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jeudi, 07 avril 2011

La délicatesse

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"Voilà, c'est la dernière chose qu'il fallait préciser. Il n'était pas amateur de transitions. Il aimait les ruptures, passer du silence à la fureur."

Alors un dimanche, il s'en va courir, c'est le silence, et puis la fureur, le bruit de l'absence, le bruit des fleurs qui le percutent. Fleurs qui allaient annoncer une union, maintenant "linceul" sur cette journée,  l'un seul et l'autre aussi, "obsession en forme de pétales".

Alors Nathalie glisse un marque-jour dans sa vie, interrompt la lecture de ce que son corps écrit, plonge dans le chagrin, se noie dans la mort de son mari dans cette vie désormais vide de lui. Comme si le quotidien se vengeait de n'avoir pu entamer leur amour, de n'avoir pu lézarder leur existence de routine, faute de murs.

Et Nathalie revient à la surface, sans l'inspiration salvatrice. Elle revient à la surface pour mieux plonger à nouveau, se noyer dans le travail, revient à la page du mot délicatesse, le mot du jour de son retour. Charles ouvre chaque jour le dictionnaire, pour donner une définition à la journée à venir, un sens à donner à sa vie, à sa vie sans Nathalie, qui , elle, apprend à ne pas mourir de l'absence de François. Sans dictionnaire.

Alors Markus entrera dans le bureau de Nathalie avec le dossier 114, Nathalie ne prendra pas rendez-vous avec ses lèvres, il lira du Cioran dans le RER, deviendra un homme et plus seulement suédois. Et de toute façon, cette histoire c'est le chapitre 47 :


"Pensée d'un philosophe polonais :

"Il y a des gens formidables
qu'on rencontre au mauvais moment.
Et il y a des gen s qui sont formidables
parce qu'on les rencontre au bon moment."

Et pourtant, personne n'est polonais, dans ce roman. Il y a juste du passé, du présent, des mots entre les deux, un mot, en fait, un mot, qu'on respire, car "il suffit de respirer pour que le temps passe".

Note : 7/10