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mercredi, 30 juillet 2008

Vole en éclat

"Le cerveau part en torche, mais y a plus de parachute, rien pour parer les silences, dans l’abyme y a plus rien qui résonne, pas même un vieil écho.. on donnerait cher pour un mot, pour un éclat de voix, mais c’est la vie qui vole en éclat."

Extrait de G. crie C. maux.

samedi, 26 juillet 2008

Une belle table pour le dîner

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 Une belle table pour le dîner, Hélène Duffau

Une femme à qui "on ne la fait pas".

S'étonnant à peine du retard de son hôte, Stéphane, et de son manque de courtoisie (il semblait être bien élevé pourtant), Chantal s'attable seule et mange, enfin non, savoure ce délicieux repas avec au moins autant de plaisir qu'elle a eu là le préparer : "Chantal savoura chaque bouchée de son repas en se rappelant qu'elle aimait aussi manger seule, sans avoir de conversation à tenir, avec le seul plaisir de laisser sa penser divaguer au gré de la musique ou de ses réflexions sur ce qu'elle ingérait. Cet ensemble musique nourriturela ravissait.
L'alimentation était chez elle un régulateur d'humeur. La musique, un détendeur, un apaisement, une source d'énergie vitale."

Elle n'attend même plus la sonnerie du téléphone, toute entière plongée en cet instant précieux. Jusqu'à ce que l'interphone ne gémisse...

Mais Stéphane pourra-t-il lui procurer autant de satisfaction qu'elle vient d'en éprouver ?

Comme si l'attente avait été plus jouissive que son arrivée (certes impromptue)... Ne sous-estimez jamais les pouvoirs d'un bon repas..

 

vendredi, 25 juillet 2008

Le jour où le ciel a disparu

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Dans la revue Brèves n°85 :

Le jour où le ciel a disparu, de Michel Lambert.

Des retrouvailles pour le moins singulières entre un homme et une femme qu'il a aimé à sa manière, il y a de cela un certain temps. Mais elle n'a plus rien à voir avec celle qu'il a connue, 20 ans plus tôt. A-t-elle vraiment changé ? Ou est-ce le monde qui s'est précipité autour d'elle ? Nul ne sait vraiment.

Un ciel de décembre, qui se disperse en flocons. A cette allure il va bientôt disparaître. Alors, il repense à ces mots qu'il a prononcés, il y a 20 ans, un jour où le ciel, justement, a disparu. Disparu dans ces mots ?  Ou est-ce Inès, qui a disparu, ce jour-là ?

Mais après tout, "quel mal y avait-il à aimer les autres, à bénir les plus faibles ?". Oui, quel mal y a-t-il ?

 

jeudi, 24 juillet 2008

La route

La route

"Aucune liste de choses à faire. chaque jour en lui-même providentiel. Chaque heure. Il n'y a pas de plus tard. Plus tard c'est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre coeur ont eu une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. Bon, chuchotait-il au petit garçon endormi. Je t'ai toi."

Rien. Il n'y a plus rien. Rien à voir. Ou trop, justement. Trop de vide, de silence, de gris, de noir et blanc. Plus aucun mouvement autre que celui des éléments, encore actifs. L'eau, grise, noire, le vent, chargé de cendres. Le soleil, à jamais voilé par des nuages drapés de suie, eux aussi. Même les arbres sont noirs, brûlés. Les humains aussi. Certains fondus avec le bitume, comme une ultime union. Tu es né poussière, tu redeviendras poussière. Poussière qui s'infiltre d'elle-même. Elle est partout. Même dans la neige. Plusaucuen parcelle de blanc, même celui de l'oeil est terni. Veiné. Sombre. L'espoir y passe ses derniers instants. S'écoule, très finement. En même temps que surgissent les souvenirs, ceux d'avant, pendant, et après elle.

"Alors ne le fais pas. Je ne peux pas t'aider. On dit que les femmes rêvent de dangers qui menacent ceux dont elles prennent soin et les hommes des dangers qui les menacent eux-mêmes. [...] Elle était partie et le froid de son départ fut son ultime présent. [...] les centaines de nuits qu'ils avaient passées à analyser le pour et le contre de l'autodestruction avec le sérieux de philosophes enchaînés au mur d'un aqsile d'aliénés."

Elle est partie. Il y a longtemps. Mais le temps ne compte plus, de toute façon. Plus d'horloge, plus de fuseau horaire, le monde fume encore de ses cadavres, de ses maisons éventrées, de ses entrailles noires, d'un noir absolu, jamais vu, apocalyptique.

Ils croisent quelques vivants. Des pas encore morts. Car elle est là, la mort, chaque matin au réveil, chaque pas dans la neige noircie, chaque fois qu'il faut s'arrêter, sans jamais savoir s'ils pourront repartir.

"Il essayait de trouver quelque chose à dire, mais il ne trouvait rien. Il avait éprouvé ce sentiment-avant, au-delà de l'engourdissement et du morne désespoir. Le monde se contractant autour d'un noyau brut d'entités sécaboles. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l'oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. Finalement les noms des choses que l'on croyait être vraies. Plus fragiles qu'il ne l'aurait pensé. Combien avaient déjà disparu. L'idiome sacré coupé de sesréférents et par conséquent de sa réalité. Se repliant comme une chose qui tente de préserver la chaleur. Pour disparaître à jamais le moment venu."

L'horreur humaine dans toute sa splendeur. Enfin, juste après sa splendeur. N'en reste que les miettes. Non pas les cadavres. Ceux qui marchent encore. L'horreur est là, dans ses derniers gestes... Et sera jusqu'à ce qu'ils succombent. Après ? Rien. Cendres, poussières, cadavres. Pousser le caddie, ne pas perdre le revolver. Unique protection (ir)réelle contre les plus malfamés qu'eux. Ceux qui se mangent entre eux.
Pourquoi ? Pourquoi marcher ? Pourquoi ne pas rester là, sans bouger, rien d'autre qu'attendre, défiant les lois les plus naturelles ? Attendre. Ou bien se donner la mort. Mais lui. Il ne peut pas la lui donner. C'est la seule chose qu'il ne pourra jamais lui donner. Pourquoi ? Parce que c'est son fils ? "C'est mon enfant dit-il. Je suis en train de lui laver les cheveux pour enlever les restes de la cervelle d'un mort. C'est mon rôle." Ou bien la dernière chose en laquelle il croit.. Allez savoir.

"Tu veux que je te raconte une histoire ?
Non.
Pourquoi pas ?
Le petit le regarda puis détourna les yeux.
Pourquoi pas ?
Ce ne sont pas des histoires vraies.
Ca n'a pas besoin d'être des histoires vraies. Ce sont des histoires
."

Note : 9,5/10

mercredi, 16 juillet 2008

Doutes

Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.*

 Albert Camus, extrait des Carnets.

 

lundi, 14 juillet 2008

Nuit, paupière

La nuit n'est peut-être que la paupière du jour.

Omar Khayyâm

vendredi, 11 juillet 2008

Roza

Roza
 

"Je venais de découvrir que je ne savais rien ou presque de cette femme. Apparemment elle n'avait pas d'amis. Elle n'allait pas au travail. Elel vivait seule dans cette chambre carrée aux murs dénudés. Dans sa garde-robe en contreplaqué, badigeonnée d'une couche de peinture pour plancher, étaient accrochés sur des cintres deux ou trois robes et un manteau. Sur une étagère de la même couleur était posé un poste de radio semblable à un émetteur militaire et, à côté, une pile de revues épaisses empruntées à la bibliothèque municipale. Elle ne possédait ni réfrigérateur, ni téléviseur, pas même de petits tapis ornés d'une ravissante demoiselle assise ou des portraits sur les murs [...] En comparaison, Roza me paraissait pauvre, misérable même. Mais elle ne se plaignait jamais."

C'est ainsi qu'apparaît Roza au yeux de Sidelnikov, sa grand-mère semble-t-il, après sa mort. Cette mort qu'il essaie de compenser comme il le peut. Car c'est chez elle qu'il a vécu. Des parents toujours en voyage, qui lui accordent de temps à autre le privilège d'un opéra lors de leur passage en ville. Cette Roza, qui n'a rien, et qui, pourtant, lui donne tout. Et plus encore. Une relation forte mais discrète, un amour qui repousse les murs de cette petite pièce dans laquelle ils vivent, qui comble l'absence de confort. Le confort, c'était elle, qui l'aimait infiniment : "le plus incompréhensible, c'était son attitude à mon égard, la manière silencieuse, égale et persévérante, dont elle me prenait en charge et que je ne parvenais pas à m'expliquer. Elle veillait à mon bien-être, à l'infaillibilité de chacun de mes pas, comme si j'étais l'unique but de son existence et qu'elle n'en avait jamais eu d'autre."

Sidelnikov partira, ira se confronter à d'autres modes de vie, à la vie, tombera, et se relèvera. Mais ses pensées finissent toujours par retrouver le chemin qui mène à Roza.

Une relation grand-mère petit-fils sur fond russe, une chaleur contenue dans l'ère froide. Un phare dans la brume. Une relation en apparence banale, une étoile éternelle dans un ciel voilé par les nuages. Une poésie à couper le souffle. Poignant.

Ame, libellule

Les âmes, libellules de l'ombre...

 Victor Hugo.

jeudi, 10 juillet 2008

Festival des forêts

Ce n'est pas tout à fait dans ma p'tite ville,

mais c'est au moins dans ma région.

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mardi, 08 juillet 2008

Deux jours à tuer

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Un éléphant, qui se baladait, sur une toile toile toile, toile d'araignée..

C'est un peu l'univers qui règne dans la chambre de Vincent et Alice. Dans la tête d'Antoine, il n'y a que l'araignée, à la toile de laquelle se balade son cerveau. comme le petit cochon, pendu au plafond. Cetet araignée ressemble à celel qui se lovait, se nichait, se réfugiait dans un creux du mur. Juste au-dessus de son lit. Avec laquelle il avait appris à cohabiter. "Rien à dire sur la Vie d'Antoine, sinon qu'en ce vendredi soir d'octobre, seul dans sa voiture parmi des millions d'autres, notre homme n'avait qu'une idée. [...] surgir à l'heure du dîner dans la cuisine équipée de sa maison des Yvelines et, par dégoût de lui-même, de ce qu'il avait engendré et de ce qu'il allait trahir, massacrer à coups de hache, de grille-pain, de plateau à fromages ou de n'importe quoi, ses enfants magnifiques et sa ravissante femme. Au fond de lui, l'araignée noire venait de sortir une patte."

Et là, cette araignée toque à son front. De l'intérieur. Il voudrait bien faire comme si, comme si elle n'existait pas, n'avait jamais existé. "En d'autres temps, Antoine aurait pleuré de rire. Cette fois, c'était juste le rire qui faisait défaut. Allongé sur le lit de son fils, la tête dans les nuages et le regard sur un mobile multicolore où tournaient sur eux-mêmes des oiseaux de toutes sortes, il se laissa porter par le courant jusqu'à la source même de sa vie. Oui, tout ici était tellement moins compliqué : il y avait quatre saisons, les nombvres ne dépassaient pas 10,l'alphabet ne servait qu'à relier les ananas aux zèbres, les ciels gribouillés de bleu étaient comme suspendus, en haut des feuilles Canson, le soleil brillait invariablement dans un coin de la page, les vaches étaient des vasses et même de cimpanzés si on le désirait, les oiseaux surgissaient plus gros que les maisons, les cheminées ne manquaient jamais de fumer, les arbres avaient l'allure de grosses sucettes vertes, les avions volaient malgré leurs ailes verticales, les papas étaient là, ils avaient une tête ronde et de longues fourchettes à la place des bras, ils avaient le sourire et ils ne partaient pas de la maison du jour au lendemain juste parce qu'une jolie dame le leur demandait."

Mais non, elle est là, et comme elle ne peut sortir, elle explore le reste du corps, s'immisce dans la trachée, glisse vers les poumons, frôle le coeur, puis le transperce. Cette araignée se nourrit de chair, de douleur, et guette, tapie dans un recoin, derrière l'oeil, dans la voix. Guette la moindre occasion de gagner du terrain.

Grignoter quelques zones cervicales. Jusqu'au jour où, profitant d'une faiblesse, de sa force accrûe au fil des jours, des semaines, des années. Elle fracasse la porte, laissant se déverser à l'extérieur un flot de rage, de colère, de tristesse, bref, la folie qu'il hébergeait éclate au grand jour, au visage  de tous ceux qui l'entourent. Sa femme, Cécile, ses enfants, ses amis, réunis à l'occasion de ses 42 ans. Un anniversaire surprise. Anniversaire durant lequel Antoine laissera progressivement sa place à cette mygale affamée. La toile qui s'est tissée en son for intérieur fait de lui son premier prisonnier. Et puis les autres.. Jusqu'à ce que... Jusqu'au bout. Car Antoine ira jusqu'au bout. Et n'épargnera personne. Même pas lui.

Note : 10/10

dimanche, 06 juillet 2008

Jouir

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Le pouvoir des mots. Exercer le pouvoir des mots. Le choc des corps, sans aucune chronologie, O, Y, R, garçons, hommes, filles, femmes.

Elle jouit avec les mots, les idées qu'ils contiennent, comme on joue avec les corps. Les souffles s'emmêlent et chantent une nouvelle écriture :

"Je suis jalouse des homosexuels, jalouse de mes amis pédés, jalouse de Renaud Camus et d'Hervé Guibert, même si Hervé Guibert est mort. Je les lis et les relis. A Paris, à New-York, à Londres, à Berlin, à Sydney ou à San Francisco, ils ont envie d'un corps et ils le prennent. Ils l'écrivent avec la même simplicité : sans émotion, sans angoisse, sans culpabilité."

Les mots éclosent, les souvenirs renaissent dans les caresses, les phrases effleurent, le désir s'élève, maintenant, il y a six ans, demain, tout à l'heure.

"Quand j'étais jeune, j'ai fait l'expérience du pouvoir des mots. [...] A. m'écoute avec attention. Mon discours produit sur lui une sorte de commotion. Quand je lui demande de se déshabiller, il se déshabille. Il enlève ses chaussures, son pantalon, son tee-shirt, ses chaussettes, . Il est en caleçon. [...] Le plus surpris de nous deux, c'est moi. Il suffit de parler : d'un coup de baguette les mots se réalisent."

On ne sait plus, peu importe. Ce n'est pas I. Le temps se dilate, le plaisir s'étire, seul, accompagné, se déploie, foudroie, mais pas toujours, pourquoi pas I. ? Oral, écrit, le mot se fait geste, la voix se fait tactile, subtiles variations de l'air, nouvelle gamme de frissons.

"A 20 ans j'ai exercé le pouvoir des mots. A trente-deux ans je l'ai subi. Un homme m'a dit : "Ton odeur m'excite." Il l'a dit dans une langue étrangère : "Your smelle arouses me." Il l'a dit lentement, avec un accent anglais doublé d'intonations étrangères, en me regardant dans les yeux. Son accent british a transformé la diphtongue avec la deuxième syllabe de "arouses" en une gamme musicale qui m'a émue comme des vibraitons lentes et graves des chants d'amour portugais."

La jouissance au service du mot, et non plus l'inverse.

" Les mots font lentement leur effet sur moi comme ces capsules qui fondent après avoir été avalées et répandent dans le sang leur drogue."

Mais avec I....

Note : 07/10

Ni Fées Ni Sorcières (page autorisée aux chiens et ...

Si vous avez quelques minutes, lisez ceci

Extrait :

mercredi, 02 juillet 2008

Secousse du coeur

Lu dans Le magazine littéraire juillet-août 2008 :

"Au fond, l'humour, s'il n'est ni bête ni méchant, c'est une secousse du coeur et de la raison réconciliés : ça postule l'universel, ça ressemble à l'intelligence quand elle est partagée, à l'amour en plus rigolo."
Frédéric Ferney.