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lundi, 03 octobre 2011

Le bureau de l'heure

 

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« Il existe en Belgique un service public de la conservation et de la diffusion du temps. Dans les sous-sols de l'Observatoire royal d'Uccle, à l'abri de la lumière du jour, des horloges affichent l'heure légale. Des horloges à quartz y côtoient les vieilles horloges à balancier dont le tic-tac signale la présence à qui s'aventure dans ces labyrinthes souterrains. C'est muni d'une torche électrique que Célestin s'y rend deux fois par jour à heure fixe, neuf heures trente et quinze heures trente. Le temps il l'a dans la peau, Célestin. Nul besoin de montre pour savoir que c'est le moment de descendre dans les caves... »


 

Il l'a dans la peau, il l'a dans ses nuits, dans ses insomnies, le temps. Il lui arrive de se croire encore au travail, l'insomnie ressemble au temps absolu quand l'univers se réduit au tic tac de l'horloge. Parfois la nuit il n'existe rien d'autre que le temps. Ce n'est pas rien de gérer le temps d'un pays, « et les insomnies qui en découlent c'est encore du temps, le temps à l'état pur, dont le dormeur éveillé égrène, dans la clarté lunaire, une à une les secondes et les minutes. La nuit alors se peuple de tic tac muets, de pendules invisibles. Le monde n'est plus, à ce moment, qu'une gigantesque horloge, une clepsydre affolée dont les chutes d'eau inonderaient la ville. »

On ne se rend pas compte de tout ce qui en dépend. Sinon, pourquoi aurait-on chercher à le mesurer, à l'écrire, à tenter de le maîtriser en le divisant en années, en jours, en calendriers ? « Une horloge qui se dérègle, et c'est la vie qui en pâtit . « C'est que, si l'on n'y prend pas garde, si même un instant, la vigilance se relâche, le temps peut provoquer une sacrée pagaille ».

Jusqu'à présent c'est grâce aux étoiles, à l'univers, qu'on le mesure. Alors Célestin porte bien son prénom. Même si, adolescent, ce sont les fonds sous-marins qui l'attiraient. Mais c'est un problème, quand on ne sait pas nager, qu'on ne peut même pas apprendre à le faire. C'est peut-être pour ça qu'il se mettra en tête, plus ou moins malgré lui, à la recherche de Marine, son premier amour, amour d'il y a vingt-cinq ans, amour intemporel, s'il en est, inaltéré, inavoué, seulement encré dans des dizaines de lettres jamais envoyées.

Célestin va partir à la recherche de ce temps perdu, quelque part entre un atome et un cadran,

entre la voix claire mais pas froide de l'horloge parlante et celle coincée dans le corps d'une petite fille, entre l'enjeu européen de l'heure d'hiver et le temps immobile qui remplit de plus en plus le ventre d'une femme. Célestin part explorer l'océan de sa vie qui le regarde d'en haut et sans faire de vagues lui envoie quelques signaux. Célestin fait le temps, mais le temps fait tourner la tête de Célestin. Et quand on sait qu'un astre mort éclaire encore...

Vitesse de la lumière, silence de l'univers, astrolabe et ballet éternel. Ecoute, Célestin, écoute, l'écho du tic tac qui résonne est à portée de voix, à côté de toi...

 

Histoire d'amour, de physique poétique, d'humour quantique,

voyage vers le temps, à travers l'autre, entre un fuseau horaire et une fleur séchée.

Les pétales s'envolent, mais les écrits restent.
Et puis, après tout, aimer, c'est obéir à une voix.

 

Note : 10/10, au moins.

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