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jeudi, 27 mars 2008

Lire du Ibsen dans une cabane de pêcheur

Chère Mathilde,

 Je sais que tu dois en avoir des centaines de photos en réserve, papier et numérique, que tu en as même fait un court-métrage, que tu parles la langue des gens de là-bas, que tu connais des gens, là-bas. Je sais que tu en sais plus que moi sur le sujet, mais j'avais quand même envie de te le dire.

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capté

Je feuilletais le magazine Géo de mars 2008, et là, que vois-je, un reportage sur les îles Lofoten. Si si ! Je sais que c'est un choc, annoncé comme ça  [:)], mais c'est comme ça.
Tu feras attention, entre chaque île se trouve une pub, ça peut être déconcertant quand on n'a pas l'habitude, mais tu verras, ça ne gâche en rien le voyage.

C'est pas pour parodier une parodie d'un célèbre chanteur français, mais j'irais bien faire un tour dans une cabane de pêcheurs, sur l'île de Moskenesoy. L'été serait l'occasion rêvée, le soleil se reflétant (non pas le poisson) tant qu'il peut dans l'eau dure, glacée. Enfin j'imagine. Je l'imagine assez rigide, à cheval sur les principes.. C'est sans doute que je ne la connais pas. Elle doit être timide, tout simplement.

Et Ballstad, vu d'en haut, qu'est-ce que c'est beau ! Ce camaïeu de vert tacheté de rouge, de blanc, fleurs du Grand Nord, grignoté par le bleu dur, impitoyable et royal de l'océan.

 

Assise sur le pas de porte d'une de ces nombreuses cabanes, je lirai du Ibsen :

Je t’appelai message de bonheur ;
je t’appelai mon étoile.
Et tu devins cela, Dieu merci,
un message de bonheur, allant, venant,
une étoile, oui, une étoile filante,
là éteinte dans le lointain.

je déclamerai la poésie de Jacobsen :

« L'obscurité est immense.
À peine de délicates aiguilles, la lumière,
dans une nuit sans fin.
Et elle doit voyager si loin
à travers un espace si désolé.
»

Paysage si dur, froid, si surréaliste qu'il semble que le moindre battement de nageoire excessif pourrait entraîner un gulf stream..Si parfait. Irréelle, une nature presque sans faille...

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capté
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capté ici

Bien sûr on mangerait du poisson fraîchement pêché, grillé à peine sorti de l'eau.. ou cuisiné comme tu me l'as raconté.
On ferait quoi encore, dis ?

Commentaires

On regarderait le soleil ne pas se coucher et s'étaler en ligne blanche sur la mer plate (comme sur les tableaux de Munch). On s'éloignerait un peu des poissons qui sèchent comme du linge sur des tas de fils (ça sent pas bon !). On marcherait sur les chemins, dans l'herbe verte, jusqu'à l'autre côté de la montagne, juste pour voir une baie presque sauvage. On prendrait des petits bateaux taxis pour aller voir ailleurs. On ferait du camping sauvage au bord de l'eau sous le soleil de minuit. On se battrait avec les p'tits moustiques qui découpent la peau. On dormirait dans une vieille auberge de jeunesse rouge qui grince, avec l'odeur du pain frais qui monte. On regarderait les pics de montagnes comme des dents de requin et on prendrait le soleil (sisi ! microclimat sur les Lofoten). On ferait... on ferait... tant d'autres choses encore !
C'est quand le prochain avion ?

Mes Lofoten sont sur papier photo, rangées dans un bel album qu'il faudra que je te montre...

Et puis, petite précision sémantique : "øy" signifiant "île", on dit soit l'île de Moskenes, soit Moskenesøy ;o) (je suis sûre que tu es très heureuse de le savoir !)

Ha det bra ! ... et merci pour ce petit voyage dans le temps et l'espace

Écrit par : mathilde | jeudi, 27 mars 2008

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