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lundi, 02 juin 2008

Les maîtres du polar

 Ce mois-ci dans le magazine Lire : Les secrets des maîtres du polar

Georges Simenon (1903-1989)
Ecrire «gris», limiter son vocabulaire pour «ne prendre que les mots qui ont la même résonance dans chaque esprit», les détracteurs de Simenon le lui ont longtemps reproché. Or ce minimalisme veut correspondre aux histoires qu'il raconte. Le rythme est souvent caractéristique pour exprimer l'action des personnages. Il affectionne le monologue intérieur et les interrogations indirectes. «Je suis un instinctif, dit-il à Bernard Pivot en 1981 lors de l'émission Apostrophes, je ne suis pas du tout un intellectuel. Je n'ai jamais pensé un roman, j'ai senti un roman. Je n'ai jamais pensé un personnage, j'ai senti un personnage. Je n'ai jamais inventé une situation. La situation est venue lorsque j'écrivais un roman mais je ne savais pas du tout où mon personnage allait me mener.» En écrivant ses premiers Maigret, Georges Simenon explique qu'il le fait pour apprendre le métier d'écrivain et que le choix du roman policier lui paraît plus facile, plus technique. Il instaure dès le début ses rituels d'écriture: rumination, rassemblement des informations, rédaction. Il tape directement à la machine, évite de trop se relire, travaille dans une sorte de transe, en quelques jours pour ne pas perdre le fil de son histoire. La dernière étape est celle de l'ultime relecture où l'auteur se contente le plus souvent d'alléger encore son style, retirant des adjectifs, des adverbes. Ce qui l'intéresse, c'est le criminel beaucoup plus que le crime. Maigret au début n'est qu'une silhouette qui va peu à peu se préciser, manifestant sa sympathie pour les petites gens, Paris et ses quartiers populaires. Au départ, Simenon choisit de se pencher sur un homme sans aspérité en état de crise. Les décors restent un peu les mêmes, une France réinventée mais qu'il connaît bien, des impressions de lieux plus que des descriptions précises. Son éducation dans un milieu petit-bourgeois et sa formation de journaliste lui serviront pour imaginer Maigret mais également tous ses personnages qui se doivent d'être «ordinaires». Maigret antihéros, c'est la marque de Simenon, un homme simple, banal mais excellent enquêteur grâce à son don d'imprégnation, son envie de comprendre les raisons d'un crime. «Je tiens Simenon pour un grand romancier, le plus grand peut-être et le plus vraiment romancier que nous ayons eu en littérature française aujourd'hui.» Qui dit cela? André Gide, en 1939. C.F.

Commentaires

J'ai beaucoup lu Simenon il y....10 ans au moins.
J'ai fini "Taj" dont j'avais fait une note enthousiasmée
Bisous ensoleillés entre 2 averses orageuses.

Écrit par : laura | mardi, 03 juin 2008

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