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vendredi, 04 janvier 2008

Au SUD DE NULLE PART

 

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                                    Charles Bukowski (1920-1994)

 

 

232c0fd31368ba0b288d8f898e01d864.jpgPas facile d'être un poivrot!

 C'est un métier à plein temps surtout dans un pays, les Etats- Unis où soit tu bosses soit tu crèves, et pour ne  pas mourir de soif et s'adonner pendant 60 ans à la bibine  Charles Bukowski a du changer plusieurs fois de jobs...

    Mais celui qui lui apporta le plus de fric pour s'envoyer de bonnes bouteilles de whisky  se fût le métier d'écrivain.  La légende veut que c'est en état de  manque que Bukoswski écrivait cul sec  de ses nouvelles, en une nuit de tremblements.

Comme tout  ses écrits "Au Sud de nulle part"  est un instantané  de ce délire éthylique que fût sa vie. Vingt sept nouvelles.

 Toujours à l'affût d'une bonne cuite et d'une partie de jambe en l'air Bukowski sème le bordel  partout où il passe dans des bleds pourris "au sud de nulle part" dans lesquels il débarque en transit  derrière  un comptoir de bar. Il se fait des ennemis, baise de jolies filles. S'il tombe amoureux c'est d'un mannequin de vitrine, s'il travaille  crachant du sang dans un abattoire, c'est  pour survivre et faire vieillir  sa "folie ordinaire" comme du bon vin.

Agent Ben.

Extrait:    J'ai pris l'ascenseur jusqu'au premier étage, avec la pinte de Whisky bon marché que j'avais volée au magasin de spiritueux de Sam, une semaine auparavant. Puis j'ai pris l'escalier qui descendait à la cave. En bas, il y avait une petite veilleuse. J'ai déambulé, à la recherche d'une porte. J'ai fini par en trouver une. Il devrait être une heure ou deux du matin. J'ai frappé. La porte s'est entrebaillée, laissant apparaître une superbe femme en déshabillé. Je ne m'étais pas attendu à ça.

 Une jeune blonde, belle à croquer. J'ai coincé mon pied dans la porte, et puis j'ai poussé. J'ai refermé la porte derrière moi et examiné la pièce. Pas mal du tout.

"Qui êtes vous? elle a demandé. Foutez le camp!

-C'est assez coquet chez vous. Vous ne voudriez pas échanger avec ma piaule?

- Foutez le camp! Tirez-vous! Dehors!"

J'ai sorti la pinte de whisky du sac en papier. Elle l'a regardée.

" Comment t'appelles tu? J'ai demandé.

-Jeanie.

-Dis moi, Jeanie, où ranges tu tes verres?"

 Elle m'a montré une étagère, où j'ai été prendre deux grands verres. Il y avait un évier. J'ai mis un peu d'eau dans chaque verre, puis j'suis allé les poser, j'ai ouvert le whisky et j'ai mélangé.

On s'est assis au bord du lit pour boire. Elle était jeune et séduisante. J'en croyais pas mes yeux. Je m'attendais à une explosion névrotique, une crise psychotique. Mais Jeanie semblait normale, voire saine. Elle appréciait manifestement mon whisky. Elle picolait au même rythme que moi. La curiosité qui m'avait poussé à descendre dans cette cave avait disparu. Je veux dire, si elle avait couvé un petit cochon, si elle avait eu un truc indécent ou horrible ( dans le genre bec de lièvre par exemple) j'aurais eu davantage envie de l'entreprendre...

                                              


Je me suis rappelé une histoire que j'avais lue un jour dans la gazette des courses, à propos d'un étalon pur-sang qui refusait toutes les juments qu'on luiprésentait. On essayait de le faire baiser avec les plus belles juments du coin, mais à chaque fois l'étalon se barrait. Jusqu'au moment où un malin qui n'était pas né de la dernière pluie eut une idée. Il couvrit de boue une belle jument, et l'étalon la monta immédiatement.

Explication de ce prodige: l'étalon se sentait inférieur à toute à toute cette beauté, mais quand la jument fut enduite de boue, avilie, il se sentit enfin son égal, voire supérieur. L'esprit des cheveaux et celui des hommes, se ressemblent parfois étrangement.

   Bref, Jeanie remplit les verres, me demanda mon nom et où je créchais.Je lui dis que j'habitais quelque part en haut et que j'avais simplement eu envie de boire e compagnie de quelqu'un.

   "Un soir, il y a une semaine environ, je t'ai vu au Clamber-In, me dit-elle. Tu étais désopilant, tu faisais rire tout le monde, tu offrais des tournées à tous les clients.

- Je me souviens pas.

-Moi je me souviens. Tu aimes mon déshabillé?

-Oui.

-Tu devrais enlever ton pantalon, tu serais plus à l'aise".

Je l'ai enlev et je me suis assis sur le lit à côté d'elle.

Ca avançait très lentement. Je me rappelle l'avoir complimentée sur ses seins et puis je me suis retrouvé la bouche collée à un mamelon. On s'y est mis. J'étais sur elle. Mais ça ne marchait pas. J'ai roulé sur le côté.*

"Désolé, j'ai dit.

"Ca ne fait rien, elle a dit. Je t'aime bien quand même."

On s'est assis, histoire de discuter le coup en terminant le whisky.

LA SUITE DANS "AU  SUD DE NULLE PART".

Commentaires

C'est du Buk' tout craché !

Écrit par : Zorglub | vendredi, 04 janvier 2008

http://www.binarycoffee.com/blog/?p=56

Écrit par : Zorglub | jeudi, 10 janvier 2008

Les commentaires sont fermés.