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mardi, 08 juillet 2008

Deux jours à tuer

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Un éléphant, qui se baladait, sur une toile toile toile, toile d'araignée..

C'est un peu l'univers qui règne dans la chambre de Vincent et Alice. Dans la tête d'Antoine, il n'y a que l'araignée, à la toile de laquelle se balade son cerveau. comme le petit cochon, pendu au plafond. Cetet araignée ressemble à celel qui se lovait, se nichait, se réfugiait dans un creux du mur. Juste au-dessus de son lit. Avec laquelle il avait appris à cohabiter. "Rien à dire sur la Vie d'Antoine, sinon qu'en ce vendredi soir d'octobre, seul dans sa voiture parmi des millions d'autres, notre homme n'avait qu'une idée. [...] surgir à l'heure du dîner dans la cuisine équipée de sa maison des Yvelines et, par dégoût de lui-même, de ce qu'il avait engendré et de ce qu'il allait trahir, massacrer à coups de hache, de grille-pain, de plateau à fromages ou de n'importe quoi, ses enfants magnifiques et sa ravissante femme. Au fond de lui, l'araignée noire venait de sortir une patte."

Et là, cette araignée toque à son front. De l'intérieur. Il voudrait bien faire comme si, comme si elle n'existait pas, n'avait jamais existé. "En d'autres temps, Antoine aurait pleuré de rire. Cette fois, c'était juste le rire qui faisait défaut. Allongé sur le lit de son fils, la tête dans les nuages et le regard sur un mobile multicolore où tournaient sur eux-mêmes des oiseaux de toutes sortes, il se laissa porter par le courant jusqu'à la source même de sa vie. Oui, tout ici était tellement moins compliqué : il y avait quatre saisons, les nombvres ne dépassaient pas 10,l'alphabet ne servait qu'à relier les ananas aux zèbres, les ciels gribouillés de bleu étaient comme suspendus, en haut des feuilles Canson, le soleil brillait invariablement dans un coin de la page, les vaches étaient des vasses et même de cimpanzés si on le désirait, les oiseaux surgissaient plus gros que les maisons, les cheminées ne manquaient jamais de fumer, les arbres avaient l'allure de grosses sucettes vertes, les avions volaient malgré leurs ailes verticales, les papas étaient là, ils avaient une tête ronde et de longues fourchettes à la place des bras, ils avaient le sourire et ils ne partaient pas de la maison du jour au lendemain juste parce qu'une jolie dame le leur demandait."

Mais non, elle est là, et comme elle ne peut sortir, elle explore le reste du corps, s'immisce dans la trachée, glisse vers les poumons, frôle le coeur, puis le transperce. Cette araignée se nourrit de chair, de douleur, et guette, tapie dans un recoin, derrière l'oeil, dans la voix. Guette la moindre occasion de gagner du terrain.

Grignoter quelques zones cervicales. Jusqu'au jour où, profitant d'une faiblesse, de sa force accrûe au fil des jours, des semaines, des années. Elle fracasse la porte, laissant se déverser à l'extérieur un flot de rage, de colère, de tristesse, bref, la folie qu'il hébergeait éclate au grand jour, au visage  de tous ceux qui l'entourent. Sa femme, Cécile, ses enfants, ses amis, réunis à l'occasion de ses 42 ans. Un anniversaire surprise. Anniversaire durant lequel Antoine laissera progressivement sa place à cette mygale affamée. La toile qui s'est tissée en son for intérieur fait de lui son premier prisonnier. Et puis les autres.. Jusqu'à ce que... Jusqu'au bout. Car Antoine ira jusqu'au bout. Et n'épargnera personne. Même pas lui.

Note : 10/10

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