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lundi, 31 mars 2008

Marcher les pieds dans l'ôde et semer des statuettes

Cher toi,

J'ai reçu aujourd'hui une invitation au rêve, au zen, à la plénitude, élever l'esprit et marcher les pieds dans l'ôde
Je me vois bien, en effet, sur cette Route du Nord profond, respirant les haïkus égrenés ça et là au gré d'une brise délicate et esthétique.

"Douceur de la brise
dans le vent des mille
collines un temps isolé
",
Masaoka Shilei

1964377729.jpgDélaisser le quotidien, apprécier l'instant, craquement des grandes feuilles d'un érable solitaire, sous mes pieds, aveuglée par les derniers rayons solaires filtrant l'arbre flamboyant. J'y accrocherai ma prière, à la branche la plus haute, pour qu'elle soit la première à s'élever demain matin.

523480911.jpgJe sèmerai des statuettes dans cette forêt dense comme l'esprit, en hommage à ce qui n'est plus, à ce qui ne sera jamais, à celui qui s'en fut.

2129593446.jpgJ'irai plonger mon âme dans la chaleur des "onsen", la libérant des tensions qui la tordent, regardant s'évaporer la lassitude.

925498420.jpgJe la tremperai dans un verre de saké, pour en arrondir les angles, effacer les dernières visions de toi. Je ferai du ciel étoilé un toit sous lequel le temps passera, le souvenir de cet automne s'envolera vers les neiges éternelles et s'y nichera.

1654595438.jpgJe partirai quand le "hanami" reviendra, quand les cerisiers fleuriront de blanc ma mémoire, redevenue vierge de toi.

 

 

430881630.jpgJe regarderai une dernière fois l'envol de libellules rouges et partirai, à la nuit tombée, sans bruit, vers l'infini :

"Je voudrai tant partir
coiffée de lune
sous le ciel vagabond
!"
Tagami Kikisha-ni

Météo... picarde

Je l'ai mis près de la fenêtre, qu'il profite un peu de la lumière. Elle n'est pas habituelle de notre ciel (si) souvent gris. Comme si l'atmosphère, délaissant ses atours, ne souhaitait pas (plus) nous plaire.

Est-ce la faute aux plaines, dépourvues d'élan vers elle ? Aux oiseaux, et leurs couleurs un peu ternes ? Faut-il en vouloir à la grise mine des terrils, à l'obscurité du charbon ? Et la craie, avec sa blancheur maladive, n'a que bien peu d'attrait pour un ciel bleu d'été. Pourtant, le blanc se marie bien avec le bleu, regardez les cerisiers en fleurs, effleurant de leurs doigts blancs le velouté d'un azuré ravi de ces attentions...

dimanche, 30 mars 2008

A coeur/livre ouvert

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  Livre d’heures à l’usage d’Amiens
Picardie, XVe siècle
Papier
16,5 x 9 cm
BnF, Manuscrits occidentaux, latin 10536
 

Le petit livre d’heures amiénois de Nicolas Blairié, soigneusement écrit sur une fine réglure rose, mais modestement orné de quelques initiales dessinées à l’encre (folio 29), a la forme curieuse d’une amande lorsqu’il est fermé. Quand on l’ouvre, les deux moitiés de l’amande s’épanouissent pour épouser les contours d’un cœur, évocation concrète du cœur de l’orant qui s’ouvre à la prière

Merci l'arrière-grand-mère

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"Dans son appartement d'entre la cathédrale et la grand-place, Martin avait installé sa bibliothèque, riche de quelques milliers d'ouvrages. Des classiques français, latins et grecs, mais également toute sorte de littérature, poésie, prose, théâtre bien sûr, et biographies, journaux intimes, correspondances d'écrivains de tous horizons. Des Allemands, des Autrichiens, des Russes. Des livres en d'autres langues, celles qu'il pouvait lire, les langues anciennes, l'allemand et l'italien. Des recueils de poésie bilingues, des dictionnaires de langues étrangères, y compris de celles que Martin n'avait pas éliminées malgré l'avènement d'internet et du CD-Rom, une autre remontant au début du siècle que ses grands-parents paternels lui avaient donnée à la mort de l'arrière-grand-mère."

Projections privées, Gilles Rozier.

samedi, 29 mars 2008

Aux yeux qui s'entr'ouvrent

Aux yeux qui s'entr'ouvrent
les rayons de lumière (1)

Songeant à tant de jours où je perds tout mon temps (2)

Un homme sourit aux figures
écloses au bout de ses doigts (3)

Adieu, exil où j'étais opprimée ! (4)

 

(1) : J.-M. Barnaud, Celle qu'on attendait, p 14

(2) : Martial, Epigrammes, p 133 1085089239.jpg

320810906.jpg(3) : L. Gaspar, Patmos et autres poèmes p 95

(4) : G. Stampa, Poèmes, p 159206634498.jpg

vendredi, 28 mars 2008

Imagination

"La technologie est prévisible, mais pas l'imagination"

Gérard Berry, membre de l'Académie des sciences, dans Le monde de l'éducation, mars 2008

jeudi, 27 mars 2008

Lire du Ibsen dans une cabane de pêcheur

Chère Mathilde,

 Je sais que tu dois en avoir des centaines de photos en réserve, papier et numérique, que tu en as même fait un court-métrage, que tu parles la langue des gens de là-bas, que tu connais des gens, là-bas. Je sais que tu en sais plus que moi sur le sujet, mais j'avais quand même envie de te le dire.

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capté

Je feuilletais le magazine Géo de mars 2008, et là, que vois-je, un reportage sur les îles Lofoten. Si si ! Je sais que c'est un choc, annoncé comme ça  [:)], mais c'est comme ça.
Tu feras attention, entre chaque île se trouve une pub, ça peut être déconcertant quand on n'a pas l'habitude, mais tu verras, ça ne gâche en rien le voyage.

C'est pas pour parodier une parodie d'un célèbre chanteur français, mais j'irais bien faire un tour dans une cabane de pêcheurs, sur l'île de Moskenesoy. L'été serait l'occasion rêvée, le soleil se reflétant (non pas le poisson) tant qu'il peut dans l'eau dure, glacée. Enfin j'imagine. Je l'imagine assez rigide, à cheval sur les principes.. C'est sans doute que je ne la connais pas. Elle doit être timide, tout simplement.

Et Ballstad, vu d'en haut, qu'est-ce que c'est beau ! Ce camaïeu de vert tacheté de rouge, de blanc, fleurs du Grand Nord, grignoté par le bleu dur, impitoyable et royal de l'océan.

 

Assise sur le pas de porte d'une de ces nombreuses cabanes, je lirai du Ibsen :

Je t’appelai message de bonheur ;
je t’appelai mon étoile.
Et tu devins cela, Dieu merci,
un message de bonheur, allant, venant,
une étoile, oui, une étoile filante,
là éteinte dans le lointain.

je déclamerai la poésie de Jacobsen :

« L'obscurité est immense.
À peine de délicates aiguilles, la lumière,
dans une nuit sans fin.
Et elle doit voyager si loin
à travers un espace si désolé.
»

Paysage si dur, froid, si surréaliste qu'il semble que le moindre battement de nageoire excessif pourrait entraîner un gulf stream..Si parfait. Irréelle, une nature presque sans faille...

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capté
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capté ici

Bien sûr on mangerait du poisson fraîchement pêché, grillé à peine sorti de l'eau.. ou cuisiné comme tu me l'as raconté.
On ferait quoi encore, dis ?

J'vous la r'fais...

Mais avec d'autres... Bon le but n'est pas de vous lasser, vous l'aurez compris... C'est surtout l'occasion de découvrir des poètes méconnus, voire pas du tout (connus). De lire de la poésie, tout simplement.

 

1852201993.jpgParavent grand ouvert entre le jour et la nuit, or et violet le manuscrit déroulé suit le cours d'une rivière - l'eau troublée du langage et les affluents de la fable, un loup en amont du murmure : l'histoire est plus vieille que l'invention des caractères, et c'est sur les lèvres des femmes qu'il faut suivre ce récit sans commencement. (p 123)

 

 

 

104068456.jpgL'année de mon premier, de mon grand amour
Ce fut l'année même des horloges lumineuses. (p153)

 

 

384572787.jpgOh! rien qu'un lâche point d'arrêt
Dans mon destin qui se dévide (p 161)

 

 

 

 

2009984668.jpgTombez, ô perles dénouées
Pâles étoiles, dans la mer. (p 194)

mercredi, 26 mars 2008

M'asseoir sur un banc 5 minutes avec toi...

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"Tell Me A Story", Stainless Steel
Aurora,Co, The Intersection of Art & Function Program, 2008
capté
Comment ne pas résister à l'envie de s'asseoir, laisser voleter l'esprit ou les pages d'un bon livre...?

Le royaume des morts

 Ce qu'on découvre en s'amusant ! (non non ceci n'est pas un message publicitaire)

Certains ont une curieuse définition d'une bibliothèque :

"Une bibliothèque est aussi vaste qu'un royaume, avec son labyrinthe et ses forêts, ses monuments et ses lois, sa salle des trésors où le temps s'accumule. Mais c'est un royaume des morts, où des âmes errantes continuent de nous hanter comme si elles étaient encore à la recherche d'une sépulture."

in Bois dormant,  de Gérard Macé

mardi, 25 mars 2008

Parsemez : vous entendez quoi ?

 C'est vraiment passionnant ce qu'on peut trouver en croisant quelques vers... Rappelez-vous

 

du noir de l'oeil des masques (Le tremble et l'acacia)

Apprendre à lire le non-dit le pas encore dit (Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?)

car pendant mon absence personne n'y a songé (A la lisère du temps)

dès lors brûlant de se perdre il s'endort (Entre deux)

de l’ère logistique à l’ère de la médiation

Je vous recommande chaudement  cet article dont voici un petit extrait :

"Il me semble pourtant que la médiation est bien la recherche de dispositifs permettant de faire se rencontrer l’offre et la demande documentaire. A cet égard, je crois qu’elle fait partie intégrante de notre métier (tout comme l’action culturelle, dont elle est partie prenante). L’émergence d’Internet a d’abord fait croire que tous allions nous passer des médiateurs, puis ceux-ci sont revenus de manière très forte sous la forme de services numériques de recommandation plus ou moins automatisés. C’est l’ère du “si vous avez aimé cela, je vous conseille aussi ceci”, l’ère en quelque sorte de la dissémination des leaders d’opinion. Aujourd’hui, ce qui est valorisé, c’est le conseil, la proximité, la personnalisation et la recommandation, bien au delà des bibliothécaires. "

lundi, 24 mars 2008

Mais quand même ("Ce n'est pas que..." suite)

Voilà les deux livres sur lesquels je bute :

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Intéressant non ?

Association de poè-tes/mes

Amusez-vous à ouvrir quatre recueil de poésie, à prendre un vers d'une strophe au hasard d'une page, et d'en recomposer une, et voyez ce que ça peut donner :

1890501551.jpgl'air est si beau et si froid le soleil

 

 

 

 

175630011.jpgdevant le ciel qu'une ombre empale

 

 

 

 

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 avec un brin de chance et l'écume d'un orage

 

 

 

 

1905162665.2.jpgAi-je habité ma seule vie ? Celle d'un autre ?

Ce n'est pas que ...

1378736210.jpgJe ne lis plus, en ce moment (l'absence de conte rendu pourrait le faire croire), mais je ne me fixe sur aucun en particulier. J'essaie, sans succès. Comme si les romans ne voulaient pas de moi, qu'ils faisaient semblant de m'accepter, puis, quelques dizaines de pages plus tard, me repoussent, deviennent obscurs, font exprès de me faire perdre le fil pour me lasser de recommencer.

1890501551.jpgIl faut dire aussi que la nuit est déjà bien installée quand j'arrive à hauteur d'une couverture apparemment aimable, que je la frôle (ne pas surprendre, créer le contact), la touche, plus fermement, et puis écarte ses pages, avec un semblant de violence, et elle un semblant de pudeur. Là, je me noie dans ces mots qui dansent devant moi, ils m'absorbent, m'envahissent, me bercent, m'aiguillent vers la page d'après. Et puis, au moment où l'esprit ronronne, la mécanique s'est installée, les yeux se ferment, se rouvrent, cherchent à raccrocher la  dernière phrase, le dernier paragraphe..
175630011.jpgQuand je les rouvre, le livre est à terre, vaincu, ou plutôt boudeur, se sentant dédaigné. Alors chaque soir, c'est le même scénario, le roman se fait de plus en plus récalcitrant.

Je crois avoir trouvé une ruse. Je m'éparpille dans des recueils de poésie. ils ne sont pas si prétentieux, eux. Heureux plutôt, qu'on s'intéresse à eux.

Je navigue entre , et puis ...1905162665.jpg