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jeudi, 15 septembre 2011

Le guetteur

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"Comme chacun sait, mes livres se dinstinguent non seulement par leurtotale absence de portée sociale, mais par le fait qu'ils sont à l'épreuve des mythes : Les Freudiens voltigent tout autour avec circonspection et avidité, dévorés d'un besoin brûlant d'y déposer leurs oeufs, mais ils s'arrêtent, flairent mon texte avec perplexité et parfois même s'en écartent avec horreur. Par ailleurs, le psychologue qui se penche avec sérieux sur mes cryptogrammes cristallins étincelant sous la pluie peut y découvrir un univers mental en voie de dissolution où le pauvre Smourov n'existe que dans la mesure où..." (avant-propos)


Vous êtes émigré russe fraîchement arrivé à Berlin, précepteur de deux garçons de bonne famille qui vous méprisent , prennent plaisir à vous voir vous user la rétine jusqu'à l'extrême limite du clair-obscur. On vous téléphone, l'instant d'après on frappe à la porte, puis votre crâne ; l'on vous pourchasse sous les yeux presque ravis des garçons, qui semblent faciliter la tâche de votre agresseur. Votre adversaire anonyme vous laisse là, humilié, l'estime de soi éparpillée en mille reflets scintillant dans les pupilles adolescentes.
Alors vous regagnez votre chambre de bonne, déchirez la seule fortune dont vous disposiez, calez le canon du pistolet entre deux côtes, juste là où la vie se concentre, palpite, sublimée par sa fin propre. Et pui c'est fini, vous mourez.Mais pas votre imagination apparemment.

Et vous vous voyez. "Qu'elle n'est pas la puissance de la pensée humaine pour qu'elle puisse ainsi franchir le seuil de la mort !"

Votre esprit, votre si puissant esprit continue de fonctionner, et cherche à percer le mystère d'un indidivu aux multiples facettes Smourov, au sein d'un ballet "familia(l)mical" de l'intelligentsia russe de l'époque - de la belle et naîve Vania au juif énigmatique et paranoïaque Weinstock.

Et puis qu'il est là, il essaiera de ramasser quelques traces que vous auriez pu laisser de votre (court) passage terrestre. Histoire de le justifier. Parce qu'après tout, n'est-ce pas là l'une des questions, sinon LA question que l'on se pose tous ? Ai-je, vais-je laisser une preuve de mon existence ?

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