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dimanche, 22 juin 2008

Le syndicat des pauvres types

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Le tri du courrier, la nuit. Garder l'appartement d'un couple "d'amis", partis au Vietnam pour l'été, appartement débordant de leur "réussite", sociale, professionnelle, sexuelle.

Quelle chaleur ! Elle semble dilater les heures autant que les pores, le saiguilles alanguies écoulent le temps si lentement qu'on le croirait arrêté, parfois, cherchant l'ombre, lui aussi.
Antoine traîne son corps, autant que son ennui, au travers des journées sa,s fin, sans but, sans rêve. Attend l'impératif h oraire qui lui permettra de fuir son habitat empli de cancrelats.

Mais surtout, Antoine  traîne une odeur, une sale odeur, dont ses vêtements, sa chair ne se départissement jamais. Elle est là, s'accroche, comme la chaleur au mercure du thermomètre. Les douches, le parfum, le ralentissement de ses (rares) activités n'y font rien, il (se) sent toujours mauvais. Pourtant les autres doivent la sentir cette odeur, ils ne peuvent pas ne pas la sentir, elle imprègne tout ce qui l'entoure. C'est même sûremetn pour ça qu'il n'a pas d'amis, des vrais, que personne ou presque, ne s'attarde à ses côtés. Les femmes, surtout. Une, en particulier.

Dès qu'il le peut (tout le long de la journée), il puise dans un grand livre les réponses à toutes ses interrogations sur l'homme, l'humanité. Son meilleur interlocuteur, celui qui l'écoute, lui répond, ne l'interrompt pas, le considère. Ce livre a besoin de lui, pour être livre. Aucune crainte d'être interrompu, personne ne frappe jamais à sa porte, le téléphone ne sonne jamais, sauf erreur.

Le parfait stéréotype du pauvre gars, celui qu'on prend en pitié, mais qu'on ne veut absolument pas approcher, qu'on plaint, sans jamais compatir. Un type qui n'existe que sur a sfiche de paie, sur sa déclaration d'impôts, et le dimanche, quand il fait un gâteau.

Malheureux ? On ne peut pas dire, il ne sait pas ce qu'est le bonheur. Passif, plutôt. Monotonie légèrement perturbée par l'annonce d'une femme, seule..

Et puis, (car il y a toujours un "et puis", enfin, la plupart du temps), un homme l'aborde, le reconnaît, l'a "flairé" (l'odeur, sûrement) comme l'un des siens, l'un des leurres. Un homme banal, affreusement banal, que la société méprise, essort jusqu'à en tirer la dernière goutte sans se préoccuper de le froisser. Une fourmi...

Cet homme est membre d'un syndicat, le syndicat des pauvres types. Et ce syndicat a besoin de lui, d'Antoine, comme un porte parole de ses ignorés, de ces gens qu'on bouscule sans jamais présenter d'excuse. Si tous les pauvres types se réunissaient, s'unissaient, le monde s'arrêterait enfin de tourner, et la verrait, cette masse invisible, mais indispensable. Antoine n'a jamais entendu parler de ce syndicat, comment est-ce possible ? Depuis quand existe-t-il, comment recrute-t-il  ?

Dans le même temps, une émission de télé le réclame, à corps et à cri. Sa banalité peut le rendre célèbre... Un jeu, consacré à des types comme lui, sans empreinte. Coïncidence  ? Complot  ? Et pourquoi lui, pourquoi Antoine....

Note : 9/10

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