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mercredi, 08 juin 2011

Charly 9

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Charles IX, un "garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions", le "doux roi indulgent" "au joues arrondies" "semblant à peine sorti de l'adolescence" a eu pour son plus grand malheur Catherine de Médicis comme mère, qui n'a d'yeux que pour "les chers siens", un autre de ses fils, Henri, que rien n'arrête, même pas le fait qu'on pourrait avoir envie de l'appeler Henriette.
Les deux ensemble, associés au Conseil, vont harceler Charly jusqu'à ce qu'il cède, aux caprices de mamma, et dise "oui" au massacre de la Saint-Barthélémy, dans lequel, hélas, il perd beaucoup de ses "amis".


Dieu merci, Ronsardest toujours là, pour mettre en vers les demoiselles du château, et, aussi à l'occasion, paroles, pensées et états d'âme ensanglantés de son bon roi. Paris, cimetière dégoulinant de rouge, Seine cramoisie de cadavres, du sang coule, s'épand ruisselle de chaque chose, imbibe le pain azyme, de l'ostie, sort par les trous de dés. Il finira même par suinter de la peau royale aux veines «crevées », puisque c'est la mode, celle des huguenots transpercés de lames et de connerie humaine.


Il dépérit à vue d'oeil, surtout de celui du cerf tapissé d'une scène de chasse, dans laquelle il tentera de trouver un exutoire, à même le marbre du palais, beaucoup plus beau, sanguinolent. La chasse dans la cour, l'art de protester sans en avoir l'air contre ces fantômes protestants qui viennent le hanter.


Il fera l'autruche, la tête dans un passereau, il se réfugiera dans les jurons de Sa Mère. Il lui faudra aussi beaucoup toucher Marie, sa maîtresse officieusement officielle, se perdre en elle pour sortir la tête du sang, du moins quelques instants, le temps de quelques envolées lubriques, respirer l'oubli une dernière fois, chasser les dernières minutes d'insouciance indolente et sensuelle qui traînent sur la peau de la « puterelle ». Poésie du désespoir, nourrie du sang des suppliciés traîne à la surface, ses veines s'extériorisent, Ronsard verse une larme et les duchesses avec les prélats s'acoquinent.
Tout finit comme ça a commencé, dans un bain de sang, à la Charlotte Corday.

Commentaires

sur ce coup je suis d'accord!

Écrit par : pret a taux 0 | dimanche, 25 septembre 2011

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