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mardi, 04 mai 2010

Des corps en silence

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Qui touche à mon corps, je le tue. Des corps en silence. Au fond, deux livres pour dire la fin.

Ici le chemin de la fin se fait en silence, en apparence. A l'intérieur, ça hurle, ça cogne, un insecte qui se heurte à une paroi en plastique, le sang d'une autre qui bat aux tempes. L'une aimerait qu'il ne soit pas là, à son retour, l'autre l'attend, la nuit, parée d'effets qui ne lui en font presque plus. Il est dans les lacets des corsets qu'il défait, sur d'autres corps, elle s'étouffe dans ses mains qui ne l'enlacent plus. Un chapitre se termine avec l'une et commence avec l'autre, dans la même phrase, dans les mêmes mots, la même histoire, en fait, à quelques années d'écart, à quelques drames près. Le souffle manque, entre chaque mot, le manque souffle sur chaque phrase. Qu'il soit voulu, qu'il soit subi. Claire fuit, Henriette affronte. Claire a chaud. Henriette froid. La peau rougit, les yeux rougissent. Rouge.  Ce rouge qui s'étale, partout, qui glisse le long des murs, sur les tapis, Henriette voit rouge. Claire ne voit plus. ne voit plus que le rouge du feu tricolore. Le nous ne colore plus rien. Le nous s'évanouit, blanchit, sous la neige, dans le noir. S'écroule, là, à leurs pieds. Là où ils tombaient, avant. Alex. Jo. En même temps que les bas, roulés aux chevilles. Depuis quand la passion ne les file plus? Depuis quand n'aime-t-elle plus le reflet d'elle dans ses yeux? Il y en a d'autres, il n'y a rien d'autre, plus rien, qu'elle et sa fille, qu'elle, le reste d'elle. Rien. Net, sans bavure autre que celle de l'amour assassiné, suicidé. Poésie chirurgicale. Prose au scalpel. Folie délimitée, tracée en pointillé. Un cercle, sur la poitrine. C'est là. Depuis quand...
Note : 10/10

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