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vendredi, 29 août 2008

L'oeil était dans la tombe

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Patrick Vaille, jeune chef d'entreprise à qui l'existence semble réussir, vit néanmoins dans le souvenir encombrant d'un père aimé-détesté, Jacques, personnage médiatique au caractère très marqué, et dont il assume très difficilement la mémoire. Aussi, lorsqu'un maître-chanteur menace son épouse de révéler des photos compromettantes pour la figure de ce père décidément envahissant, le jeune homme passe à l'action et tue le maître-chanteur, dans des circonstances sordides. Le premier pas d'un terrifiant engrenage criminel... et la première surprise d'un scénario riche, tendu et particulièrement fertile en rebondissements.

Je ne m'y connais pas assez en BD pour apporter une critique très pertinente, c'est donc en amateur que j'en parle. En effet le graphisme est particulier, et donne aux visages une certaine intensité, notamment les yeux. L'histoire est assez convenue, la sensation de déjà-vu s'impose. L'aveugle qui apporte sa contribution n'est pas sans rappeler un certain film, le père abusif et la mère suicidée par défenestration n'apportent pas non plus l'originalité espérée. Je fus assez perplexe face aux quelques raccourcis que l'auteur a pris (est-ce inhérent à la BD ?), éludant bon nombre de faits et gestes, de pensées, l'évolution d'un esprit plus que malade. Cela dit, j'ai pris un certain plaisir à lire cet ouvrage. Un je ne sais quoi d'attirant, d'envoûtant, le dessin sûrement, qui pardonne les maladresses de la narration.

Et puis, ce titre, extrait d'un vers de Victor Hugo : "L'œil était dans la tombe et regardait Caïn." Il fallait oser.

Note : 06,5/10

 

mardi, 26 août 2008

Quand on a que l'amour

Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour
Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour

Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours
Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours

Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours
Quand on n'a que l'amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour

Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux-là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour

Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains,
Le monde entier.

Jacque Brel

lundi, 25 août 2008

Echappée belle

L'échappé...jpg
copyright Mathilde Leroy

dimanche, 24 août 2008

La mort n'est rien

 

"La mort n'est rien.
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait :
N'employez pas un ton différent,
Ne prenez pas un ton solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire.
Priez, souriez, pensez à moi.
Priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison, comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout va bien !
"

 

 

 

 


Charles Péguy, d'après un texte de Saint Augustin

 

jeudi, 14 août 2008

Jeu de massacre

Jeu de massacre

"Le mieux qu'on pouvait espérer de la vie, si on suivait le mode d'emploi, c'était de devenir de bons consommateurs bien sages et bien gras, des Bidochons certifiés conformes qui regardent la télé pour oublier ce qu'ils voient à la télé. Notre destin c'était de ramer jusqu'au bout de nos forces, ramer, ramer sous les publicités pleines d'autos scintillantes, de pays exotiques et de femmes de luxe. Tristes de désirs inassouvis, on se sentait déjà finis, emballés, étiquetés, condamnés par les statistiques et les calculs des experts en avenir. Entre la vie flamboyante et cousue d'or qui s'affichait partout et notre existence au goût de cambouis, il y avait trop de décalage."

Le tigre, Saint-Croix, Chalouf et moi. Quatre jeunes gars pleins de révolte et non pas d'avenir, qui ne se font aucune illusion quant à ce qui les attend et qui tentent d'y échapper, le temps d'une virée. Marseille, ma ville, notre univers, notre pied-à-mer, un phare dans notre vie de misère. Et en parlant de misère je vous affirme qu'elle n'a rien de moins pénible au soleil. Au contraire, la chaleur aurait tendance à activer le processus. Certains quartiers transpirent leur mal-être, les oedeurs sont plus fortes, tout est révélé aux rayons inquisiteurs du roi soleil. S'il faut de tout pour faire un monde, Marseille en est le centre :"On est allés prendre le pastis à la gare de l'Est. C'est là le vrai coeur de Marseille, avec, devant la statue mutilée de je ne sais plus qui, le petit marché où l'on trouve tous les fruits et légumes de l'univers. C'est plein de cafés, de pâtisseries arabes, de poissonneries, d'oiselleries, de marchands de vin, de bazars, de crémeries et tutti quanti. Ca grouille de monde, ça crie, ça s'appelle par la fenêtre, on entend un piano, des chiens aboient, des chats regardent - c'est une bouillabaisse vivante qui donne le vire-vire, et ça sent la mer, l'anis et la friture. Ce n'est rien de particulier mais on se sent bien. A Marseille, s'il n'y a pas toujours tout ce qu'on cherche, on trouve de l'imprévu à pleins paniers. Ici rien ne marche comme sur des roulettes mais tout peut arriver. On ne se sent plus seul parcequ'on oublie qu'on existe, tellement on voit de choses : des Noirs qui vendednt des gris-gris, des fillettes en chaussaettes blanches qui sortent de leur leçon de musique, des vieux qui boivent le pastis au même endroit depuis des siècles, des putes chinoises qui avalent une pizza avant de retourner au travail, des marins qu'on ne sait pas d'où ils viennent, des fadas qui ne savent pas où ils sont, des gitanes qui pour quelques francs vous délivrent du mauvais oeil."

Mais moi je préfère Marseille la nuit, Marseille l'étoilée. Quand j'regarde ses lumières, j'vois plus l'désastre, mon esprit devient boussole et s'aimante à l'infini. Mon corps alors navigue dans l'océan de l'univers. "Nous dominions la ville. Sur les pelouses tournaient des jets d'eau. On s'est mis tout nus et pendant un bon moment on s'est éclaboussés à qui mieux mieux.Le tigre avait apporté une barrette d'afghan, du bon, bien noir, alors on s'est fumé un pétard sous les étoiles. Devant nous, des anges en pierre sonnaient de la trompette vers la lune.[...] C'était magique, toute cette nuit rien que pour nous. A nos pieds, Marseille s'étendait de partout, avec ses millions de lumières, ses clochers, ses coupoles, sa Bonne Mère, là-haut, toute illuminée - et puis la ville s'arrrêtait net comme au bord d'un abîme : c'était la mer, une nuit dans la nuit."
Saint-Croix lui, il préfère lire la vie dans des bouquins  de Kant, Descartes, pour lui la vie c'est la pensée, moi j'préfère penser à la vie.
Chalouf, il en peut plus d'amour pour une fille qui a préféré envoyer sa pudeur en l'air avec le tigre. Même pas un baiser. Il n'en peut plus de sa vie sans zèle, de ce voyage sans destination, tout ça parce qu'il vient de l'autre côté d'notre mère qui médite. ALors il se réfugie en lui-même, il creuse sa tombe en lui-même, pas facile d'être arabe. Tous les regards, les paroles méprisants qu'on lui jette sont autant de mottes de terre qu'on jette sur son cercueil de chair. Car il est pur, Chalouf. C'est pour ça qu'il morfle autant.
Le tigre lui, a sa solution. Ne plus tomber amoureux, prendre une fille quand le désir s'empare de lui, devient trop fort pour l'ignorer. Et ça passe. Jusqu'à la prochaine fois. Il n'a pas d'espoir d'une vie meilleure, et pense être immunisé contre la déception. C'est ça un homme. Mais il tient tout de même à avoir sa place dans l'Histoire. Révolutionner les âmes endormies, grisées de bitume, de charbon, de gaz d'échappement. Tout le monde a droit à la beauté. Ca devrait même être obligatoire. Le laid ne devrait pas exister. On devrait même le marquer dans la Déclaration des Droits de l'homme. Tout le monde devrait pouvoir déjeuner dehors, à l'ombre d'un marronnier, avec comme seul bruit le chant d'un rossignol. C'est ça, la vraie vie. Un peu macho écolo, le tigre.

On changera pas le monde, on veut juste qu'il se souvienne de nous, qu'il sache qu'on ne sait pas vraiment comment faire, mais qu'en tout cas on ne se laissera pas faire. On pensait pas à mal. On pensait juste à un peu mieux. Ne serait-ce qu'un court instant.

Note : 08,5/10

"C'est bizarre : les messieurs dames qui fabriquent des livres, ils sont remplis de culture, ils savent le mystère des choses et le dessous des cartes, mais au lieu de nous expliquer la vie, c'est nous qui devons expliquer les livres."

lundi, 11 août 2008

Absence

L'absence diminue les médiocres passions, et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies, et allume le feu.

François de la Rochefoucauld.

vendredi, 01 août 2008

Le musée de l'homme - Le fabuleux déclin de l'empire masculin

Le musée de l'homme : Le fabuleux déclin de l'empire masculin 

Le pauvre. Enfin le pauvre. C'est vite dit. Il est conscient, pire, il ne fait rien contre. De toute façon, à quoi bon. Et quand je dis pire, on se comprend. Depuis mai 68 le statut du mâle dominant décline, les femmes prennent (doucement mais sûrement) leur revanche de tant d'années d'oppression. Le pire c'est qu'on n'a rien vu, ou presque. Ah, y a pas à dire, elles savent faire preuve de ruse, pour parvenir à leurs fins. Depuis le droit de vote, rien ne les arrête. Ce serait donc vrai...

Pourquoi ne peut-on plus regarder un film porno quand on veut, se gaver d'émissions 100% masculines en mangeant des marrons suis', sortir avec ce bon vieux René, célibataire par choix et coureur de jupons par vocation ? Ah c'est plus simple chez les mafieux, un seul regard et toutes les femmes de la maison virent dans la cuisine, où les hommes savent ce que ça veut dire d'être un homme, où on fume, boit et mange sans jamais craindre pour ses poumons, ses artères. Inutile d'essayer. Elle l'obligerait à manger surgelés pendant des mois, ne laverait plus son linge. Refuserait tout rapprochement trop intime. C'est toujours elle qui a le dernier mot. Même sans parler. Comme pour le 4x4 de ses rêves à lui. C'est elle quele vendeur a convaincu. Même plus drôle.

Un livre désopilant, fausse satyre (vraie réflexion) sur les rapports homme-femme, sur les femmes qui sont déjà aux commandes mais ont (l'intelligence) l'honneur de laisser (croire) à l'homme la "décision". Petit guide de survie pour trentenaire et plus, marié, père ; les pièges à éviter (testés par l'auteur!)...

Les femmes riront franchement discrètement, les hommes crieront au scandale esquisseront un sourire de connivence, ressentiront un peu de compassion, et secoueront la tête de gauche à droite en murmurant : c'est tellement vrai. Une fois que vous aurez le dos tourné, Madame. Faudrait voir à pas louper le câlin du jeudi.

Note : 08/10