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vendredi, 29 février 2008

E-book pour les nuls

Le livre numérique pour les nuls
par Guillaume Grallet

 Il arrive enfin sur le marché: tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur une révolution annoncée...

Imaginez un instant: nous sommes le 31 juillet, vous êtes un lecteur frénétique et vous partez le lendemain pour un mois de farniente sur une île en Croatie. Vous entassez donc dans votre valise le dernier Philip Roth, la bio de Mazarin, les deux Harlan Coben, le tome 3 de Millénium, le Pléiade Gracq et, bien entendu, le Routard Croatie. Et si cette bibliothèque portative tenait sur un simple petit écran plat? Science-fiction? Pas tout à fait. Telle serait en effet la révolution annoncée par l'e-book, ce livre numérique rechargeable que l'on glisse dans sa poche et qui, après quelques balbutiements peu convaincants, semble désormais au point. En théorie du moins. Car en pratique les choses sont un peu plus compliquées. A l'heure où Christine Albanel, ministre de la Culture, vient de confier une mission sur le livre numérique à Bruno Patino, président du Monde Interactif, plongée dans le monde secret de l'e-book.

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jeudi, 28 février 2008

Putain d'vie

Aujourd'hui je suis allée au théâtre, voir une des représentations de "Putain d'vie", dont je vous ferai un p'tit conte rendu dans les jours à venir, le temps de digérer et compléter mes notes.

354820470.jpgJ'voudrais juste vous faire partager une découverte, celle des poèmes de Jehan-Rictus, le poète, que je vous conseille de découvrir ici et , dans son élément, parmi ses compagnons de mots, de chansons. La découverte d'une époque, d'un mouvement. Les Poètes du Chat Noir.

La mise en scène, donc, s'appuie sur les textes de Jehan-Rictus, Les Soliloques du Pauvre et Le coeur populaire.

Les pauvres, aussi, ont accès au crime passionnel :
(extrait)

Pauvre Julien
(Roman)
— « Voilà comment qu’ c’est arrivé :
c’est la vraie vérité sincère ;
croyez-moi Mossieu l’ Commissaire,
mais... esscusez, y m’ont crevé,
laissez-moi m’ moucher, j’ suis plein d’ sang,
r’gardez-moi c’ qu’y m’ont arrangé !
Faut dir’ qu’ ça couvait d’pis longtemps,
de d’pis l’ temps qu’on vivait ensemble,
de fait, quasi marital’ment ;
(chez nous on s’ marie qu’à la colle ;
mais quand qu’on s’aim’, ça tient tout comme.)

 

Enfin a m’ courait d’pis longtemps...
Pourtant, pouvez vous renseigner,
tout l’ mond’ vous l’ dira dans l’ quartier,
j’ suis d’un naturel endurant.

 

Moi, vous savez, j’ suis qu’un boulot,
j’ connais qu’ mon travail dès l’ matin
et si des fois j’ me soûl’ la gueule,
c’est censément qu’ dans mon méquier
on fait qu’avaler d’ la poussière
(vous comprenez j’ suis mat’lassier,
mais à part ça l’ cœur su’ la main)

 

et pis.... a m’ faisait du chagrin.

 

L’ matin, a restait au plumard
pendant qu’ moi j’ partais au turbin
(chez mon patron l’ marchand d’ lit’ries),
et quand qu’à onze heur’s ej’ rentrais,
le déjeuner n’était pas prêt !

 

C’était moi qu’ allais aux provises
et c’était moi qu’ étais d’ cuisine ;
alle ’tait feugnante et dormeuse,
vous parlez d’un coup d’ traversin !

 

Eh ! ben malgré ça, j’ l’aimais bien.

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mercredi, 27 février 2008

L'isolement

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Le temps ne passe plus dans une prison, il se faufile entre les barreaux, vous frôle mais jamais ne vous prend dans ses aiguilles ; vous y passez tout ou partie de votre vie et la vie se passe de vous.

« C’est alors que j’ai décidé de me taire tout à fait. Il ne me restait plus grand-chose quand je suis arrivée ici. Mais c’était encore trop pour eux : ils me voulaient moi aussi. Ils y sont allés progressivement, par petits coups de becs – c’était, à chaque fois, un bout de moi qui partait (ils savent très bien ce qu’ils font) »

La fouille au corps, au cas où vous pensiez conserver un reste d'humanité au fond de vos entrailles : « Ça ne dure pas longtemps, mais une fois que c’est fini on n’a plus rien à soi ? on est tout entier ouvert, retourné comme un gant, une pièce saccagée, aux portes enfoncées, nulle part où s’abriter, on est un corps béant, un corps troué de part en part et sans merci violé. »

« J’avais l’impression que, quoi que je dise, on ne m’entendrait pas. Parler, ça n’ajoute rien, c’est à la fois obscène et vain. J’étais de ceux qui survivent en se teintant de gris – lisse, close, impénétrable. »

Aminata et ses chants d’Afrique,  son sac en toile bleu-blanc-rouge, ses boubous, ses pouvoirs mystérieux, ses légendes, et aucun papier. « Tant qu’elle était là je ne voyais pas les murs, les grilles, la crasse et les barreaux, je ne sentais pas les odeurs de pisse, de moisissure et de bouffe rance, je n’entendais pas la course des rats et les hurlements des toxicos. »

Les clans, la hiérarchie des crimes, des coupables, parfois juste coupable d’être là sans véritable raison. Et, quoi qu'il en soit : « -clandestines, toutes les femmes le sont ici, toxicomanes et prostituées enfantées de toxicomanes et de prostituées, privées, dès leurs premier cri, d’un passeport pour la vie, déposées, dès leur naissance, au seuil de portes verrouillées, grandies dans les marges, entre les lignes des livres, dans les recoins des villes, marges toutes proches, franges par tous visibles et parfois ravaudées, mais qui, à force de s’effiler, déroulent jusqu’ici leur trame usée. »

Un texte si court qui paraît tellement grand, comme si les mots se dilataient dans chaque phrase, repoussaient les limites des pages,  prenant le plein espace de cages emplies de l’absence du temps. Mots comme boussole temporelle, comme gravure sur les murs, qui transforme une existence réduite à néant en une esquisse de vivant.

« Car tout ici est fait pour notre salut les douches rares la bouffe avariée la puanteur aident à la mortification domptent la bête en nous matent le corps-tyran, l’enfermement nous invite à découvrir notre espace intérieur, l’arbitraire de nos supérieurs – parloirs supprimés, courrier ouvert, punitions collectives, fouilles nocturnes – nous enseigne l’obéissance. »

Mais Margot, elle, trouvera le moyen de s'échapper, d'une façon ou d'une autre..

Inexplicable

« La poésie n’est pas incompréhensible, elle est inexplicable »

Octavio Paz

lundi, 25 février 2008

Epigramme

Ce que ta plume produit
Est couvert de trop de voiles.
Ton discours est une nuit
Veufve de lune et d'estoilles.

Mon ami, chasse bien loin
Cette noire rhetorique :
Tes ouvrages ont besoin
D'un devin qui les explique.

Si ton esprit veut cacher
Les belles choses qu'il pense,
Dy-moy qui peut t'empescher
De te servir du silence ?

 

François Maynard

vendredi, 22 février 2008

Le sang nouveau est arrivé

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La pluie et le beau temps ? Chaque jour est un arbre qui tombe, c'est la théorie des nuages.

jeudi, 21 février 2008

Auto-piratage

Coelho, l'auto-pirate
LEXPRESS Livres 20/02/2008


"Depuis 2005, Paulo Coelho paye dix de ses fans, choisis dans plusieurs pays, pour scanner ses livres publiés dans différentes langues et les mettre gratuitement à la disposition de tous sur des sites Internet. L'objectif? Inciter l'internaute intéressé par la lecture des fichiers téléchargés à acheter le livre. Selon l'écrivain, cette méthode a boosté ses ventes en librairie et est la meilleure façon de promouvoir ses romans qui, ces sept dernières années, ont fait l'objet de plus de 20 millions de téléchargements, payants ou non. Son exemple commence à être suivi par d'autres auteurs. Quant aux éditeurs, propriétaires des droits de traduction, ils n'ont pas encore réagi..."

Ces "scanneurs" ont-il acheté le livre ? :)

mercredi, 20 février 2008

Poing mort

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Bon. Reprenons ce blog en main, il y a beaucoup de laisser-aller.. Voilà, on se retrouve enfoui sous une montagne de travail, et quand enfin on aperçoit une vallée, c'est le désert... Ah j'vous jure.. pour la peine, je vais vous parler (non pas de l'arme de demain), mais de Nina. Oui. Encore. J'y peux rien, elle a une écriture qui ne ressemble à rien (d'autre), autrement dit, qui ne ressemble à aucune autre.

"Je suis gardienne de cimetière. Je vis avec la mort et meurt d'ennui avec la vie. HAbituée au calme d'un curieux village bien hiérarchisé dans son tracé et sa composition, je fuis les veuves et les orphelins, l'effervescence et la complainte. Je ratisse, je tasse, je sème, j'arrose, je fleuris, je taille, j'embellis avec des moyens de fortune la terer des défunts pour le recueillement des vivants. Je suis la main invisible qui arrache l'aspérité et les travers, je calme la douleur en renvoyant l'image  colorée d'un plan de culture soigné. Je teins la miort en composant bien au-dessus d'elle et chasse en surface l'impression de disparition définitive."

Les présentations sont faites ! bienvenue chez la narratrice, sa vaste demeure dans laquelle les coeurs finissent d'exsuder leurs derniers regrets, impirment dans le bois leurs derniers désirs avant de s'effriter avec lui. Elle s'imprègne, la gardienne, de ses expirations palpables par elle-seule, se pare des couronnes mortuaires, s'enroule dans le voile de la Grande Dame en noir et parade à son bras. La mort est son domaine, son univers, son opium, son sang.

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lundi, 18 février 2008

Quartier Lointain

1b34e11dcc14a6e12d6d51d7990565e7.jpgAuteur: Jirô Taniguchi

 

Titre: Quartier Lointain

 

Genre: Fantastique-vie quotidienne.

 

 

   Quartier lointain de Jirô Taniguchi est un petit chef d'oeuvre de Manga, tant par la minutie très réaliste de ses dessins que par la compléxité et l'intelligence psychologique de son scénario ( Taniguchi a d'ailleurs remporté le prix du meilleur scénario au festival d'Angoulême 2003).

Quartier Lointain c'est l'histoire d'un homme de 48 ans Nakahara qui alors qu'il prend un train pour rejoindre son foyer après un déplacement professionel se trompe de train et se dirige vers sa ville natale Kurayoshi.    La nostagie gagne peu à peu cet homme , il déambule dans les rues de Kurayoshi, et se souvient de sa mère, morte trop jeune vingt ans plus tôt, de sa soeur et de son père qui quitta sa mère un jour sans donner d'explications... Mais alors qu'il va se recueuillir sur la tombe de sa mère un phénomène mystérieux se produit... et d'un coup l'homme qu'il est retrouve l 'apparence de son adolescence.  Nakahara est redevenu l'adolescent qu'il était à 14 ans... Ces parents sont là et l'attendent pour manger, il est en retard! Sa soeur l'embête... et toute la famille le trouve bizarre tant il est stupéfié et croit à un rêve dont il va se réveiller... Mais l'aventure commence seulement, il va revivre l'histoire de sa jeunesse et par là même mieux comprendre certains événements obscures de cette période de sa vie.

Une histoire touchante sur le destin et la nostagie de l'enfance. Un chef d'oeuvre signé Jirô Taniguchi.

 Agent Ben.

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DIX DE DER

c625bdaf3786bd7262cb5b7396699b3a.jpgDix de Der fait partie de ces bandes dessinées que tout bédéphile qui se respecte devrait avoir dans sa bibliothèque. Le dessinateur Comès réussit dans cet album le tour de force de dénoncer la bêtise et l'horreur de la guerre en faisant rire...

 En décembre 1944 dans un poste avancé américain sur le front des Ardennes Belges un jeune GI "un bleu" est chargé de faire le guêt dans un trou d'obus (seul dépasse son casque) surplombé d'une croix de Jésus. Dans la nuit le bleu entend dans son calvaire des gens en train de jouer à la belotte... Et "DIX DE DER!" se sont des fantômes! Joseph et Manfred pulvérisés pendant la guerre 14-18 par un obus dans ce calvaire, et Joseph un poivrot qui se prend pour Jésus mort aussi près du calvaire. Les fantômes se prennent d'amitié pour le soldat et jubilent déjà sur le fait d'avoir un nouveau partenaire le "quatrième" pour rendre leur partie de cartes plus intéressante".

L'attaque Allemande est imminente "le bleu" va t'il bientôt joué aux cartes pour l'éternité avec ses compagnons de calvaire?

Un album vraiment jubilatoire, grâce à des dialogues dignes de Michel Audiart et à la virtuosité graphique du dessinateur Comès.

Agent Ben.

18:48 Publié dans bulles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, Dix de der, Comès. | | | |  Facebook

dimanche, 17 février 2008

Chattes paresseuses

"Le ciel troue mes
phrases qui s'endorment
se reposent, lovées
comme des chattes paresseuses."

Dominique Sampiero, Sainte horreur du poème

mardi, 12 février 2008

Perdre juste assez d'âge

"Perdre juste assez d'âge
juste assez d'un regard
pour le temps d'un poème
le tien, car un poème
ne saurait porter sur lui
destinataire inconnu
un poème s'offre
il ne se lit pas, il se boit
il se danse sur des distances
qui n'ont que les joncs pour balises"

Thierry Maricourt

dimanche, 10 février 2008

Souvenir parisien

" Poinçonner son ticket, le jour commence à poindre,la vie pointe le bout de son fardeau, bateau ivre d'abus, jusqu'au havre du soir.
Paris le jour, Paris la nuit, brille quand on se met au lit, s'aigrit quand on en sort."

vendredi, 08 février 2008

Idées reçues sur le manga

Importées du Japon, ces bandes dessinées ont envahi le marché hexagonal. Mais il reste à chasser certaines idées reçues.

1 - Tous les mangas sont violents.
> Non.

Le terme japonais manga - littéralement: «images illusoires» - définit la bande dessinée en général et non un genre en particulier. Le dessinateur, lui, est un mangaka. Il travaille en équipe sur des séries prépubliées en feuilleton dans des magazines dont le tirage global atteindrait 1,5 milliard d'exemplaires par an. Les mangas touchent tous les âges, toutes les catégories socioprofessionnelles, et traitent des thèmes les plus larges: arts martiaux, religion, football, ping-pong, érotisme, rock, courses de chevaux, cuisine... L'amalgame «manga égale violence» date de la diffusion de Goldorak, Dragon Ball et autres japanisations(dessins animés) dans Récré A2 puis dans le Club Dorothée, à partir de la fin des années 1970. «Les mangas qui s'adressent spécifiquement aux adolescents, comme Dragon Ball ou Naruto, sont souvent les plus agressifs, précise Julien Bastide, coordinateur de l'exposition Manga Building et auteur d'un Guide des mangas. Ils fonctionnent comme des récits initiatiques classiques. Les personnages ont des super-pouvoirs et traversent des épreuves.»

La suite ici

mercredi, 06 février 2008

La beauté se quitte

"La beauté se quitte, s'oublie sur le champ, meurt à un autre commencement, et elle n'en connaît ni l'issue ni la source. Elle avance gorge nouée au silence, éblouie, fracassée par l'issue qui recule, inépuisée, impalpable, et ce qui l'abat, l'élève tout autant."

D. Sampiero, extrait de Sainte horreur du poème.