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jeudi, 29 janvier 2009

Premier roman : Maud Lethielleux

A découvrir, le premier roman de Maud Lethielleux, sortie prévue pour le 4 mars : Dis oui, Ninon.

Rien que le titre me plaît.

Découvrir Maud Letjhielleux et des extraits de son roman : http://maudetlesmots.free.fr/index.htm

samedi, 24 janvier 2009

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

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"Est-ce qu'il ne fait pas trop froid là-bas, est-ce que tu sais les fleurs sur le toit de toi, est-ce que tu sais pour l'arbre que l'on va devoir couper, est-ce que tu sais pour le vent qui agite les volets de la cuisine et secoue ton ombre sur le carrelage ?
Maintenant il fait tout le temps nuit sur toi. [...]
Est-ce que ça va mieux, est-ce que c'est léger comme une bulle de laisser son corps juste là, tel un vêtement abîmé que l'on ne peut plus porter ? C'est fini ce poids qui écrasait ton sourire ? qui écrasait ton ventre, qui t'écrasait ? Tu as pu t'échapper, dis ? Avec ton sourire en poche maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ?
"

C'est comme une mécanique qui se met en marche, toute seule, lorsque le vide se fait. C'est comme si le corps, le coeur, pouvaient fonctionner sans qu'on leur demande, et ça tombe plutôt bien, car on n'a rien envie de leur demander, à ce moment-là. Juste pouvoir s'envoler, avec l'âme du parent perdu, car sans elle, lui, on est perdu, soi aussi. Comment on fait, sans celui/celle qui nous a montré le soleil filtrer entre les branches d'un arbre ? Comment on fera, la prochaine fois qu'on tombera, puisqu'il ou elle n'est plus là pour nous relever, me prendre dans tes bras, me dire que bientôt je n'aurai plus mal ? Comment je fais, pour ne pas maudire tous les gens de ton âge, ou même bien plus, qui déambulent dans la vie comme si de rien n'était, comme si elle n'avait pas changé ?

Oui, tout est différent, la lumière des lampadaires, agressive, ou blafarde, n'est plus seulement la lumière d'un lampadaire. Le silence a changé, lui aussi. Plein de toi, du vide qui n'en finit pas de me remplir, de moi qui n'en finit pas de ne plus pouvoir vieillir. Les autres, autour, avec leur "sac plein d'amour" qu'ils portent à bouts de bras, ne sont plus seulement les autres, mais des témoins, des preuves que tu es bien dans ce cercueil, que c'est bien toi qu'on va mettre dans le noir pour toujours, toi qui m'a fait voir le jour.
Oui, mon corps s'est arrêté, mon coeur a pilé, net, sans prévenir, laissant des traces de toi sur ma peau, anesthésiant provisoire, en attendant que je réalise. Mais réaliser quoi ? Ton absence qui emplit tous les recoins de la maison ? La porte de ta chambre qui semble prendre toute la place dans le couloir ? Les bruits de cuisine qui ne seront plus jamais les tiens ?

Et ce géant, de 4,50m, qui semble mettre une éternité pour s'asseoir, repliant ses jambes en accordéon. Ce géant, le maîtres des ombres, capable de pleurer de la neige, de se transformer en arbre mort, que fait-il là ? Pourquoi suis-je le seul à le voir ? Et pourquoi ces trois livres, comme si j'avais envie de lire... comme si j'avais envie de quoi que ce soit.... et c'est quoi cette ombre, qu'il m'a refourguée, dont je ne sais que faire. Si seulement je pouvais me fondre en elle.. un moment.. le temps de... mais le temps de quoi ?

Un trentenaire qui perd sa mère, c'est avant tout un enfant qui perd sa maman. Et y a pas d'âge pour l'accepter. Y a pas d'âge pour accepter la victoire de la maladie sur ses rêves d'enfant, ses comptines d'antan, ses gateaux encore tout chauds. C'est pas qu'on y avait encore droit, aux comptines, aux histoires du soir, bien au chaud, dans ses mots, sa voix qui nous enveloppe. Mais maintenant, c'est sûr, c'est définitif, y en aura plus. Plus jamais il/elle nous racontera d'histoire. Y en a plus qu'une avec laquelle je vais devoir vivre, et c'est la mienne.
Comment je fais, entre l'anesthésiant des premiers jours, et les souvenirs supportables ?  C'est quoi, tout ce noir, là ?

Une "mécanique du coeur", un "Alice au pays des mères qui veillent un peu moins longtemps que d'autres".

9782205054255.jpgHasard ou pas, j'me suis retrouvée à lire Le Combat ordinaire, en même temps.. Et ça colle bien. Même si le sujet central est différent. Quoique, dans les deux il est question de deuil.. Mais pas forcément des mêmes personnes.

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mardi, 20 janvier 2009

Impatience

Vivre, c'est se réveiller la nuit dans l'impatience du jour à venir, c'est s'émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c'est avoir des insomnies de joie. Paul-Emile Victor.

mardi, 13 janvier 2009

Virage

Il serait peut-êtrre temps de se remettre aux choses sérieuses non ? La fréquence de publication a considérablement diminuné ces derniers mois, vous n'aurez pas manqué de le remarquer. A cela plusieurs raisons (il y a toujours au moins une raison, bonne ou mauvaise).

2008 avait bien commencé, enfin pas trop mal disons, et a décidé de prendre un virage assez redoutable, en son milieu. A ce moment là la lecture est devenue secondaire, voire même une contrainte.  L'esprit ailleurs, les yeux occupés, j'ai tout juste eu la possibilité d'écrire deux trois petites choses.

Cela dit la littérature est compréhensive, la vraie littérature, celle qui s'installe en vous pour longtemps, (toujours ?), et vous autorise quelque infidélité, quelque oubli, quelque abandon, car elle sait que tout cela n'est que provisoire. Elle sait que vous reviendrez vers elle, à elle, que vous lui prodiguerez tous les soins qu'elle mérite. Car elle sait, surtout, que sans elle, vous vous envoleriez beaucoup moins haut. Et vous le savez aussi, malgré ces virages, quelquefois mal négociés.

Alors même si je n'ai pas lu 40 bouquins en deux mois, j'ai feuilleté, j'ai lu aussi, sans rendre conte, j'ai regardé, sans voir, j'ai touché..

Et je voulais surtout vous remercier, pour vos visites, votre présence, discrète, mais tangible. La fréquentation de ce blog n'a pas diminué ces derniers mois, elle a même augmenté.

Merci, et bonne route à vous. :)

vendredi, 02 janvier 2009

Vertige

"Il appela en début de soirée, ne trouvant pas ses mots. Il se disait figé par le vertige, craignait ma déception, souhaiter déserter et rentrer à Lausanne. Sa peur avait un lien avec son désir, elle semait le désordre. Nous ne pouvions plus revenir en arrière, enserrés par ce que nous avions déjà construit."

Nina Bouraoui, Appelez-moi par mon prénom