons-nous, si bon vous semble ! "

Si bien que ce soir-là Tircis
Et Dorimène, à deux assis
Non loin de deux sylvains hilares,

Eurent l'inexpiable tort
D'ajourner une exquise mort.
Hi! hi! hi! les amants bizarres !

Paul Verlaine, in Fêtes Galantes

mercredi, 28 novembre 2007

Monsieur André, Madame Annick

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C’est la fête, le carnaval bat son plein, les géants sont attendus avec impatience par la foule. Seulement voilà, sous les festivités, à l’intérieur des appareils de portage, telle un squale dans un carnaval, la jeunesse aux dents de requin veut bouffer les anciens en dent de scie. Tandis que le vieux dégringole l'échelle de fatigue, la relève grimpe avec ardeur. Les âges, les générations se confrontent, se heurtent, l'un ne peut plus, l'autre ne sait pas encore, les deux hésitent, désespèrent, pendant ce temps-là le carnaval n'avance pas, la vie s'arrête et la société fait du sur place.

Les porteurs en ont plein les bras, les travailleurs plein le dos et les hauts placés plus rien dans le coeur. chacun sa croix, chacun ses bras.. Pas d'bras, pas d'emploi, à bout de souffle. "Porté mon avenir à bouts de bras", la vie ne tient plus qu'à un fil, la fille (oui, il y a une fille) ne tient qu'à la fête, tient tête au précaire et motive la troupe. Sauver les apparences, les dames d’abord, les états d’âme chez soi.
Perdre le fil, perdre l'esprit, perdre espoir. Coule le sang, la moelle, s’envole l'essentiel : le rêve.

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dimanche, 25 novembre 2007

Le Paradis blanc

Il y a tant de vagues et de fumée

Qu'on arrive plus à distinguer

Le blanc du noir

Et l'énergie du désespoir

Le téléphone pourra sonner

Il n'y aura plus d'abonné

Et plus d'idée

Que le silence pour respirer

Recommencer là où le monde a commencé

 

Je m'en irai dormir dans le Paradis blanc

Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps

Tout seul avec le vent

Comme dans mes rêves d'enfant

Je m'en irai courir dans le paradis blanc

Loin des regards de haine

Et des combats de sang

Retrouver les baleines

Parler aux poissons d'argent

Comme, comme, comme avant.

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vendredi, 23 novembre 2007

Monstre, va

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"Après ça, quel silence. Un silence d'après tout. le silence que je voulais. Maintenant j'en aurais peur. Il fallait s'y attendre. Silence est peu dire. On est le chef du temps. Combien dure l'énorme instant, l'énorme instant où tout est neuf ? Onne reconnaî pas ses mains, on ne reconnaît pas les murs, il n'y a plus de mots, on ne joue plus. C'était donc ça. C'était du sérieux. Voici le seul instant sérieux que je connaisse. J'aurais connu le sérieux, je ne l'aurais pas tuée. Qui sait, je l'ai tuée pour être sérieux. C'est bien de moi. Quelle erreur. Mais non, pas du tout, je la retuerais pour l'instant lui-même, énorme, je répète. Et surtout bien à moi."

Bien bien. Y a pas à tergiverser, le cadre est posé. Avec sur les bords pas mal de sang, quelques morceaux de cervelle, un peu de moelle. Juste de l'humain, rien que de l'humain. Pas du superficiel, mais du vrai, de l'organique. C'est pas le tout d'avoir un geste "malheureux", faut nettoyer les lieux maintenant, afin qu'ils s'imprègnent mieux de ce silence sacré. Non pas un silence de deuil. Non. Le silence mérité, afin que les pensées de l'auteur puissent vagabonder, galoper, s'entrechoquer, s'étaler, s'épanouir. C'est pas avec toutes ses chansons paillardes, ces airs ridicules qu'elle fredonnait de sa voix fausse et aigüe qu'il pouvait rentrer en lui-même. Il aime bien entrer en lui (il doit aimer y rester aussi, vu le pneu qui lui fait office de ventre). Là, enfin, il a toute la place nécessaire pour parler avec ses autres moi, ell n'est plus là pour interrompre ses réflexions du vacarme assourdissant de ses pantoufles glissant sur le sol. Oui, en plus, elle se traînait. Elle n'était qu'une traînée, dans l'espace, dans le temps. Elle soupirait, elle marmonnait, elle pleurait sur son sort. Il faut dire, un fils qui, à trente ans, ne voit pas l'intérêt de s'user le corps à travailler, qui compte l'user jusqu'au dernier sou, qui hurle à la simple vue d'une araignée,  y a de quoi soupirer.
Vu de l'extérieur, on est tenté de penser à une relation particulièrement trouble, ambigüe, voire tendancieuse. Du moins toujours sur la brèche. En se glissant à l'intérieur, en prenant place à l'autre bout de la table de la salle à manger, on compatirait presque avec ce fils brimé, depuis sa plus tendre enfance, obligé de vivre avec cette femme souffrant d'être sa mère, qui le lui fait savoir chaque jour que Dieu fait.
Cela dit, on commence à s'inquiéter sérieusement au fur et à mesure de la narration, glissant langoureusement dans la schizophrénie, sans pudeur, rythmée par la découpe du corps à même le sol, par le défilé des sachets plastiques (on ne réalise pas le nombre nécessaire pour un corps si petit et si frêle). Quelle idée aussi de le faire parler pendant cette délicate opération. C'est qu'il faut faire vite, avant la rigidité cadavérique. Lui qui vient de se débarrasser de sa mère, de son fardeau, le voilà avec plein de morceaux d'elle, projetée un peu partout sur les murs, ces murs censés accueillir son silence à lui. Vous n'avez pas honte ! Et voilà, il sera obligé de mettre les morceaux au congélateur, en attendant que la pluie cesse.
Ah, oui, c'est son silence, bien à lui, à lui seul, plus personne pour le contrarier, pour lui inculquer des chansons grivoises. Plus personne pour troubler ses pensées, ses réflexions, son observation de la nature humaine si pathétique. "Ensuite, enfant, j'allais marcher tout seul, me taire, en paix, en butte au monde. Il a toujours été trop là, le monde, pour mon goût. Toujours obstacle. Mes écarts, il les ont baptisé fugues, évidemment. Mais quelles forces avais-je accumulées, lorsque je me suis mis à réfléchir, lentement d'abord, sans relâche, et puis de plus en plus vite, vers 15 ans peut-être, je ne sais plus, car alors j'ai totu compris. Ou plutôt : j'ai compris que je pouvais tout comprendre, s'il fallait. Tout. Je ne parle pas de savoir, je parle de comprendre. Je ne dis pas la politique et l'atome, l'ordinateur et Vermeer, le cycle de l'azote et les mécanismes de l'inflation. Non. Je dis : tout. Le tout. Le tout de tout. Et je ne dis pas le pourquoi, pourquoi moi, pourquoi le monde, etc. Non. Je dis le comment. C'est idiot le pourquoi. Seul compte le comment. S'il fallait, je pourrais, à tout instant, l'expliquer, le comment. Oui. Je suis très intelligent. Ca,j'en suis sûr. Très."

De toute façon, il a fait ce que bon nombre d'enfants, comme lui, auraient dû faire. Ce que beaucoup d'enfants pensaient tout bas, une fois plus grands, de leurs parents.

Un style, un thème, qui font penser à Régis Jauffret, dans Asiles de fous. Folie ordinaire, posychopathe grassouillet, sang-froid ou à chaud ? Prémédité ou invévitable ? Ecriture vive, incisive, souffle court, qui ondule au rythme des coups de hachettes. La prochaine fois, avant de vous asseoir à table, vérifiez bien qu'aucune araignée ne traîne non loin de vous, vous risquez d'en attraper une au plafond (de hachette, pas d'araignée).

Note : 8.5/10

jeudi, 22 novembre 2007

D'ange heureux pour la santé

Les 365 verres de Nothomb
LEXPRESS Livres 14/11/2007

Lauréate du prix de Flore 2007 pour Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel), Amélie Nothomb s'est solennellement engagée, lors de la remise du prix, le 7 novembre, à venir boire chaque jour au café de Flore, pendant un an, le verre de pouilly-fumé gratuit qui est rituellement réservé au gagnant. Devant l'étonnement du président du jury, Frédéric Beigbeder, la romancière belge a prudemment ajouté : « Enfin, j'en ai très envie, mais je ne sais pas si j'y parviendrai... »

mercredi, 21 novembre 2007

La chute

buvez avec moi, j'ai besoin de votre sympathie.

Je vois que cette déclaration vous étonne.

N'avez vous jamais eu subitement besoin de sympathie, de secours, d'amitié? Oui, bien sûr. Moi, j'ai appris à me contenter de la sympathie. On la trouve plus facilement, et puis elle n'engage à rien. "Croyez à ma sympahtie", dans les discours intérieur, précède immédiatement " et maintenant, occupons-nous d'autre chose". C'est un sentiment de président du conseil: on l'obtient à bon marché, après les catastrophes. L'amitié, c'est moins simple. Elle est longue et dure à obtenir, mais quand on l'a, plus moyen de s'en débarasser, il faut faire face. Ne croyez pas surtout que vos amis vous téléphoneront tous les soirs, comme ils devraient, pour savoir si ce n'est pas justement le soir où vous décidez de vous suicider, ou plus simplement si vous n'êtes pas en disposition de sortir. Mais non, s'ils téléphonent, soyez tranquille, ce sera le soir où vous n'êtes pas seul, et où la  vie est belle. Le suicide, ils vous y pousseraient plutôt, en vertu de ce que vous vous devez à vous-même, selon eux. Le ciel nous préserve cher monsieur, d'être placés trop haut par nos amis!

Quant à ceux dont c'est la fonction de nous aimer, je veux dire les parents, les alliés (quelle expression!) c'est une autre chanson. Ils ont le mot qui fait balle; ils téléphonent comme on tire à la carabine. Et ils visent juste. Ah les Bazaine!

extrait de "la chute" de Albert Camus. gallimard, 1956.

Cadeaux de Noël 1.

Chers amis Lecteurs vous aurez remarqué que vous avez échappé à Haloween sur ce blog, mais pour vous aider à trouver des idées cadeaux moi l'Agent Ben ici en bas (vous aurez reconnu Absolu) je vous propose une petite sélection toute personnel qui me donne déjà envie e9df86585f157087cdd3b024961429d0.jpg d'être le 25 décembre! Alors Joyeux NOEL 2007 et n'oubliez pas d'envoyer votre lettre au père Noël...

 

 

 

Idée cadeau numéro 1 : Le prix Goncourt: Plutôt pour maman cette année car ce prix Goncourt 2007 Alabama Song rend hommage à une femme Zelda Sayre qui contribua pour beaucoup à la réussite de son mari, ce roman est aussi un grand roman d'amour, il est véritablement "prenant" du début à la fin.

Extrait: "Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du futur grand écrivain.

Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre.

Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui. 

ALABAMA SONG de Gilles Leroy édit Mercure de France.

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mardi, 20 novembre 2007

Le manuscrit retrouvé d'Alberto Moravia

773f83f2de96b5815eced857e329dff1.jpgLes éditions Flamarion viennent ces jours-ci de publier le manuscrit retrouvé dans la cave  de sa villa de Rome d'Alberto Moravia le célèbre écrivain italien (1907;1990) connu pour des chefs d'oeuvres littéraires comme "Le mépris", le conformiste ou encore l'ennui".

Le roman "les deux amis" est déjà salué par la critique internationale comme un nouveau très bon livre. Il aurait été écrit par l'écrivain romain dans sa période la plus brillante et la plus prolixe, bref au sommet de son art dans les années 50, d'après les  plus fins experts entre "le mépris" et "le conformiste".

Une bonne nouvelle donc pour les amoureux de la littérature que nous sommes!

En attendant comme moi de lire ce livre, je vous conseillerez pour faire connaissance ou redécouvrir le maestro de la littérature italienne contemporaine: la lecture  d'un de mes livres préféré (Cha' tombe bien) "l'ennui".

b7ad4202fcc5fe13d59c7358e0259e9a.jpg*L'Ennui, c'est l'histoire d'un riche bourgeois de trentre cinq ans Dino qui se prend pour un peintre mais dont les talents sont plus que douteux.

Par ennui , il devient l'amant de Caécilia (non pas Sarkosy eh eh) une jeune femme de 17 ans qu'il a engagé comme modèle. Dino va devenir complétement dingue du corps de Caécilia, une passion qu'il cherche à expliquer et qui l'obsède de plus en plus...

Un livre très facile à lire mais d'une puissance rare sur le thème de la passion et de l'homme toujours pris entre ses fantasmes et la réalité...

AGENT BEN.

lundi, 19 novembre 2007

Numérique quand tu nous tiens

Amazon propose 88 000 livres pour son lecteur numérique

 
(Photo : Le Kindle d'Amazon.)

Le Kindle est mis en vente aux Etats-Unis à 399 dollars. Livres, journaux et magazines sont téléchargeables directement à partir du site d’Amazon, sans l’intermédiaire d’un ordinateur ou d’une connexion wi-fi.

Jeff Bezos, patron et fondateur d’Amazon, a présenté ce lundi 19 novembre à New York le lecteur numérique propriétaire qui utilise la technologie du papier électronique. D’une dimension légèrement supérieure à celle d’un livre de poche (19,5 sur 13,4 cm), le Kindle pèse environ 310 grammes, dispose d’un clavier, d’une mémoire interne qui lui permet de contenir environ 200 livres, et est équipé d’un système de connexion similaire à celui d’un téléphone portable. Il est mis en vente à 399 dollars (272 euros), uniquement sur le marché américain : il n’y a pour le moment aucun calendrier de diffusion pour les autres pays.
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M21 propose un package livres et lecteur numérique
Publié le 19 novembre 2007 par hh

(Photo : Le Cybook de Bookeen © Olivier Dion)

L'éditeur M21 met en vente pour le 1er décembre le «Digibook pro», un package comprenant le lecteur Cybook de Bokeen, 24 livres livres numériques, une newsletter mensuelle e-paper, un roman de science-fiction pour 417,40 euros.

Se présentant comme un éditeur tourné vers les évolutions sociétales (technologies, prospective, management), M21 propose une offre originale : 24 livres sous forme de fichiers numériques (dont quatorze des siens), avec le lecteur nécessaire : le Cybook de la société Bokeen, qui utilise la technologie du papier électronique. Le package, baptisé « Digibook Pro », qui comprend aussi une newsletter mensuelle sur le papier électronique, et un roman de science-fiction, sera mis en vente à partir du 1er décembre sur le site de l’éditeur au prix de 417,40 euros TTC (369 euros euros HT).
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23:29 Publié dans cultiver | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman, numérique | | | |  Facebook

Alabama Song

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 S'il y a de bonnes années pour les vins, il en est  de même pour le prix Goncourt. Parfois décevant, et fade, le Prix Goncourt 2007 est un grand cru:"Alabama Song "est un très bon roman. Son auteur Gilles Leroy qui n'en est pas à son premier roman (auteur de machines à sous Prix Valery Larbaud 1999, L'amant russe en 2002) signe un grand roman.

Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy réalise le tour de force de se mettre dans la peau de Zelda Sayre (écrivain et peintre) la célèbre femme du grand écrivain américain Sott Fitzgerald auteur du mythique roman Gabsy le Magnifique.

On peut dire que ce couple fut l'un des tout premier couple "people" de l'histoire des Etats Unis, un véritable mythe dans les années folles, un modèle à copier pour le New York mondain et artistique des années vingts. Mais ce couple  passera aussi de la gloire à la déchéance la plus dure en une vingtaine d'années.  Car derrières les frasques et les paillettes se cachent souvent des blessures secrètes...des vérités non dites,derrière la réussite sociale beaucoups de sacrifices et de malheurs.

L'écriture de Gilles Leroy se fait somptueuse pour décrire les "Up and Down" de la vie de Zelda. Le récit de Zelda à la première personne daté mais non chronologique,  fait que l'on passe d'une période de bonheur, à quelques pages plus loin aux drames de la vie de Zelda, ce qui souligne le contraste entre la  joie et la douleur et  donne un caractère boulversant à la confession.

 L'histoire de Zelda, c'est l'histoire d'une jeune femme de la grande bourgeoisie "rustique" de L'Alabama dont l'avenir est tout traçé par un père juge qui la voit déjà se marrier et faire des enfants  à un petit bourgeois de la contrée. Mais Zelda rêve d'aventures et son caractère enjouée fait qu'elle tombe amoureuse de l'originalité d'un beau Yankee, qui se présente à elle comme le futur "plus grand écrivain des Etats-Unis": Scott Fitzgerald. Mise en garde par ses parents qui n'accepte pas de la voir partir avec ce fils de "bon à rien" (le père de Scott avait fait de mauvaises affaires dans les savons) qui la ménera à la déchéance.  Zelda suivra Scott pour le meilleur comme pour le pire, elle l'épouse alors qu'il est ivre en la cathédrale Saint Patrick sur la cinquième avenue de New York, sa famille n'est pas là et l'a déjà reniée... qu'importe comme elle le dit "Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La futur fiancée du futur grand écrivain. Du jour où je l'ai vu, je n'ai cessé d'attendre. Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui..."

Ce roman est la confession  du drame  personnel d'une femme-rebelle et muse d'un grand écrivain dans un milieu artistique des années vingt très machiste. Un roman sur les conditions de la création artistique, et les déchirements d'un couple myhique.

Gilles Leroy a réussi à donner une profondeur d'âme et une force de caractère de plus en plus forte au fil des pages  à Zelda Sayre dont ce livre  lui rend un vibrant Hommage. 

Extraits:

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dimanche, 18 novembre 2007

Concours de mots

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16:33 Publié dans cultiver | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, écriture, mot | | | |  Facebook

samedi, 17 novembre 2007

La chaussure sur le toit

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"L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire des moeurs et par la peinture drolatique de la solitude".
Ils se débrouillent pas mal chez Gallimard, pour donner un avant-goût en peu de lignes. Ne pas trop en dire,  le plus juste possible. Pas facile. Moi j'ai toujours eu du mal à faire court.

Toujours est-il que l'auteur parvient à faire d'une chaussure la cause, la conséquence, le moyen, la finalité d'une histoire ou d'une autre. Point de départ ou d'arrivée, vous êtes assurés de la retrouver, dans chaque histoire, toujours sur ce toit. Elle peut tout aussi bien appartenir à un ange en imper, perché sur ce toit, les bras en croix, en pleine nuit, envoyée là par un cambrioleur enragé, abandonné par un amoureux transi venu saluer sa belle accoudée à la fenêtre d'en face.. Tout est possible. Et plausible.

Et puis, l'une des histoires en fait appartient au narrateur d'une autre, et le chevalier anonyme d'une Cendrillon du 21ème siècle se retrouve à caresser un chien en colère contre son maître qui a gâché une relation avec une femme formidable, à cause d'une tragédie grecque, laquelle se joue un peu plus loin dans l'espace ou le temps, sur le toit d'un immeuble. Tout converge vers cette chaussure, ou tout commence. Ce roman est un véritable exercice de style, d'imagination, d'imbrication, d'entrelacements d'histoires sans jamais en perdre le fil. Ariane en serait comblée. Un tissage poétique à ridiculiser Pénélope (vous savez, celle qui fait et défait son tissage chaque nuit).

 

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vendredi, 16 novembre 2007

Brisé

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Ecrire le livre brisénuits blanches.

jeudi, 15 novembre 2007

Tribulations d'un précaire

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Il est de ces livres inoubliables, tel Aurélien, d'Aragon, Notre-Dame de Paris, ou encore Belle du Seigneur. Au-delà d'inoubliables, d'inclassables, hors concours même. Incomparables. Et puis, il y a les autres. Ceux qui sont à jeter, à oublier. Entre les deux, il y a ceux qui nous font passer un bon moment, sans un battement de cil une fois lu le dernier mot, une fois refermé l'ouvrage. Distrayant. Il est vrai qu'il ne faut pas toujours chercher le livre (histoire et/ou style) qui va modifier irrémédiablement tout ou partie de votre être, vos tripes. Alors pour ça il y a Tribulations d'un précaire. Sympathique découverte, celle d'un auteur, d'un environnement. Découverte d'un genre, le genre qui paraît facile, de prime abord, banal, presque inutile d'ailleurs. Expliquez-moi pourquoi j'étais impatiente de le reprendre, à chaque interruption, pourquoi j'ai tant souri, presque hoché la tête à certaines réflexions.
Ce n'est pas le premier à nous parler des difficultés à trouver un emploi, de la précarité, la pourriture de la société. Dans celui-ci, nulle satire, nulle révolution, ni solution. Je serais presque tenté de parler de constat, mais ce n'est pas encore ça. C'est un parcours. Le parcours d'un homme ni lâche, ni courageux, qui a perdu depuis un bout de temps toute passion, ou peut-être n'en a jamais eu. Et qui s'en contente. Oui, c'est plutôt ça. Il espère avoir de quoi se nourrir le lendemain, le mois qui vient. Il aimerait, comme beaucoup, ne pas avoir à trimer 12 heures par jour dans un fast-food, à faire un boulot de manager pour le salaire d'un cuisto. Il aimerait ne pas avoir à s'embaquer sur un cargo de pêche en Alaska pour un an, croisière aux frais des poissons. Il aimerait ne pas avoir à passer des journées sur les routes, pour effectuer des déménagements hors normes. Ou pour aller remplir des cuves de fuel.
Ce n'est pas juste un livre qui confirme le sentiment d'injustice ressenti par les 3/4 de la planète. Ce n'est pas qu'un fantôme d'arbre abattu pour être lu. C'est aussi un guide à destination des courageux, à destination des rêveurs qui redescendent sur terre. L'on apprend à décoder certaines petites annonces, du genre de celles qui vous promettent bonheur et donc richesse en vendant des carafes filtrantes à vos amis.
En fait c'est un livre qui ne se range dans aucune catégorie, dans lequel chacun retrouvera une expérience professionnelle "insolite", et qui fera s'esquisser un sourire, par-ci, ou même par là. Sarcastique, drôle aussi, écrit avec du recul et gardant sa spontanéité.

C'est un peu comme La petite piscine au fond de l'aquarium. A ne pas mettre sous les yeux d'un blasé, ou de toute personne n'ayant pas encore mis les pieds dans le monde du travail (eh oui, je n'ai pas non plus la chance d'être rentière, ni fille de).

Note : 07/10

Un peu plus

mardi, 13 novembre 2007

Il est si tard...

Il est si tard, il fait, cette nuit de novembre,
Si triste dans mon coeur et si froid dans la chambre
Où je marche d'un pas âpre, le front baissé,
Arrêtant les sanglots sur mes lèvres, poussé
Par les ressorts secrets et rudes de mon âme !

La maison dort d'un grand sommeil, l'âtre est sans flamme ;
Sur ma table une cire agonise. Et l'amour,
Qui m'avait, tendre espoir, caressé tout le jour,
L'amour revient, armé de lanières cruelles,
Lacérer l'insensé qu'il berçait dans ses ailes.

Ô poète ! peseur de mots, orfèvre vain,
Ton vieil orgueil d'esprit succombe au mal divin !
Tu rejettes ton dur manteau de pierreries,
Et déchirant ton sein de tes ongles, tu cries
Ton immense fureur d'aimer et d'être aimé.

Et jusqu'à l'aube, auprès d'un flambeau consumé,
Et promenant ta main incertaine et glacée
A travers les outils qui servaient ta pensée,
Dans le silence noir et nu, pauvre homme amer,
Tu pleures sur ton coeur stérile et sur ta chair.

Charles GUÉRIN (1873-1907)
Recueil : Le semeur de cendres