Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 23 avril 2008

Ah oui...

J'oubliais : j'ai tout ça encore à lire, urgemment :

111795870.jpg56699831.jpg1938605472.jpg1779732549.jpg1767606289.jpget tellement d'autres....

Et mon coeur transparent

Bon. c'est ridicule.. L'application amazon ne marche pas, veullez réessayer plus tard... J'ai déjà fait 4 plus tard.. J'en ai marre.

Sachez juste que je suis en train de lire ceci :

826268619.jpgEt franchement, mais franchement, c'est bien.. Du moins pour l'instant.
J'vous tiens au courant.

lundi, 21 avril 2008

Mais, que dis-je? ô sottise ! et quel égarement !

Mais que dis-je ? ô sottise ! et quel égarement !

Il y a si longtemps que j'essaie
de toucher la nuit les fronces les légères

Tu voudrais sans arrêt qu'à tes yeux je me dresse

Resterons-nous en attente
Assis côte à côte

 

320810906.jpg413969065.jpg1197124181.jpget Celle qu'on attendait, Barnaud

dimanche, 20 avril 2008

Il dépérit - IKéBANA n°3

Il dépérit. En dépit de tous les tests de dépistage possibles, son corps se dépeuple petit à petit. Il n’en était nullement dépité, quand bien même sa peau se dépiautait lentement, douloureusement. Il sentait toutes les molécules de son corps en proie à la dépigmentation. Il n’en était pas pour autant déphasé. Ce sont les autres qui se dépêtraient de sa dépersonnalisation. Les autres qui souffraient de sa dépilation. Lui n’en avait cure. Au contraire. Il se sentait de plus en plus léger. Il se déphosphorait sans opposer le moindre effort. Ses veines dépiquaient le sang de ses vaisseaux, à leurs dépens, mais il laissait faire. Pourquoi les autres dépensaient-ils tant d’énergie à refuser cet état de fait ? Pourquoi s’obstinaient-ils à s’agglutiner autour de lui, sans arrêt, dépendants du moindre battement, cœur, paupière. Il devenait lisse comme une roche polie par un courant régulier, incessant. Que leur importait-ils alors, qu’il se dépenaille progressivement ? Ils semblaient vouloir empêcher toute fuite en avant, toute déperdition de chaleur, tels des manchots, sur la banquise. Il se sentait pris au piège, comme dans les mailles d’un filet à papillons.

 

Ils oubliaient que ça ne dépendait plus de lui. Le sort en était jeté.

 

Dépendants du moindre battement, cœur, paupière, du moindre battement d’elle. Partie, il s’envola, laissant à terre sa chrysalide. Dépigeonnage d’une vie. Plus aucune aile à l’horizon, à peine une plume, sur le balcon..

jeudi, 17 avril 2008

Chérie, remets ton diaphragme, ce soir j'te sors ma diatribe (âmes sensibles, s'abstenir)

Ikébana n°2, toujours sur une idée de Mr Brown..

Ah faut dire qu'il y a longtemps qu'elle n'a pas été autant en verge, enfin, en verve, ma p'tite diatribe paresseuse. le jour de ta diduction a sonné ma douce, mais tu ne mords pas hein ! La dichotomie a assez duré, on va fusionner comme jamais, c'est moi qui t'le dis ! J'ai le diascope en alerte, la diaule qui chante ! Les Grecs n'ont qu'à bien se tenir.
Par contre sache une chose, on va pas faire dans le diatonique, c'est droit au but ! Cherche pas ton didacticiel, le ciel, c'est tout droit ! Genre Marquis de Sade sans les didascalies. On va s'refaire la diastole de ton cul, la diathermie d'mon thermomètre à moustaches. J'ai toujours pensé qu'on était faits pour s'emboîter, tous les deux, je suis ta diaphyse gorgée de sang, tu es ma diatomée intérieure, tes branches enveloppent avec avidité la diaspora de mon plaisir. Diastase de mon désir, j'vais t'enseigner la didactique de mon tromblon, j'vais t'refaire le coup du dictionnaire, j'te donne un mot, tu trouves ma définition... Et pas d'entourloupe, du genre "j'ai la migraine", ou " j'peux pas j'ai diahrrée".
Viens donc que je te sers contre ma diaprure, ma déesse bien fessue, viens, que je t'affine le grain de peau de ma belle diatomite, un tango diabolique sur un rythme diastolique..
Quelle chance cette diarthrose, quelle souplesse, ma tigresse, ces reins diathermanes échauffent plus d'un érotomane averti ! c'est le dicton qui veut ça : "diathermanéité du matin, j'en perds mon frein"! Quoi, il existe pas ce dicton ? Et alors, tu t'y connais, toi, peut-être, tu n'as jamais été capable de faire la différence entre un dico qui t'les donne et un arbre ! Un dicotylédone ? C'est cela oui.. Si tu veux.. Commence pas à faire ton dictateur de la diction hein, c'est pas le moment. Occupe-toi plutôt d'mon gros dico, madame la savante didactyle. Dactylo ? Aussi, oui. Occupe t'en donc, de ma sténo, ma reine de la dictée.
Moi, mon père m'a dit, quand j'étais môme, que, dans la vie, ce qui compte, c'est d'être dibasique. Alors j'm'occupe de ma paire. Et d'mes pairs, s'ils sont aussi charmants que toi... ça t'en bouche un coin, pas vrai, mieux qu'avec ma fusée "dit-atomique". D'ailleurs, j't'ai pas demandé d't'en occuper y a quelques instants ? Viens donc murmurer des cochonneries à l'oreille de mon dictaphone, Après j'te remplirai ta grille de mots croisés, j'ai d'la longueur. J'f'rai même les cases noires, si ça t'intéresse, ma coquine.. Tu as toujours de ton dictame ? ça passera mieux je pense.. Dictame, dicte-âme.. amusant non ?
Eh, regarde, ça marche ! J'suis diapré de partout, on dirait un zèbre, rouge et blanc. Un troupeau de zèbres très "zob et hissants'. Ah ah ! Tu m'inspires qutant que tu m'aspires, ma goulue, quel talent ! Quand tu m'prends tout entier, là, comme ça, j'retourne en arrière, j'retombe dans mes souvenirs, comme une séance diapositives. Quand la brise d'été soulevait délicieusement ta robe, les dimanches à la campagne, et que tu m'attirais derrière un buisson pour me montrer ta rose dichroïque. Et moi, pressé de la butiner, je te donnais mon dard "dick-aromatique", il gardait le goût de toi, à chaque fois un peu plus, jusqu'à ce que je t'aie dans la peau, jusqu'aux os....
Bah ! Pourquoi tu t'arrêtes, pourquoi tu me regardes comme ça ? C'est la premire fois que je te parle ainsi ? Ah... t'es sûre que tu s'rais pas diasthésique des fois ? Amnésique, oui, voilà.. c'est pareil. T'es mon encyclopédie des synonymes, la reine de mon cygne, ma dicline en toute saisons, une déclinaison diaphragmatique, à l'ouverture psychédélique....
Aaaaaaah, je divague......

mardi, 15 avril 2008

Espoir timide

Chère âme, si l'on voit que vous plaignez tout bas
Le chagrin du poète exilé qui vous aime,
On raillera ma peine, et l'on vous dira même
Que l'amour fait souffrir, mais que l'on n'en meurt pas.

Ainsi qu'un mutilé qui survit aux combats,
L'amant désespéré qui s'en va, morne et blême,
Loin des hommes qu'il fuit et de Dieu qu'il blasphème,
N'aimerait-il pas mieux le calme du trépas ?

Chère enfant, qu'avant tout vos volontés soient faites !
Mais, comme on trouve un nid rempli d'oeufs de fauvettes,
Vous avez ramassé mon coeur sur le chemin.

Si de l'anéantir vous aviez le caprice,
Vous n'auriez qu'à fermer brusquement votre main,
- Mais vous ne voudrez pas, j'en suis sûr, qu'il périsse !

François Coppée, extrait de L'exilée

dimanche, 13 avril 2008

Oh ! qu'une, d'Elle-même, un beau soir, sût venir

Oh ! qu'une, d'Elle-même, un beau soir, sût venir

La main droite pour désigner les mots, la main gauche pour désigner les choses

Rien ne finit, rien ne commence

Sa place était chez moi.

 

(Laforgue, Macé, De Lisle, Lubin)

vendredi, 11 avril 2008

Print press not dead

Un article intéressant à lire sur www.internetetopinion.wordpress.com

 

L’info a été largement publiée dans la presse hier mais relativement peu commentée sur Internet jusqu’à présent (peut-être que ça n’arrange pas tout le monde dans la blogosphère) : l’étude Audipresse 2007, qui mesure l’audience de la presse écrite, montre un regain de forme général de la presse écrite en 2007. Contre tous les discours ambiants (y compris celui qu’on vous tient ici).

Vous pouvez télécharger l’étude AEPM (presse magazine) ici et l’étude EPIQ (presse quotidienne) là.

Vous y verrez que l’audience de tous les quotidiens progresse, sauf la Croix et l’Equipe. Libé réalise la plus belle progression (+10%) ; le premier support quotidien national est 20 minutes qui réunit une audience de 2.5 millions d’individus. L’Equipe, Le Monde, Le Parisien - Aujourd’hui, Métro et 20 Minutes dépassent des audiences de 2 millions d’individus.

Lire la suite ici

mardi, 08 avril 2008

Un pharaon, ça sent l'poisson non ?

LE PHARAON (un jeu proposé par une mystérieuse Misra)

Règles :

I - Utiliser obligatoirement les termes suivants:

poisson, pharaon, canon pantalon
revolver, patibulaire
carotte, saucisse, , , , ensorceleuse, sordide, ventru, rose, pantois, triste, , , , , , , inévitablement, tragiquement, aussitôt, vite, délicatement.
embrasser crier planter tomber
rire dormir
II - Tous genres littéraires acceptés

Maximum : 40 lignes.

Impro :

Ca sent le poisson, non, vous trouvez pas ? Pas très rassurant ce vieux troquet, limite sordide, avec toutes ces gueules patibulaires vissées au comptoir. De temps en temps un oeil torve se lève vers une ensorceleuse en tenue légère qui se déhanche pitoyablement sur le zinc, désespérant d'un billet de ces vulgaires ventrus, ou des quelques jeunots à la peau encore bien rose. Elle rêve d'un galant qui la f'rait descendre délicatement de son minable piédestal, qui lui ordonnerait de laisser tomber tout ça, qui la prendrait aussitôt dans ses bras pour l'embrasser, qui planterait son poing dans l'oeil torve qui s'est trop attardé en bas. Il la ferait rire, il l'emmènerait crier son plaisir. Elle serait sa déesse, il jouerait les pharaons, jusqu'à ce qu'elle aperçoive, dépassant de la poche de son pantalon le canon d'un revolver.
Elle resterait tragiquement immobile, retenant une larme silencieuse au coin de l'iris, le regard pantois.
Encore une fois elle se réveillera, triste jusqu'au bout de ses rêves.
Elle se demandera quelle conserve elle ouvrira pour le déjeuner : saucisse-lentilles, ou p'tits pois carottes.
Et elle retournera déambuler, encore une fois, sur ce comptoir dézingué.

lundi, 07 avril 2008

IKéBANA n°1 : « Un pauvre gus qui erre à la recherche de ton dernier soupir »

Un jeu proposé par un certain MR BROWN, qui consiste à ouvrir un dictionnaire au hasard, et prendre les mots de la double page pour en faire un texte. Dans le désordre, déclinés et/ou conjugués, l'invitation est lancée, j'y réponds ainsi :

   Le Petit Robert : guillotiner  => gynandromorphisme

IKéBANA n°1 : « Un pauvre gus qui erre à la recherche de ton dernier soupir »

Ah lala quelle gymnastique pour se glisser dans cette vieille guimbarde, faut avoir de la guimauve à la place des os, c’est pas possible autrement..

Et tout ça pour animer encore une soirée pourrie dans une vielle guinguette paumée dans un bled connu de personne sauf du guitariste, c’est bien notre veine !

64165009.jpgHeureusement, j’entends Keren Ann : « Lay your head down in my arms »… J’la laisserai bien reposer dans ses bras oui.. arrêter cette vie guindée, qui ne rime à rien, de salles des fêtes en MJC et autres centres socio quelque chose.. m’en fous d’faire guincher les vieux des cités, les papys avec leurs vieilles guimpes, les mamies qu’ont ressorti leurs guipures, tout ce petit monde dansant de guinguois, simulacre de leurs belles années.

 

Ah ce coup-ci c’est dans un gymnase, qu’on va jouer.. un peu de gymnastique musicale.. Et si il fait pas trop mauvais on aura qu’à organiser un Gymkhana, histoire d’en achever quelques-uns.. Bah oui, c’est pas humain de laisser ces gens agoniser pendant des années.. Rooo, j’plaisante, prenez pas cet air offusqué..

1608152794.jpgJ’crois que j’vais devenir gymnosophiste.. plus besoin de me prendre la tête pour les costumes, jouer naturel, revenir aux sources.. Devenir plus spirituel, ou plus spiritueux surtout,  histoire de.. d’oublier un peu.. devenir un artiste de la gustation viticole, me mettre à la guzla ; partir, au milieu de nulle part, enfin encore plus au milieu que maintenant, avec ma guitoune, parler à la nature, pousser des cris gutturaux pour effrayer les noctambules, me faire la peau aussi dure que de la gunite, pour résister aux intempéries, projeter sur l’écorce des arbres environnants les soirs de pleine lune l’ombre d’une guivre, pour faire peur aux braconniers insomniaques..

Je ressemblerais à une plante gymnocarpe, au fil des années mon bras se transformerait en guisarme, grâce à laquelle je pourrais m’accrocher aux troncs, chasser l’écureuil, récupérer ses provisions. Ecrire aussi, des mots corsés, l’âme écorchée, graver l’écorce, guillotiner mes a priori, mes idées reçues et mes apparences.. enrouler mes idées les plus noires en guirlandes autour des branches, et les laisser crever sous le coup des becs carnassiers. Les plus belles, je les recouvrirai de gutta-percha, pour les protéger des intempéries de mon esprit.

2087991669.jpgJe guiperais des gymnotes, pour m’alimenter le cerveau en électricité, pouvoir crier eurêka plus d’une fois par jour. Je n’en ferai qu’à la guise de Dame nature. Je ramasserais du bois, construirai un guindant, y accrocherais une guinée, et me ferai une voile, pour voyager vers les étoiles, Je la guinderais, qu’elle brille de mille feux et fasse jaser les astres les plus chatoyants ; je jouerais du guindeau, histoire d’aller encore plus haut, et jetterai l’ancre aux oubliettes. Je me ferais guillotineur des têtes brûlées, je passerais le guipon sur mon passé, je mettrais mon âme à nu, comme une gymnosperme émue. Je me ferais du guppy de sansonnet avec les quelques guldens qui traînent dans ma poche depuis trop longtemps. Je me fabriquerais un guipoir, torsader jusqu’à l’agonie une tentative de vague à l’âme. Un appareil gustatif, pour percevoir jusqu’à l’infini le goût de toi dans chaque parcelle d’air. Je mettrais des coques de noix vides pour récupérer chaque goutte de pluie , aussi suave qu’une larme de guyot et enverrai des baisers sucrés à ton souvenir, aussi ancien que le günz. J’apprendrais à mon cœur l’art de la guzla, pour lancer vers toi les plus doux sanglots.

Je me prendrais pour un gymnasiarque, et dirigerais les acrobates des sous-bois, les buissons et les rondins feraient d’excellents obstacles, la forêt prendrait son air le plus gymnasial, un saule pleureur me prêterait ses cordes pour grimper à ton sommet. Mes poumons s’élargiraient, grâce à cette hygiène gymnique, et pourraient stocker encore un peu plus de toi à chaque inspiration. La gustométrie de ta peau n’aurait jamais été aussi haute.

Mais tu es partie il y a bien longtemps.. Je ne suis plus qu’un mollusque atteint de gynandromorphisme, je ne suis plus qu’un père privé de descendance, un pauvre gus qui erre à la recherche de ton dernier soupir.

 

dimanche, 06 avril 2008

à mois que sa voix se mélange enfin

534578064.jpg

 

à moins que sa voix se mélange enfin
au pisé de ses nuits
aux moellons de ses genoux
à l'encre bleue de sa poitrine
à la pesanteur de sa taille
à sa parole en cavale d'ici la prochaine lisière
et les bois entravés de vent
elle dans son caprice tout à coup attendu

 

vendredi, 04 avril 2008

Ni bruit d'aile, ni sons d'eau vive, ni murmures...

Ni bruit d'aile, ni sons d'eau vive, ni murmures ;

Ô Lune, coule dans mes veines

Celles qui saignent longuement

Les miroirs de maintenant sont encombrés de souvenirs plus vrais que nature.

 

(Leconte de Lisle, Jules Laforgue, Armen Lubin, Gérard Macé)

L'image innée (suite - 2)

[...] 

A peine s’étaient-ils embrassés, que le brasier s’est enflammé. Affamés de chair, caresses abrasives, comment a-t-il fait pour savoir où la toucher, où l’attouchement devait être corrosif sur sa peau qu’elle pensait rouillée : comment pouvait-il savoir.

À peine sorti de son lange, sans se gêner l’ingénu fit preuve d’ingéniosité animale avant, bien avant de s’épanouir dans un ultime râle. Libérant des instincts méconnus, il s’installa en elle, doucement, puis se dévoua, dévoilant une fougue si longtemps déviée de la chair.

Devenu disciple, elle lui livra l’indicible, elle lui donna quelques indices pour atteindre la cible. Ce fut pour elle une renaissance quand il dénonça les zones sensibles, quand il pointa du doigt les endroits oubliés... Le désir regagna ses faveurs, la dénoua de ses tensions avec ferveur. Elle s’était censurée, il la rassura. Elle avait oublié de sentir, il la respira.

 

[...]

jeudi, 03 avril 2008

Jésus électrique dans l'escalier

"L'électricité ressemble beaucoup à l'amour - c'est plus qu'un simple sentiment. le cours des choses en est affecté, engendrant toutes sortes de phénomènes apparemment sans relation. La source peut se trouver ici, mais c'est là-bas qu'il se passe quelque chose. Il s'agit donc d'une histoire sur l'électricité, et c'est également une histoire d'amour, au sens large - en tant que bataille sans objet, confrontation sans répit."

 Sous l'empire des oiseaux, Carl Watson

mercredi, 02 avril 2008

Il m'est impossible de dire un texte où elle est nue

"Un livre se touche, un livre se caresse, peut-être ensuite raconte-t-il son histoire.
J'hésite depuis longtemps à écrire ces lignes. Il m'est impossible de dire un texte où elle est nue. Où je la tiens serrée contre moi. Où tout à coup ma mémoire cède sous mon ventre. Et c'est le monde qui s'éventre, se déchire, et se libère.
On ne prend pas un livre. On le cueille. Sa nuit nous appelle de l'intérieur, tout doux, comme un animal, elle glisse au pays de ceux qui déposent leurs visages et ne dévore qu'elle-même par manque d'espace. C'est une pierre avec un présage, il faut se baisser, lui parler, lire d'abord les yeux fermés. Alors vient grandir cette part imprononçable : le livre s'éclipse. On en garde le souvenir d'une faute, d'une absence. D'un éclair. "

La vie pauvre, Dominique Sampiero,.